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Abdelatif Benachenhou charge tous les Algériens

“Ce n’est pas un problème de l’actuel Président ou de celui d’avant, nous sommes tous responsables, c’est l’ensemble de la société qui est responsable, qui s’est installée dans le confort, dans la consommation de la fiscalité pétrolière qui a servi à financer les transferts de subventions”.
Une sentence prononcée, mercredi soir, au Sheraton d’Oran, par Abdelatif Benachenhou, lors de sa conférence donnée, à l’invitation de la chambre de commerce et d’industrie algéro-française (CCIAF), sur “Les nouvelles donnes du marché mondial de l’énergie et options ouvertes pour les pays pétroliers : une analyse économique”.
Dans une posture de professeur agrégé en sciences économiques, Abdelatif Benachenhou, en tenant des propos fidèles à “sa politique d’orthodoxie financière” du temps où il était ministre des Finances et conseiller à la Présidence, provoquera une rare réaction de la salle composée d’hommes d’affaires, d’universitaires et d’amis.
Ses propos sur la responsabilité de la société dans son ensemble dans l’utilisation et la consommation de la fiscalité pétrolière qui d’ici à “2017 aura épuisé les fonds de régulation” choquera un intervenant qui répondra : “Qui est responsable ? Ce ne sont pas les Algériens, mais ceux qui ont gouverné et qui ont eu le pouvoir depuis le début dans ce pays et organisé cette façon de faire.” Ce dernier sera interrompu par le modérateur.
Jusque-là, l’ancien ministre des Finances déroulait son analyse “libérale” de la crise pétrolière mondiale et son impact dans certains pays comme la Russie, l’Arabie saoudite ou encore les États-Unis d’Amérique, le Venezuela et sur les finances algériennes. Pour lui, le marché mondial de l’énergie a évolué “en 2015, caractérisé désormais par la désindexation du pétrole et du gaz, l’explosion de la consommation interne et une offre exportable de plus en plus en faible”.
Dès lors, Benachenhou estime que pour l’Algérie, 12e au classement des réserves mondiales avec 4,3 milliards de PEP pour le gaz et le pétrole, les solutions sont possibles et urgentes. “Reconsidérer l’attractivité de notre pays dans le secteur des hydrocarbures en attendant que la production ne soit pas gaspillée par les Algériens, encore une hausse des prix puisque la consommation ne baisse pas, une stratégie de recul de la dépense publique puisque l’argent n’est plus là” et d’user d’une formule imagée : “Il faudra distribuer des larmes”. Avec la presse, il reviendra sur le retrait de la loi sur les hydrocarbures de 2005. “Le président de la République, par définition, prend des décisions politiques majeures et, en 2005, il a jugé utile de retirer la loi sur les hydrocarbures et de l’amender. Je dis qu’au vu de l’évolution internationale du marché de l’énergie, maintenant, nous avons un sérieux problème, je ne dis pas que le Président a eu tort, mais maintenant nous avons un problème de réserves. Eh oui ! Il faut une nouvelle loi sur les hydrocarbures.” Se refusant à toute déclaration politique, il critiquera ceux qui se sont opposés à “sa” loi “par pure idéologie et qui, aujourd’hui, se font tout petits”.

D. LOUKIL

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Par philhadj Temps de lecture: 2 min
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