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“Les Français dépensent trop”

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé hier Emmanuel Macron à réduire la dépense publique en France une fois au pouvoir, jugeant que son niveau actuel n'était pas tenable à terme. “Nous sommes confrontés avec la France à un problème particulier, les Français dépensent trop d'argent et ils dépensent au mauvais endroit”, a déclaré à la presse à Berlin M. Juncker, au lendemain même de l'élection du centriste à la présidence française. “Les Français consacrent entre 53% et 57% de leur Produit intérieur brut à leurs budgets publics, compte tenu du niveau relativement élevé de la dette, cela ne peut pas fonctionner dans la durée”, a ajouté M. Juncker. Il a estimé que le futur chef de l'État français ne pourrait pas compter à sens unique sur la mansuétude de ses partenaires européens sur ces questions. “Il appartient aussi aux Français de faire un geste en direction des autres en faisant les réformes nécessaires”, a-t-il dit. Ces propos surviennent alors que la Commission doit publier ce jeudi ses prévisions économiques de printemps pour les pays de l'UE, suivies le 17 mai de recommandations. Or la France est sous pression pour respecter enfin les règles européennes, selon lesquelles les déficits publics doivent être en-dessous des 3% du PIB. Selon les prévisions d'hiver de l'Exécutif européen, la France arriverait tout juste à respecter ses engagements cette année avec un déficit public à 2,9%, après -3,3% en 2016. Mais son déficit public remonterait à 3,1% l'an prochain. Le président élu français a prévu dans son programme une réduction des dépenses publiques de 60 milliards d'euros en cinq ans, passant entre autres par la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires. Mais il a dans le même temps appelé l'Europe à se réformer et à ne pas être uniquement focalisée sur les questions budgétaires. R. I./Agences

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Ancrage islamiste : la fin d’une illusion

Premiers perdants des législatives du 4 mai, les islamistes, malgré le score de l’alliance MSP-FC, n’ont pas atteint leur objectif électoral, encore moins franchi un nouveau seuil. À peine dans les limites de leur score de 2012 avec l’Alliance verte qui s’était radicalisée après une scission (Amar Ghoul qui a conduit la liste d’Alger) qui les a privés d’une trentaine de députés ayant rejoint TAJ. On vient d’assister, ce 4 mai, à la réédition de l’expérience, mais avec deux alliances islamistes appelées, selon leurs leaders, à se transformer en parti. Et les résultats n’ont, cependant, pas changé. Cette déroute des islamistes trouve ses origines dans l’évolution des partis de cette mouvance et dans leurs positions versatiles, voire opportunistes, qui échappent à la visibilité. Abdellah Djaballah, qui a été débarqué par deux fois des partis qu’il a fondés, a été contraint par la conjoncture à recomposer avec ses anciens dissidents pour aboutir à un conglomérat de petits partis et sans véritable aura. Encore plus. Passée la fièvre des événements dits du Printemps arabe, le très radical Djaballah a commencé à chercher une issue pour tenter de peser sur la scène nationale. Il a trouvé la solution en recollant dans l’urgence les morceaux d’un puzzle “imparfait”. Le bloc qu’il a conduit lors de la campagne électorale n’a pas dépassé le stade de slogans avec, parfois, des airs qui rappellent les années 1990. Les années 90, des électeurs algériens sont déjà passées par là. Son discours est devenu tempéré, autant que son programme qui ne porte aucune innovation distillée par un Djaballah bien loin d’être offensif. Une sorte de recadrage perçu dans la mouvance comme un reniement. Et cette Alliance a payé le prix de son recentrage “conjoncturel”, en net déphasage avec les fondamentaux de la mouvance islamiste. Elle a également payé le prix de ses désaccords, de ses divergences profondes avec l’autre Alliance. En face, le frère ennemi, le MSP, brutalement basculé dans l’opposition avec l’élection de Makri, représentant de l’aile dure du parti, a aussi rapidement fait face à des résistances internes en raison de son éloignement de sa ligne entriste. La tension a culminé jusqu’au départ de trois importants cadres, Abdelmadjid Menasra, Ahmed Dane et Amar Ghoul, pour créer leurs propres formations politiques. Makri réussira, cependant, à se maintenir à la tête du MSP, malgré les pressions, mais sera, lui aussi, contraint par la conjoncture, qu’il avait mal analysée, de revenir à la ligne initiale. En effet, Makri a surfé sur la vague du “Printemps arabe”, et opéré avec l’AKP du président turc Erdogan et les frères musulmans d’Égypte un rapprochement problématique qui a suscité bien des questions. Une position jugée très tranchée au sein même du parti. Son rêve d’un “Printemps arabe” qu’il voulait chevaucher comme on prend un train en marche s’est vite dissipé dans une simple décision de plafonnement des prix de l’huile et du sucre. Malgré cet échec, Makri rejoint les autres partis d’opposition regroupés au sein de la CLTD et de l’Icso pour réclamer une transition démocratique. Contre toute attente, il donnera une autre teinte aux revendications de ces deux organisations pour faire marche arrière et s’aligner sur ses adversaires internes qui menaçaient ouvertement de le débarquer. Ayant déjà perdu Dane avec ses troupes, et Ghoul avec un groupe parlementaire sans participation à un scrutin, et devant leur refus de son offre, Makri n’a trouvé que Menasra, aux positions proches des siennes, avec son Front du changement, pour fonder l’Alliance MSP-FC qui a vite recadré sa position avec un discours au ton d’offre de service. Une posture qui sera récompensée, selon les observateurs, par son score au scrutin du 4 mai passé. Aussi, Makri a affiché des dispositions à intégrer le prochain gouvernement. Bien entendu, il n’est pas question de reformer l’AAV qui n’a pas survécu à un mandat. Cela dit, les deux Alliances islamistes n’auront pas le même destin dans l’hémicycle. Pourraient-elles même s’affronter. Djilali B.

