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Ancrage islamiste : la fin d’une illusion

Premiers perdants des législatives du 4 mai, les islamistes, malgré le score de l’alliance MSP-FC, n’ont pas atteint leur objectif électoral, encore moins franchi un nouveau seuil.
À peine dans les limites de leur score de 2012 avec l’Alliance verte qui s’était radicalisée après une scission (Amar Ghoul qui a conduit la liste d’Alger) qui les a privés d’une trentaine de députés ayant rejoint TAJ.
On vient d’assister, ce 4 mai, à la réédition de l’expérience, mais avec deux alliances islamistes appelées, selon leurs leaders, à se transformer en parti. Et les résultats n’ont, cependant, pas changé. Cette déroute des islamistes trouve ses origines dans l’évolution des partis de cette mouvance et dans leurs positions versatiles, voire opportunistes, qui échappent à la visibilité.
Abdellah Djaballah, qui a été débarqué par deux fois des partis qu’il a fondés, a été contraint par la conjoncture à recomposer avec ses anciens dissidents pour aboutir à un conglomérat de petits partis et sans véritable aura. Encore plus. Passée la fièvre des événements dits du Printemps arabe, le très radical Djaballah a commencé à chercher une issue pour tenter de peser sur la scène nationale. Il a trouvé la solution en recollant dans l’urgence les morceaux d’un puzzle “imparfait”. Le bloc qu’il a conduit lors de la campagne électorale n’a pas dépassé le stade de slogans avec, parfois, des airs qui rappellent les années 1990. Les années 90, des électeurs algériens sont déjà passées par là.
Son discours est devenu tempéré, autant que son programme qui ne porte aucune innovation distillée par un Djaballah bien loin d’être offensif. Une sorte de recadrage perçu dans la mouvance comme un reniement. Et cette Alliance a payé le prix de son recentrage “conjoncturel”, en net déphasage avec les fondamentaux de la mouvance islamiste. Elle a également payé le prix de ses désaccords, de ses divergences profondes avec l’autre
Alliance. En face, le frère ennemi, le MSP, brutalement basculé dans l’opposition avec l’élection de Makri, représentant de l’aile dure du parti, a aussi rapidement fait face à des résistances internes en raison de son éloignement de sa ligne entriste. La tension a culminé jusqu’au départ de trois importants cadres, Abdelmadjid Menasra, Ahmed Dane et Amar Ghoul, pour créer leurs propres formations politiques. Makri réussira, cependant, à se maintenir à la tête du MSP, malgré les pressions, mais sera, lui aussi, contraint par la conjoncture, qu’il avait mal analysée, de revenir à la ligne initiale.
En effet, Makri a surfé sur la vague du “Printemps arabe”, et opéré avec l’AKP du président turc Erdogan et les frères musulmans d’Égypte un rapprochement problématique qui a suscité bien des questions. Une position jugée très tranchée au sein même du parti. Son rêve d’un “Printemps arabe” qu’il voulait chevaucher comme on prend un train en marche s’est vite dissipé dans une simple décision de plafonnement des prix de l’huile et du sucre. Malgré cet échec, Makri rejoint les autres partis d’opposition regroupés au sein de la CLTD et de l’Icso pour réclamer une transition démocratique. Contre toute attente, il donnera une autre teinte aux revendications de ces deux organisations pour faire marche arrière et s’aligner sur ses adversaires internes qui menaçaient ouvertement de le débarquer.
Ayant déjà perdu Dane avec ses troupes, et Ghoul avec un groupe parlementaire sans participation à un scrutin, et devant leur refus de son offre, Makri n’a trouvé que Menasra, aux positions proches des siennes, avec son Front du changement, pour fonder l’Alliance MSP-FC qui a vite recadré sa position avec un discours au ton d’offre de service. Une posture qui sera récompensée, selon les observateurs, par son score au scrutin du 4 mai passé. Aussi, Makri a affiché des dispositions à intégrer le prochain gouvernement. Bien entendu, il n’est pas question de reformer l’AAV qui n’a pas survécu à un mandat. Cela dit, les deux Alliances islamistes n’auront pas le même destin dans l’hémicycle. Pourraient-elles même s’affronter.

Djilali B.

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Par philhadj Temps de lecture: 3 min
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