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Archives de cet auteur: philhadj

“Pause humanitaire” en Syrie

Depuis le début de la guerre en Syrie, toutes les tentatives de trêve humanitaire ont été violées. La “pause humanitaire” d’Alep subira-t-elle le même sort ? Les frappes russo-syriennes dans l’ancienne capitale économique Alep sont suspendues depuis hier, ont annoncé Damas et Moscou. “Cela permettra de garantir aux civils une sortie sécurisée via six couloirs et de préparer l'évacuation des malades et des blessés de la partie orientale d'Alep”, a expliqué le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, cité par l’agence de presse moscovite Sputnik News. “Vers le début de la pause humanitaire, les troupes syriennes seront éloignées pour permettre aux combattants de quitter sans entrave Alep-Est avec leurs armes via deux couloirs créés à ces fins : le premier est la route de Castello, le second se trouve dans la région du marché Souq Khan”, a-t-il souligné, ajoutant que deux autres couloirs seraient ouverts pour les membres de l’opposition armée dite modérée. Et d’expliquer que “la suspension anticipée des frappes est nécessaire pour assurer l'instauration d'une trêve humanitaire censée débuter le 20 octobre”, a rapporté encore l’agence de presse russe. “La Russie mène des discussions avec l'ONU et les pays qui peuvent influer sur le Front al-Nosra pour que les unités de ce groupe armé quittent Alep conformément à l'initiative de Staffan de Mistura, envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU. Nous avons décidé de ne pas perdre de temps et de mettre en œuvre des pauses humanitaires pour garantir le passage des civils, évacuer les malades et les blessés et assurer le départ des terroristes”, avait expliqué, lundi, Sergueï Roudskoï, chef du commandement opérationnel principal de l'état-major général des Forces armées russes, cité par les médias russes. L’arrêt des frappes aériennes sur la ville d’Alep est “purement un geste de bonne volonté des militaires russes”, a expliqué, de son côté, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, soulignant également que “c'est évidemment la poursuite des efforts de la Russie dans sa lutte contre les terroristes et le déblocage de la situation à Alep” qui ont motivé la suspension des opérations dans cette ville-clé. La décision russe et syrienne intervient parallèlement à une intense activité diplomatique en préparation à une rencontre cruciale à Genève, dont l’ordre du jour sera la discussion autour de “la séparation entre les groupes terroristes” et l’opposition dite modérée, selon des sources du bureau de l’émissaire de l’ONU en Syrie, Staffan de Mistura. L’information a été confirmée par le ministre russe de la Défense qui a indiqué qu’à partir d’aujourd’hui, “un groupe d’experts russes chargés de différencier les unités de l’opposition modérée en Syrie et les djihadistes commencera ses travaux le 19 octobre à Genève”, lit-on sur les sites des médias russes. “Ces travaux devraient notamment permettre d'évacuer les unités de l'opposition modérée bloquées dans la partie est d'Alep. Les experts russes sont déjà arrivés en Suisse”, a-t-il expliqué, alors que l'ambassadeur permanent de Russie auprès de l'ONU, Vitali Tchourkine, a estimé que cette pause humanitaire pourrait se prolonger si les parties impliquées dans le processus du règlement de la crise syrienne réussissaient à “faire le distinguo” entre les groupes terroristes et les membres de l’opposition dite modérée. L'annonce d'une pause humanitaire, demain, jeudi, à Alep, a été saluée par les Nations unies et l'Union européenne, estimant, toutefois, que la durée de la trêve n'était pas suffisante pour permettre aux convois humanitaires d'acheminer l'aide aux civils des quartiers rebelles assiégés d'Alep. “Toute pause dans les hostilités est positive pour la population (...) mais nous avons besoin de plus de temps pour mettre en route la machine humanitaire”, a déclaré le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, cité par l’AFP. Lyès Menacer

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Réunion France-Allemagne-Russie sur la Syrie

Les présidents français et russe François Hollande et Vladimir Poutine et la chancelière allemande Angela Merkel auront “une réunion de travail” sur la crise syrienne aujourd’hui à Berlin, à l'issue d'un sommet sur l'Ukraine, a indiqué, hier, la présidence française. Il s'agit notamment “de faire passer toujours le même message à Vladimir Poutine sur la Syrie : un cessez-le-feu durable sur Alep et un accès humanitaire pour qu'on arrête le martyre de cette ville”, a indiqué l'entourage du président François Hollande. R. I./Agences