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Bouteflika félicite Macron pour sa victoire

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a félicité hier Emmanuel Macron pour son “élection bien méritée”, affirmant que le peuple français a “distingué un ami de l'Algérie”. “Votre élection bien méritée (...) récompense, à bon droit, la force de votre volonté, la lucidité de votre vision et la rectitude de vos engagements”, a déclaré Bouteflika dans un message diffusé par l'agence de presse APS. “Le peuple français qui a su choisir en vous l'homme d'État (...) capable de présider à ses destinées dans cette conjoncture difficile (...), a, ce faisant, fort opportunément distingué un ami de l'Algérie”, a-t-il estimé. Le président algérien a salué la “contribution significative” de Macron, dans ses fonctions ministérielles, à “l'édification du partenariat d'exception” entre Alger et Paris. Pour Bouteflika, les “anticipations et initiatives” du nouveau chef d'État français ont fait “l'ample démonstration de (sa) claire détermination à travailler avec nous à compenser les occasions manquées dans les relations algéro-françaises”. Lors de sa visite à Alger en février, Emmanuel Macron avait qualifié la longue colonisation française (1830-1962) de “crime contre l'humanité”, suscitant de la sympathie en Algérie et une polémique en France. Et dans son message, le président algérien a estimé que “cette attitude pionnière de votre part vous place, naturellement et légitimement, dans la position-clé de protagoniste, convaincu et convainquant, du parachèvement d'une réconciliation authentique entre nos deux pays”. R. I./APS

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Sellal insiste sur l’intégration et l’exportation

