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À KBC, l’image de l’avenir est “floue”

Plongés pour la plupart dans leurs occupations, scotchés à leurs ordinateurs, les journalistes semblent prendre la décision avec philosophie.

Affalé dans un fauteuil, face à deux journalistes, l’avocat Me Bergheul s’épuise à expliquer la décision du tribunal administratif de Bir-Mourad-Raïs qui venait de décider quelque temps plutôt de geler les effets de l'acte d'acquisition des actions du groupe El Khabar par Ness-Prod, filiale du groupe Cevital.
Dans un bureau aux couleurs chatoyantes, antichambre du studio où sont réalisées nombre d’émissions, au siège de la télévision KBC, ce mercredi à El-Achour, sur les hauteurs d’Alger, l’avocat, au tempérament stoïque, a du mal à donner du sens, lui qui a traîné sa silhouette dans nombre de prétoires, à cette décision “incompréhensible” du juge. “Ils vont geler quoi ? Tout a été fait, des actionnaires sont partis, un autre est arrivé, la transaction s’est faite dans un cadre légal et la décision (de rachat, ndlr) est publiée officiellement. On aurait pu geler, par exemple, pendant les négociations ou avant la signature chez le notaire”, détaille Me Bergheul. Mais l’heure n’est plus à l’interprétation, ni aux remontrances. Il s’agit de penser au coup d’après.
À l’attitude que doit prendre le collectif de la défense, maintenant que le gel est prononcé, en attendant la décision définitive qui devrait intervenir théoriquement vers le mois de juillet. “On a un avant-goût de la décision finale”, ironise-t-il, entre deux réceptions d’appels téléphoniques. Mais s’il continue à cultiver quelque optimisme, même si peut-être, comme nombre d’observateurs, il ne se fait pas d’illusion sur l’issue du “bras de fer”, en raison du caractère politique de l’affaire au sein de la rédaction, on est presque dans le flou artistique. “Nous n’avons rien compris. Nous pensons toujours aux travailleurs, à notre avenir. À qui appartient-on ?”, s’interroge le jeune rédacteur en chef, Attef Kedadra. “Nous ne savons pas ce qu’il va advenir demain. Nous sommes un peu dans le flou”, reprend, pour sa part, Mohand Iouanouguène, rédacteur en chef, chargé du reportage. Au siège de la grande salle de rédaction, sise au premier étage, l’atmosphère est plutôt studieuse.
Plongés pour la plupart dans leurs occupations, scotchés à leurs ordinateurs, les journalistes semblent prendre la décision avec philosophie. Rien n’indique, en effet, au regard du climat calme et bon enfant dans cette immense salle, à l’aspect d’un centre de commandement, qu’ils sont happés par l’inquiétude. “Nous nous attendions à ce que le tribunal déclare son incompétence. Mais visiblement, le juge a une autre vision. Nous attendons donc la décision finale. Personnellement, ce n’est pas ma première expérience, mais je pense aux jeunes journalistes et aux étudiants qui rêvent de faire carrière (…) Nous travaillons un peu sous pression. Maintenant, je ne peux pas projeter des programmes à moyen terme, car nous ne savons pas quelle sera l’issue. Il y a même des chauffeurs et autres employés qui me posent la question : ‘Allons-nous continuer ?’ Il y a ceux qui attendaient des augmentations, d’autres ont prévu des projets de mariage… D’autant que Rebrab nous avaient assurés (…)”, nous dit Samir Hamitouche, rédacteur en chef, chargé des émissions. Malgré le flou, ils ne lâchent pas la proie pour l’ombre. “Nous continuons à travailler le plus normalement du monde”, assure Iouanouguène. “Nous travaillons normalement, les programmes marchent et la grille s’élargit. Nous ne sommes pas dans la logique de l’arrêt, l’essentiel est que la machine continue à marcher”, reprend Attef Kedadra.
Son souhait ? “Que cette décision n’ouvre pas la porte à une fermeture abusive.” À KBC, si les employés sont sur la même longueur d’onde, l’image de leur avenir, elle, est dans le flou.

K. K.

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Par philhadj Temps de lecture: 3 min
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