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L’ONU annonce une trêve au Yémen

Les armes pourraient se taire demain au Yémen à la faveur d’une trêve de 72 heures renouvelable annoncée dans la nuit de lundi à hier par l’ONU, après dix jours de violences et d’intenses pressions internationales. Le cessez-le-feu doit entrer en vigueur aujourd’hui à 23h59 locales (20h59 GMT), a indiqué lundi le médiateur de l’ONU, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, en affirmant avoir reçu des assurances de la part de “toutes les parties yéménites”. Quelques heures avant, le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi avait accepté une trêve de 72 heures susceptible d’être prolongée. En annonçant la nouvelle, son ministre des Affaires étrangères Abdelmalek al-Mekhlafi avait toutefois posé des conditions, exigeant la mise en place d’un comité d’observation de la trêve, la fin du siège de Taëz, grande ville du sud-ouest, et la distribution sans entraves de l’aide humanitaire. L’Arabie Saoudite, qui mène une guerre d’agression contre les houthis sous le couvert d’une coalition arabe soutenue par Washington, s’était déclarée, par la voix de son chef de la diplomatie Adel al-Jubeir, en faveur d’une trêve avant même l’annonce de l’ONU et “à condition qu’elle soit respectée par les rebelles”, selon des propos du ministre rapportés par le quotidien Asharq al-Awsat. Les houthis n’ont pas encore réagi à l’annonce du cessez-le-feu, le sixième depuis le début en mars 2015 de ce conflit, qui a fait plus de 6900 morts et déplacé trois millions de Yéménites. Les cinq précédentes trêves avaient volé en éclats. Dans un communiqué, l’émissaire onusien pour le Yémen a souligné que cette trêve “épargnera à la population yéménite de nouvelles effusions de sang et permettra d’étendre la livraison de l’aide humanitaire”. Près de trois millions de personnes au Yémen ont besoin d’une aide alimentaire immédiate et 1,5 million d’enfants souffrent de malnutrition, selon l’Unicef. Ismaïl Ould Cheikh Ahmed a par ailleurs indiqué que la nouvelle trêve reprenait les termes de celle du 10 avril, qui n’avait pas tenu, en vertu desquels les belligérants “ont obligation de permettre un accès humanitaire libre et sans entraves” et de cesser “les activités militaires de toute nature”. Le médiateur a aussi demandé “à toutes les parties yéménites, aux pays de la région et à la communauté internationale de promouvoir le plein respect de cette cessation des hostilités” et de faire en sorte qu’elle débouche sur une solution “permanente et durable au conflit”. Mais l’Arabie Saoudite jouera-t-elle vraiment le jeu ? Riyad, qui est en guerre contre les houthis, a beaucoup d’intérêts au Yémen, notamment dans le golfe d’Aden qui constitue un passage stratégique pour le commerce mondial. Le 8 octobre, des frappes aériennes de la coalition arabe lors d’une cérémonie funéraire à Sanaa avaient fait 140 morts et 525 blessés selon l’ONU, suscitant un tollé dans la communauté internationale. La coalition dirigée par Ryad qui, dans un premier temps, avait nié toute responsabilité dans ce carnage avait ensuite admis – fait rarissime – une bavure et annoncé des “compensations” pour les familles des victimes “civiles”. Mais cela ne lui épargnera pas le jugement de l’histoire. R. I./Agences

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L’Unesco adopte la résolution portée par les pays arabes