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a procédé, hier, à l’inauguration de la 50e Foire internationale d’Alger. À travers les stands qu’il a visités, le Premier ministre a tenu le même discours, à savoir la production, l’intégration, le partenariat et l’exportation. Sellal a, à chacun de ses passages à un stand national, souligné l’importance de l’intégration et de la productivité. C’est notamment le cas au stand de l’Enie où il a émis des réserves sur la capacité de production de panneaux photovoltaïques, d’autant que, selon lui, l’option des énergies renouvelable est bien ancrée dans la stratégie de l’État. Automobile : 1/6 de la production sera exporté Concernant l’industrie mécanique, le Premier ministre a insisté sur le fait de booster le taux d’intégration, ajoutant que le prochain cahier des charges imposera un taux d’intégration conséquent avec en prime l’obligation d’exporter 1/6 de la production à la quatrième année. Le Premier ministre a également demandé d’accélérer l’aboutissement des investissements, à l’instar de ceux conclus avec les Américains dans l’élevage et l’agroalimentaire. Il a aussi inauguré le musée de la FIA, conçu pour retracer l’historique de cette manifestation économique internationale à travers essentiellement des expositions de photos et d’anciennes affiches de cette manifestation. La 50e FIA, qui se tient jusqu’au 13 mai, est placée sous le thème “50 ans au service de l’économie algérienne”. “À sa demande”, la Russie est l’invitée d’honneur. Elle est représentée par une trentaine d’entreprises. En termes de chiffres, le volume des échanges commerciaux et économiques entre les deux pays est passé, entre 2007 et 2017, de 700 millions à 4 milliards de dollars. La Biélorussie, elle, participe pour la première fois. Cette édition de la Foire internationale d’Alger (FIA) a ouvert ses portes, hier, au Palais des expositions (Pins-Maritimes) avec la participation de 536 entreprises algériennes et 494 étrangères en provenance de 34 pays avec 28 pavillons officiels. La participation étrangère à titre individuel regroupera, pour sa part, 30 sociétés sur une superficie de 245 m2, provenant de 11 pays. Cette édition se positionne en droite ligne de la nouvelle dimension de la FIA adoptée depuis 2010, qui se focalise essentiellement sur l’investissement et le renforcement du partenariat avec les entreprises étrangères, au lieu d’un aspect plutôt commercial auparavant. C’est ainsi que par secteur, l’espace réservé au partenariat arrive en tête avec 93 exposants, suivi du secteur de l’agroalimentaire (70 entreprises), de l’industrie énergétique, chimique et pétrochimique (69 entreprises), de l’électrique et de l’électronique (36 entreprises), des industries manufacturées (28 entreprises), de la mécanique, de la sidérurgie et de la métallurgie (38 entreprises), des services (59 entreprises), des grands travaux du bâtiment (18 entreprises). Saïd Smati

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“Le vote blanc exprime un malaise politique”

