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Le langage de répression adopté par les gouvernants à l’égard des défenseurs des droits de l’Homme et des militants de la liberté d’expression a fait réagir Amnesty International

Amnesty International accable de nouveau l’Algérie

Le langage de répression adopté par les gouvernants à l’égard des défenseurs des droits de l’Homme et des militants de la liberté d’expression a fait réagir Amnesty International qui accable de nouveau l’Algérie. Dans une déclaration rendue publique, le 4 décembre, l’organisation qui milite pour la libération des prisonniers d’opinion et le respect de l'ensemble des droits civils présente les dernières arrestations et poursuites multipliées par les services de sécurité contre les dissidents et détracteurs du gouvernement comme une sérieuse atteinte aux “libertés qui sont de plus en plus menacées en Algérie”, et ce, en violation “des droits humains internationaux, du pacte international relatif aux droits civils et politiques et des garanties constitutionnelles relatives à la préservation des droits d'expression et de réunions pacifiques”, s’est-on indigné, non sans dénoncer le recours “aux tribunaux pour faire taire la dissidence, en utilisant un arsenal de lois répressives”. Amnesty International a dans la même déclaration, dont nous détenons une copie, fustigé l’application des dispositions du code pénal pour “restreindre la liberté d’expression”, y compris l’humour. On a rappelé, à ce titre, la peine de prison écopée, récemment, par le dessinateur d’El-M’Ghair dans la wilaya d'El-Oued et de nombreux militants condamnés pour des déclarations qu’ils ont postées sur Facebook, ainsi que les militants de la coordination nationale de la défense des droits des chômeurs et les manifestants de Tamanrasset qui se trouvent sous contrôle judiciaire avec pour chefs d’inculpation attroupement et atteinte à l’ordre public. Amnesty International appelle ainsi les autorités algériennes à “annuler les condamnations et les accusations portées à l’encontre de ces militants pacifiques, poursuivis uniquement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d'expression et de réunion”. Les législateurs algériens, recommande-t-on, doivent se pencher sur l’amendement des lois criminalisant les libertés civiles et qui punissent la dissidence pacifique à des peines de prison.
Les rédacteurs de la déclaration reviennent sur le grave incident qui s’est produit en octobre dernier à El-Bayadh suite à la perquisition du domicile du journaliste et militant Hassan Bouras, actuellement sous les verrous.
Suivant l’ordre chronologique des affaires, on a également cité le cas du caricaturiste d’El-Oued, Tahar Djehiche, condamné le 17 novembre à une peine de prison de six mois passible d’une amende de 500 000 DA pour avoir “insulté” le président Abdelaziz Bouteflika dans un dessin satirique et “incité” les autres à se joindre à la protestation menée contre le gaz de schiste dans un commentaire posté sur sa page Facebook. L’affaire des sept membres du mouvement dit Mafrat dans la wilaya deTamanrasset a également été citée. Condamnés à une année de prison assortie d’une amende de 5 000 DA, les mis en cause, Dahmane Zenani, Dahmane Kirami, Abdelali Ghellam, Mohamed Boukhari, Ahmed Benzamit, Fathi Hami et Mbarek Ramadani, sont poursuivis pour “rébellion”, “attroupement non armé” et “incitation” d'autres à se joindre à des “rassemblements non armés”, au cours de manifestations organisées entre 2014 et 2015.
Les sept accusés sont actuellement en liberté en attendant le résultat de leur appel. La prochaine audience devant le juge, prévue hier, a été reportée jusqu’au 21 du mois en cours. La liste des dépassements et des activistes égarés dans les couloirs des tribunaux est encore longue. Amnesty International l’avait minutieusement détaillée pour étoffer ce rapport accablant.

R.K.

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Par philhadj Temps de lecture: 2 min
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