L'Unesco a formellement adopté hier une résolution sur El-Qods-Est occupée (Jérusalem-Est), portée par des pays arabes au nom de la protection du patrimoine culturel palestinien. Présenté par l'Algérie, l'Égypte, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar et le Soudan, le texte a été validé par les 58 États membres du conseil exécutif de l'Unesco, réunis en assemblée plénière au siège de l'organisation à Paris. Son adoption jeudi dernier en commission (avec 24 voix pour, 6 contre et 28 abstentions) avait suscité une levée de boucliers en Israël : le gouvernement israélien avait immédiatement annoncé la suspension de sa coopération avec l'Unesco en signe de protestation. Hier, aucun des États membres du conseil exécutif, réunis en plénière, n'a demandé à rouvrir le débat et le texte a été entériné assez rapidement sans qu'il y ait de nouveau vote, a expliqué une porte-parole de l'Unesco. “La résolution rappelle qu'Israël est une puissance occupante à Jérusalem-Est et lui demande d'arrêter ses abus”, a déclaré à la presse Mounir Anastas, ambassadeur adjoint à l'Unesco. La partie palestinienne de la ville occupée depuis 1967 par Israël et depuis annexée – une annexion considérée comme illégale par l'ONU – abrite la vieille ville et ses remparts, un site inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. C'est là, au cœur de l’occupation israélienne, que se trouve l'ultrasensible Esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam mais aussi site le plus sacré pour les juifs qui le révèrent sous le nom de Mont du Temple, là où se dressait le second temple juif détruit par les Romains en 70. Par un héritage historique, la Jordanie continue à administrer l'esplanade, mais Israël en contrôle tous les accès. En avril, l'Unesco avait déjà adopté une résolution similaire. La France avait alors voté pour, s'attirant les foudres d'Israël et de la communauté juive française. Ce n’est pas la première fois que l'Unesco est la cible de critiques et de chantage de la part d’Israël et de son allié inconditionnel, les États-Unis. Lorsque la Palestine avait été admise à l'Unesco, en octobre 2011, Israël et les États-Unis avaient ainsi cessé de verser leur contribution financière. R. I./Agences

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L’étau se resserre autour de Daech en Irak

Lancée lundi par les forces irakiennes avec l’appui des bombardements aériens de la coalition internationale antiterroriste pour reprendre Mossoul au groupe autoproclamé État islamique, l’offensive réalise ses objectifs, mais fait craindre un exode massif de civils. Les trente mille soldats irakiens et les peshmergas kurdes, mobilisés pour l’opération, continuaient hier à gagner du terrain au deuxième jour de l’offensive d’une ampleur sans précédent, pour déloger l’autoproclamé État islamique (Daech) de Mossoul, la seconde ville d’Irak. Selon le Pentagone, tout se déroule selon les prévisions, bien qu’il reconnaisse qu’il s’agira d’une “campagne difficile qui pourrait prendre du temps”. Ces déclarations ont été corroborées par Sabah al-Numan, le porte-parole des services de contre-terrorisme irakien, une des unités d’élite mobilisées. Cinquante-deux cibles ont été détruites par les avions de la coalition au premier jour de l’offensive, selon le bilan donné par le Pentagone. Ainsi, tout semble se dérouler conformément aux plans établis malgré toutes les entraves rencontrées sur le terrain, à l’exemple des grandes colonnes de fumée s'élevant dans le ciel depuis des puits de pétrole en feu, près de la base arrière des forces irakiennes à Qayyarah, à environ 70 km au sud de Mossoul. Le ciel est plombé de gris sur des kilomètres. Le but de ces incendies, selon un soldat irakien, est que les terroristes cherchent à empêcher la coalition de mener des raids aériens et de leur reprendre Qayyarah. La ville est tombée aux mains des forces irakiennes le 25 août, mais les incendies n’ont pas cessé depuis. C’est précisément depuis cette ville de Qayyarah et celle de Khazir que les forces irakiennes avancent vers le fief le plus important de l’organisation terroriste autoproclamée “État islamique”. Le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, qui a estimé que la bataille de Mossoul était “un moment décisif dans (la) campagne pour infliger à l'EI une défaite durable”, a souligné cependant qu’elle devrait dans un premier temps consister à traverser les lignes terroristes pour gagner les abords de la ville avant un encerclement, qui sera suivi de violents combats de rues. Ceci étant, cette opération militaire d’envergure, qui pourrait durer des semaines et promet d'être particulièrement âpre, fait craindre un exode massif de population. Il ne fait aucun doute que cette bataille pourrait durer plusieurs mois, comme le confirment les responsables à tous les niveaux, qu’ils soient politiques ou militaires, dont le dernier en date n’est que le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. “C’est une bataille qui va être longue, ce n'est pas un ‘’Blitzkrieg’’ (guerre éclair, ndlr)”, a-t-il déclaré lors d'une visite hier au salon de l’industrie de défense navale Euronaval au Bourget, près de Paris. “C’est une ville d'un million et demi d'habitants, c'est donc une affaire de longue durée, plusieurs semaines, peut-être des mois”, a mis en garde Le Drian. “C’est le creuset de notre ennemi. C’est à partir de Mossoul et de Raqa (Syrie) qu’ont été fomentés les attentats dont nous avons été victimes et que se fomentent d'autres perspectives”, a-t-il affirmé, avant de marteler : “Donc il faut taper au cœur. C'est ce que vont faire les Irakiens avec le soutien de la coalition.” Merzak Tigrine