L’enseignant universitaire, qui a aimablement accepté de répondre à nos questions, estime que l’abstention et le vote blanc sont l’expression d’un profond malaise politique. Liberté : Le taux de participation aux élections législatives a été de 38%. Parmi les 8 624 199 votants, un peu plus de 2 millions ont voté blanc, soit 24,46%. Quelle lecture en faites-vous ? Belkacem Boukherouf : Les élections et les votations populaires sont, naturellement, un moment solennel de la vie politique d’un pays et surtout un baromètre du dynamisme démocratique d’un pays. Dans des démocraties, cela s’entend. L’expérience électorale en Algérie est traumatisante pour le citoyen : le vote a toujours été techniquement biaisé, idéologiquement orienté et éthiquement entaché. La fraude, l’argent sale, la rapine, la violence verbale et physique, mais aussi l’invective et le mensonge sont le lot quotidien qui a servi au citoyen à chaque échéance. La crédibilité des élections dépend de la crédibilité tant de l’institution organisatrice que des parties engagées à la participation. Les élections législatives du 4 mai passé semblent avoir été le ramassis de tout cela : la campagne a été d’une atonie et d’une platitude extrême, où les programmes et le débat d’idées ont été relégués aux arrière-bans de l’expression politique. La caricature a semblé parfaite à l’occasion. La campagne électorale, censée donner une visibilité aux partis et à leurs programmes, a noirci le tableau et éloigné le citoyen de l’engagement dans le débat public. Les taux d’abstention mais aussi le blanc sont l’expression d’une désaffection sans précédent du citoyen et de son divorce d’avec la classe politique, gouvernants et opposants compris. Ce n’est pas l’élection qui est en elle-même visée, mais cette désaffection est une défiance vis-à-vis de l’institution législative qui a étouffé le citoyen par des lois impopulaires et par son caractère budgétivore et rentier, reflétant une image délétère de la représentation politique. Il semble que la société a appris à sanctionner non par le vote, mais par l’abstention, le boycott ou même le vote blanc. C’est un acte conscient et délibéré. Ce n’est pas la société qui s’est dépolitisée, mais c’est plutôt le gouvernement et la classe politique qui se sont déconnectés des aspirations citoyennes. Un grave malaise politique qu’il convient de prendre au sérieux et qu’il faut impérativement soigner. La société politique est appelée à se remettre profondément en cause. Peut-on parler d’abstention active et considérer ce vote blanc comme un acte revendicatif porteur d’un message politique ou juste une manière, pour les votants, de se prémunir contre d’éventuelles représailles ? Le rejet des élections est une véritable insurrection civique et pacifique des citoyens contre les institutions, les dirigeants politiques, et ça semble être très conscient. La contre-offensive électorale enclenchée sur les réseaux sociaux et dans quelques espaces médiatiques restés attentifs aux voix discordantes a révélé une prise de conscience citoyenne extraordinaire. L’on a vu des jeunes s’impliquer dans des actions organisées porteuses de vrais messages politiques et d’un vrai engagement politique. Les approches paternalistes qui ont prévalu jusque-là n’opèrent plus sur la société et la jeunesse s’est émancipée des manipulations politiciennes auxquelles elle été longtemps soumise, et tente de se frayer des chemins salvateurs en dehors des carcans politiques traditionnels. Ce rejet n’est pas le résultat d’une acculturation politique comme certains voudraient bien le qualifier, mais c’est tout le contraire. Les menaces, les chantages à l’aide sociale et même la répression de quelques leaders d’opinion, notamment parmi les blogueurs, les youtubeurs, n’ont fait qu’exacerber ce sentiment de mépris vis-à-vis du pouvoir et de ses institutions. Des stratégies paternalistes contre-productives qui ont aggravé la crise de confiance déjà trop prononcée. On entend dire que même les militaires ont voté blanc. Si c’est vraiment le cas, y aurait-il alors un message derrière, sachant que les militaires ont toujours voté en faveur des partis au pouvoir ? La manipulation des votes des militaires n’est plus possible dans ses formes classiques. L’élimination des casernes comme centre de vote a réduit les manœuvres possibles par l’injonction ou l’obligation disciplinaire comme cela se faisait par la passé. Il y a, donc, une désagrégation du réservoir de voix ayant longtemps servi à alimenter le portefeuille électoral des partis au pouvoir ou de leurs alliés partisans périphériques. Il est difficile d’affecter le vote blanc aux seuls militaires d’autant plus que son volume est effarant. Plus de deux millions d’Algériens se sont réfugiés dans cette option qui traduit simplement le rejet, aussi bien des partis du gouvernement que de ceux de l’opposition ayant participé. L’on ne dispose pas, pour le moment, de moyens de statistiques et d’analyses fiables des résultats des scrutins pour prétendre affecter tel ou tel comportement à une catégorie particulière de votants. Mais il reste que les militaires sont, pour la majorité, des enfants issus de l’Algérie profonde et qui ressentent la crise politique et économique que traverse le pays comme n’importe quel citoyen lambda. Il est naturel qu’ils adoptent un comportement réprobateur vis-à-vis de ceux qu’il convient de qualifier comme les responsables de ce marasme. Avec un taux de participation de 37%, la nouvelle Assemblée n’est-elle pas confrontée à nouveau à un problème de légitimité ? Le pouvoir en place fait une bouchée du taux de participation obtenu à coups de manipulations, de fraude et de triturations de résultats... La légitimité n’est pas recherchée pour l’Assemblée nationale et son rôle figuratif et symbolique suffit. C’est aussi la crédibilité de cette institution législative qui prend un coup avec, notamment, des quotas décernés, des fraudes honteuses, de l’argent sale achetant les suffrages et de la violence achevant le débat. Rien n’est attendu d’une Assemblée dépourvue de compétences (plus de 50% des élus n’ont pas le bac) et qualifiée de caisse enregistreuse. L’image du député payé monnaie sonnante et trébuchante et éloigné du citoyen en entrant en connivence avec le pouvoir exécutif s’est durablement installée dans l’imaginaire de l’Algérien.Pour s’en défaire, il faut plus qu’un effort de proximité communicative avec la société ou des scènes de dénonciation démagogiques en plénière, mais un processus de recouvrement de la confiance citoyenne. Malgré la participation en même temps des deux partis, le FFS et le RCD, qui revendiquent cette région comme étant leur fief, la mobilisation des électeurs en Kabylie a été faible. Comment expliquez-vous cette désaffection ? La Kabylie, et pas seulement Tizi Ouzou, est un cas atypique en termes de comportement électoral. La fronde est réellement permanente contre la société politique et envers tout ce qui peut symboliser l’autorité. C’est le résultat de la conjonction de plusieurs facteurs historiques, culturels et sociologiques ayant conduit à la consécration d’une tradition de lutte à chaque phase de l’évolution de la situation du pays. Il y a de nouvelles aspirations exprimées en Kabylie autour de l’impérieuse nécessité de réviser l’organisation politico-administrative du territoire et plusieurs options y sont défendues aussi bien par les partis politiques traditionnels que par les mouvements autonomistes. Mais en plus de cela, il faut admettre que la Kabylie vit une situation économique des plus alarmantes : le chômage, notamment chez les jeunes diplômés, est très élevé, les montagnes sont enclavées, les espaces de vie se réduisent et la pauvreté s’installe de plus en plus. La faible participation en Kabylie est le signe d’une rupture grave de confiance entre la région et le gouvernement et son jacobinisme caractérisé. Entretien réalisé par : Samir LESLOUS

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Emmanuel Macron : une victoire et des défis

Après avoir gagné sa première bataille contre l’extrême droite et sa représentante Marine Le Pen, le tout jeune président français doit faire face à des défis majeurs dans une France divisée. L’euphorie de la victoire passée, Emmanuel Macron, élu dimanche avec 66,1% des voix, s’est montré conscient des défis qui l’attendent, en premier lieu rassembler des Français qui n’ont jamais été aussi déçus et exaspérés de leur classe politique que depuis ces dernières années. Outre la bataille des législatives qui l’attend les 11 et 18 juin, M. Macron devra apporter des réponses urgentes au problème du terrorisme qu’il a promis de combattre de toutes ses forces, mais il est également attendu sur les questions socio-économiques, en premier lieu le chômage, qui touche environ 10% de la population active, dans un contexte marqué par la poursuite des délocalisations vers l’Europe de l’Est et l’Asie du Sud des plus grands fleurons de l’industrie française. Le patronat français a accueilli avec soulagement son élection, mais l'attend sur ses capacités de réforme, notamment le droit du travail qui constitue au contraire une ligne rouge pour nombre de syndicats. M. Macron qui a fait campagne sur le thème du “renouvellement politique” dévoilera dans les prochains jours la composition du gouvernement, perçue comme de premières indications de sa volonté de rassemblement. Selon son entourage, un Premier ministre de droite n'est pas exclu. Sur le plan régional et international, le plus jeune président du monde (39 ans) suscite l’intérêt et l’attention des partenaires européens de la France qui observent de près ce qu’il compte apporter à Bruxelles pour la reconstruction d’une Union européenne, elle aussi en crise existentielle avec le Brexit et cette inquiétante montée des nationalismes. Le successeur de François Hollande à l’Élysée, centriste et pro-européen, a d’ailleurs affirmé, en marge de la commémoration hier, aux côtés du président socialiste sortant, de la victoire du 8 mai 1945, espérer rassembler sous sa bannière les “progressistes républicains”, reconnaissant n'avoir pas reçu “un blanc-seing” des électeurs après un scrutin marqué par une abstention record (25,44%), un nombre historique de votes blancs et nuls (4,2 millions) et un score historique pour l'extrême droite (33,9%). Après son investiture, Emmanuel Marcon compte se rendre en priorité à Berlin, selon son entourage, l’Allemagne étant un axe stratégique dans la construction européenne. D’ailleurs, la chancelière Angela Merkel s’est félicitée de son élection et a jugé hier que le président élu porte les espoirs “de millions” de Français et d'Européens, a rapporté l’AFP. Dénigrée par les eurosceptiques, la victoire de ce pro-européen convaincu a été saluée par les dirigeants européens qui y voient un motif de soulagement face à la poussée des nationalistes. Si le président américain Donald Trump lui a adressé ses félicitations, le Russe Vladimir Poutine l'a surtout exhorté à “surmonter la méfiance mutuelle” pour combattre le terrorisme. Merzak Tigrine

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“Le BTP face aux risques de faillite”