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Risques de drame humanitaire

Quelque 1,5 million de personnes vivent encore à Mossoul et pourraient se retrouver piégées par les violents combats ou être utilisées comme boucliers humains par les terroristes, comme ils l’ont fait dans d’autres villes qu’ils ont récemment perdues en Irak ces derniers mois. Devant ce risque très élevé de drame humanitaire, plusieurs organisations humanitaires ont réclamé l’instauration de couloirs sécurisés pour que les civils puissent fuir les combats, d’autant que la ville pourrait être soumise à un siège par les forces irakiennes. Ainsi, la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l’Irak, Lise Grande, a déclaré que les gens n’étaient pour l'instant pas très nombreux à fuir Mossoul mais a fait état de possibles “importants mouvements de populations (...) d’ici cinq à six jours”. Environ 200 000 personnes pourraient être déplacées “dans les deux premières semaines”, un chiffre susceptible d’augmenter de façon significative au fur et à mesure de l’avancée de l’offensive, selon l’ONU. “Les agences humanitaires se concentrent pour préparer des refuges dans trois régions prioritaires au sud de Mossoul où seront hébergés les premiers déplacés”, a indiqué la même source. Selon les dernières estimations, les camps existants ne peuvent accueillir que quelques dizaines de milliers de déplacés alors qu'ils pourraient être des centaines de milliers. L’ONG Amnesty International a par ailleurs appelé hier Bagdad à s’assurer que les forces de sécurité irakiennes et les nombreuses milices paramilitaires ne commettent pas d'abus sur les civils. Selon l’ONG, les forces de sécurité et les milices ont détenu arbitrairement, torturé et exécuté des “milliers” de civils fuyant les zones tenues par l'EI dans le passé. “Après avoir échappé aux horreurs de la guerre et à la tyrannie de l’EI, les Arabes sunnites en Irak font face aux attaques brutales et vengeresses des milices et des forces gouvernementales et sont punis pour les crimes commis par le groupe”, explique Philip Luther, un responsable d'Amnesty pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, dans un rapport de l'ONG publié hier. “Alors que la bataille pour reprendre Mossoul est en cours, il est crucial que les autorités irakiennes prennent des mesures pour faire en sorte que ces abus épouvantables ne se reproduisent pas”, a-t-il insisté. M. T./Agences

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Réunion internationale demain à Paris

La France et l’Irak organisent, demain à Paris, une réunion ministérielle avec une vingtaine de pays pour “préparer l’avenir politique de Mossoul” après l'offensive lancée par la coalition internationale pour chasser les terroristes de l'EI, a annoncé hier le chef de la diplomatie française. “Il faut anticiper, préparer ‘le jour d'après’, et la stabilisation de Mossoul après la bataille militaire”, a déclaré M. Ayrault, précisant que l’Iran, pays pourtant très influent dans le conflit irakien, n’avait pas été invité. Au total, une vingtaine de pays dont les États-Unis, la Turquie, les pays du Golfe et les Européens ont été invités pour cette réunion coprésidée par M. Ayrault et son homologue irakien Ibrahim Jaâfari, qui sera ouverte par le président français François Hollande. M. Ayrault s’est également inquiété des jihadistes de l'État islamique qui, chassés par l'offensive en cours, “peuvent partir vers la Syrie”. “La coalition est face à ses responsabilités. La suite (de Mossoul), c’est Raqa, et faire l’impasse serait une faute grave”, a martelé le ministre français. R. I./Agences

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Des avions turcs engagés dans les bombardements