Consultant en management et observateur du secteur du BTP, Smaïl Seghir nous livre son point de vue sur les chances de relance de ce secteur impacté par la crise financière que connaît le pays. Liberté : Vous qui êtes proche des entreprises du BTP, comment appréciez-vous leur situation actuelle et leur avenir prévisible suite à la réduction du budget d’équipement ? S. Seghir :La réduction drastique du budget d’équipement va se traduire vraisemblablement par des pertes d’emplois et, assez rapidement, conduire l’économie nationale vers la récession. À court terme, ce sont surtout les petites entreprises du BTP qui vont le plus souffrir. La plupart d’entre elles interviennent comme sous-traitantes des plus grandes entreprises. Or, celles-ci connaissant déjà une réduction importante de leur plan de charge auront tendance à rapatrier une bonne partie des travaux sous-traités. D’où des faillites prévisibles de beaucoup de PME qui sont dans cette situation. Les grandes entreprises quant à elles rencontrent déjà des problèmes de trésorerie du fait de la baisse des crédits de paiement. Certaines, même parmi les plus performantes, commencent déjà à ressentir des tensions concernant le paiement des salaires et pourraient ainsi être amenées elles aussi à licencier du personnel. Quelle lecture faites-vous de la dernière décision du Premier ministre de surseoir provisoirement au paiement des impôts et taxes par les entreprises du BTP ? À mes yeux, il s’agit là d’une mesure qui est loin d’apporter une solution aux problèmes de ces entreprises. En outre, et cela n’a pas été relevé, la mesure que vous évoquez n’est en fait qu’une application d’une disposition de la loi de finances pour 2017 qui prévoit le rééchelonnement des charges fiscales des entreprises en difficultés, quel que soit le secteur. C’est, je crois, l’article 90 de la loi. Mais pourquoi craignez-vous une “récession” de l’économie ? Au-delà des difficultés rencontrées par les entreprises du BTP, la réduction de 27% du budget affecté aux équipements publics dans la loi de finances pour 2017 est une décision lourde de conséquences. Il me semble qu’elle a été prise sans en mesurer l’impact sur l’économie nationale. Ce qu’il faut savoir, c’est que le BTP occupe une place spéciale dans les économies nationales et singulièrement dans celles des pays en développement. C’est d’abord un secteur qui crée beaucoup d’emplois à court terme et, grâce à ses fortes externalités positives, à moyen et long termes, il agit comme un accélérateur du développement économique. Le secteur du BTP constitue ainsi l’une des priorités stratégiques pour le développement économique. Le FMI lui-même – qui ne peut être soupçonné de favoriser la dépense publique – estime qu’un accroissement de 1% dans l’investissement dans les projets d’infrastructures se traduit par au moins 1,5 point de croissance dans le PIB sur quatre années. Il ajoute même que l’accroissement du PIB peut atteindre 2,6 points de PIB sur la même période si cet investissement est correctement exécuté. C’est dire que le BTP est une véritable locomotive pour le développement économique. Mais compte tenu de l’intensité de la crise financière qui nous frappe, le gouvernement avait-il la possibilité de faire autrement ? Comme chacun le sait, la gestion budgétaire est une question de priorités. Je pense que la décision de réduire de façon aussi brutale le budget de l’équipement est antiéconomique. Il aurait été judicieux de faire d’autres arbitrages pour maintenir le rythme de dépense des années précédentes en apportant cependant deux modifications majeures. D’abord, il me paraît indispensable de revoir le processus de lancement des projets d’infrastructures. On se rend compte que nombre de projets sont hélas lancés sans études coûts/bénéfices suffisantes. On le voit par exemple dans les projets ferroviaires où certaines liaisons risquent de n’attirer aucun trafic et qu’on sera obligé de fermer dès leur mise en route. C’est par exemple le cas de la liaison M’sila-Batna réalisée dans les années 90 et qui est fermée jusqu’à ce jour ! L’autre direction de progrès, c’est de trouver des modes de financements alternatifs. À cet égard, la formule dite “partenariat public-privé” ou “PPP” est particulièrement bien adaptée aux projets d’infrastructures publiques. Apparue en Grande-Bretagne dans les années 90, elle se répand aujourd’hui partout dans le monde et en particulier dans les pays émergents comme le Brésil, la Colombie, la Turquie, les Philippines… avec des succès remarquables. Précisément, on a appris qu’un texte de loi devant encadrer les opérations PPP serait en cours d’élaboration par le gouvernement. Est-ce la réponse attendue et comment pourra-t-on la mettre en œuvre efficacement ? La question de la mise en œuvre du PPP est absolument critique. On aura beau préparer la meilleure loi possible, l’important c’est d’assurer sa mise en œuvre de façon efficace. Et c’est là que souvent le bât blesse. Des échecs emblématiques enregistrés dans de nombreux pays ont en effet mis en lumière la nécessité de mettre en place un cadre ad hoc pour ce type d’opération. La réussite des opérations de type PPP exige la transparence et la redevabilité (au sens anglais d’accountability) des acteurs impliqués : investisseurs, entreprises de réalisation, banques, administration. Ce qui implique l’utilisation dans la sphère publique de méthodes de gouvernance propres aux entreprises privées. Or les administrations ne sont pas toujours prêtes à faire les mutations nécessaires pour adopter ces méthodes. Même le gouvernement britannique, qui pourtant dispose d’une administration de qualité, a cru bon de se doter d’une agence unique pour traiter ce type d’opérations lors du lancement de l’initiative PPP dans les années 90. En outre, il faut savoir que les projets PPP exigent une ingénierie très sophistiquée, aussi bien au plan financier que dans le montage des partenariats impliqués. Souvent ce sont des institutions multinationales – comme la Banque mondiale ou la Banque européenne d’investissement – qui apportent cette ingénierie et accompagnent la conduite de ces opérations. Si ces conditions sont respectées (mise en place d’une entité ad hoc pour les projets PPP et appel à des institutions spécialisées pour apporter l’ingénierie nécessaire), cette option peut apporter à l’Algérie une solution efficace pour poursuivre son effort d’équipement du pays sans recourir au Trésor public, tout en fournissant des services de qualité à la population et en préservant la croissance économique. Quels types de projets vous semblent les mieux adaptés à la formule PPP pour l’Algérie ? La formule PPP est applicable à tous types d’infrastructures. Notre pays pourrait commencer à la mettre en œuvre pour les projets d’équipements les plus critiques. Par exemple dans les transports urbains : métro, tramway… À titre d’illustration, pour donner la mesure de ce que nous pourrions viser dans ce domaine, je peux vous citer le cas du métro de Hong Kong où plus de 220 km de lignes ont été réalisées selon une formule du type PPP. La société qui les gère, où le gouvernement local est un actionnaire majeur, affiche des performances exceptionnelles : un taux de ponctualité de plus 99,9%, un tarif moyen du ticket parmi les plus faibles au monde… et tout cela sans aucune subvention publique, tout en dégageant un bénéfice opérationnel de 1,5 milliard de dollars en 2014 ! Entretien réalisé par : K. Remouche