Des avions turcs ont pris part aux opérations aériennes menées par l’armée irakienne et la coalition internationale contre Mossoul, fief du groupe État islamique (EI) dans le nord de l’Irak, a affirmé hier le Premier ministre turc Binali Yildirim. “Nos forces aériennes ont participé aux opérations aériennes de la coalition à Mossoul”, a déclaré le chef du gouvernement turc lors d’un discours télévisé, sans préciser l'envergure ni la nature de cette intervention. Le président turc Erdogan avait prévenu qu’il était “hors de question” que la Turquie reste à l'écart de l’offensive pour reprendre Mossoul. R. I./Agences

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Ali Feraoun invité du café littéraire de Wizgan

Ali Feraoun a rencontré, samedi dernier, ses lecteurs pour la signature de cette biographie éditée par les éditions Casbah. Dans la préface, il se dit soulagé de voir enfin un livre qui “mettrait fin définitivement aux erreurs qui apparaissaient de manière récurrente dans diverses publications mal informées sur la vie de Mouloud Feraoun”. Ali Feraoun, fils de l’écrivain Mouloud Feraoun, a été, samedi dernier, l’invité du Café littéraire de l’association Tiawinine (Les sources) du village de Wizgan, dans la commune de Bouzeguène, 60 km à l’est de Tizi Ouzou, pour la présentation du livre Mouloud Feraoun, un écrivain engagé (éditions Casbah) de l’auteur français José Lenzini. Lors de cette vente-dédicace avec ses lecteurs, l’invité de Wizgan, s’est vu récompenser symboliquement par l’association Tiawinine. Dans cette biographie préfacée par Ali Feraoun, l’auteur a exprimé son immense “soulagement” en indiquant : “Enfin, nous avons le livre qui mettrait fin définitivement aux erreurs qui apparaissaient de manière récurrente dans diverses publications mal informées sur la vie de Mouloud Feraoun. On cesserait enfin d’assimiler Feraoun à un fils de riche alors qu’il est issu de la couche sociale qui a le plus souffert de la faim et de l’oppression du colonialisme”. Et de poursuivre : “Lenzini a d’abord tenu compte de mes confidences et de celles de mes frères et sœurs, mais aussi de ses propres recherches”. Dans cet ouvrage, Lenzini insiste, à juste titre sur l’enfance de l’écrivain et la situation de l’Algérie aux premières décennies du siècle dernier. “À mi-chemin entre deux mondes, deux cultures, deux civilisations et deux peuples, il se reconnaît comme un ‘assimilé’. D’origine berbère, il ne s’est jamais considéré comme un ‘Français’, en dépit des affirmations officielles de l’époque et des tentatives de son assimilation”, a-t-il précisé. Citant chaque fois Albert Camus et les rapports qu’il avait avec Feraoun, Lenzini reconnaît : “L’existence de beaucoup de ressemblances avec Mouloud Feraoun, entre autres leur origine pauvre, leur humanisme et leur refus de la violence”. Mouloud deviendra instituteur, une fonction qui lui permettra de “réussir une belle carrière dans l’enseignement et comme écrivain avec notamment la parution du ‘Fils du pauvre’, publié d’abord à compte d’auteur, puis aux éditions du Seuil, en 1950”. Quand la guerre de libération éclate, Mouloud Feraoun sait que c’est la fin de la domination coloniale. “Il sait qu’il n’est pas Français et que l’Algérie n’a jamais été et ne sera jamais la France ; mais il redoute ce qu’elle deviendra à l’issue d’une lutte dont il approuve l’objectif, tout en s’alarmant des comportements réactionnaires et brutaux de ceux qui la mènent”, a-t-il insisté. Et d’ajouter : “Mouloud Feraoun ne reniera jamais ses origines mais dénoncera la répression aveugle, féroce et réactionnaire de l’armée française mais aussi critiquera certaines pratiques des rebelles avec lesquels il était en contact au plus haut niveau”. Il entamera, en 1955, l’écriture du roman Le journal, “un témoignage très lucide de ce que fut, dans les montagnes de Kabylie, l’affrontement entre l’armée française et les maquis du FLN sur le dos des populations broyées”. Les tentatives de publier son Journal, en 1961, ont buté sur le refus de son éditeur qui invoque des raisons de sécurité. L’auteur de Le fils du pauvre a si bien réussi à l'école qu'il devient instituteur puis directeur. Une belle carrière professionnelle avec, pour couronnement, sa reconnaissance comme écrivain quand il publiera Le fils du pauvre en 1950, peu avant le début des “événements” d'Algérie et de leur cortège d'horreurs, qui vont tout bouleverser. “Jusqu'au bout, sans fracas, avec un courage tranquille, Mouloud Feraoun sera ‘engagé’. Il refusera même d'accepter un poste prestigieux, d’ambassadeur aux USA. Il répondra en revanche, favorablement, aux sollicitations de son amie Germaine Tillion et s'occupera des Centres sociaux, un projet socio-éducatif pour les plus démunis et les habitants des bidonvilles”, est-il relevé dans ce livre, et c’est cette dernière fonction et sa notoriété d’écrivain que souligne l’auteur, qui lui vaudront, avec cinq de ses collègues, d'être assassiné à Alger, en 1962, par un commando de l’OAS, le jour même de la signature des accords d'Évian mettant fin officiellement à la guerre d'Algérie. KAMEL NATH OUKACI “Mouloud Feraoun, un écrivain engagé”, de José Lenzini, préface de Ali Feraoun, Casbah Editions, 388 pages, prix : 1200 DA.

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Bob Dylan, un lauréat très discret

L'Académie suédoise a arrêté de “chercher” à contacter Bob Dylan, lauréat du prix Nobel de littérature, après “plusieurs tentatives infructueuses”, a indiqué lundi la secrétaire générale de l'institution, Sara Danius, a rapporté l’AFP. “À l'heure actuelle nous ne faisons rien. J'ai appelé et envoyé des courriers électroniques à son collaborateur le plus proche, et obtenu des réponses très aimables. Pour le moment cela suffit tout à fait”, avait-t-elle annoncé, avant-hier, à la radio publique suédoise SR, a ajouté l’AFP. Ces dernières déclarations de la secrétaire générale de l’académie semblent donc conforter l’idée quant à un éventuel refus de Dylan de se rendre en Suède le 10 décembre, afin de recevoir sa distinction. En effet, les membres de l’institution ont tenté à plusieurs reprises de contacter l’intéressé après l’annonce du lauréat jeudi dernier, mais Dylan ne semblait pas prêt à répondre à leurs sollicitations. Jeudi soir, soit quelques heures seulement après l’annonce du prix Nobel de littérature, qui avait provoqué, rappelons-le, des réactions mitigées dans le monde littéraire, l’artiste, qui donnait un concert à Las Vegas dans l’état du Nevada (États-Unis), n’avait fait aucune déclaration publique à propos de sa distinction, rapportaient des médias étrangers. D'après les journalistes qui avaient assisté au concert, il n'a fait que chanter, sans jamais rien dire et donc sans évoquer ce prix. Même ses proches abondaient dans ce sens en déclarant à la presse que “Dylan est resté toute la journée silencieux quant à sa récompense”. Un de ses amis, Bob Neuwirth, avait même ajouté que l’artiste “pourrait bien ne jamais faire de remerciements”. Il a été précisé que même si l’interprète de Lay lady lay venait à décliner l’invitation, ça n’enlèverait rien à son mérite. “S'il ne veut pas venir, il ne viendra pas. Ce sera une grande fête malgré tout, et la distinction lui appartient”, a indiqué la secrétaire perpétuelle, avant de poursuivre : “Je ne suis pas du tout inquiète, j'ai le sentiment qu'il va se manifester”, a rapporté l’AFP. À noter que suite à cette récompense, beaucoup de personnes ont fait entendre leurs voix, entre les défenseurs qui y voient une révolution dans le monde littéraire, et les puristes qui estiment qu’un tel prix ne devrait revenir qu’aux écrivains et poètes. Bob Dylan, de son vrai nom Robert Allen Zimmerman, est né le 24 mai 1941 à Duluth dans l’État du Minnesota, aux États-Unis. Depuis le début de sa longue et prolifique carrière en 1962, Dylan aura sorti 43 albums et écrit plus de 500 chansons, dans lesquelles il dénonce les injustices faites aux minorités, la ségrégation raciale et la guerre. Il est devenu une légende vivante du rock et de la musique folk, insolent de virtuosité avec sa guitare et poète au timbre de voix unique. Il aura marqué des générations entières d’amateurs de rock, avec des chansons comme Blowin’ in the wind, The times they are a-changin, Like a rolling stone, ou encore Ballad of a thin man. Yasmine Azzouz/AFP

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