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Vers une nouvelle trêve à partir du 13 mai

La Ligue de football professionnel (LFP) annoncera, dans les prochaines heures, de nouvelles modifications dans le programme de fin de saison. C’est ainsi que la compétition va observer une énième trêve de deux semaines au lendemain du déroulement de la 26e journée programmée pour les 12 et 13 mai, et qui va s’étaler jusqu’à la fin du mois. Un arrêt “forcé” durant lequel les deux représentants algériens dans les compétitions continentales vont disputer les matches en retard de ladite journée à savoir USMA-MCO programmé pour le 16 mai et CSC-MCA qui se jouera le vendredi 19 mai vu qu’ils joueront les rencontres de la seconde journée de la phase des poules de la LDC et de la Coupe de la CAF. En outre, ce nouvel arrêt va obliger sans doute la LFP à faire jouer les dernières journées durant le mois de Ramadhan, ce qui va poser des soucis pour la programmation des matches en nocturne, notamment pour les clubs dont les terrains sont dépourvus d’éclairage. F. R.

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Journée d’étude sur l’œuvre de Mouloud Mammeri à Taourirt Mokrane

L’Emev (Entreprise d’organisation des manifestations culturelles, scientifiques et économiques) et le comité du village de Taourirt Mokrane (Larbâa Nath Irathen, Tizi Ouzou) organisent une journée d’étude, le 20 mai, à l’occasion du centenaire de la naissance de l’écrivain, linguiste et anthropologue Mouloud Mammeri au susmentionné village, sous le thème “Mouloud Mammeri, ce passeur culturel hors normes” (Mulud Mammeri : azetta nyedles ur nes3i tamtilt). Dans le communiqué adressé à notre rédaction, il est indiqué que cette rencontre sera “le reflet d’une réflexion sur l’œuvre monumentale de cet amusnaw, de cet éveilleur de consciences de la société berbère d’antan”, dont les œuvres vont “à contre-courant des idéologies étatiques”, comme Culture savante, culture vécue ; Inna-yes chik Muhend ou l’Ahellil de Gouraga, “allaient confirmer une culture berbère ancrée dans toute l’Algérie profonde (…) à une époque où tout ce qui touchait l’identité amazighe se faisait en catimini, dans la clandestinité”, tandis que ses écrits romanesques, dont La colline oubliée, allaient devenir les précurseurs du cinéma amazigh et suscitent aujourd’hui encore “des réflexions concrétisées en travaux de recherches de nombreux universitaires, notamment dans le domaine littéraire”. R. C.

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Gel de l’importation de mélanges d’herbes

Pour en finir avec les pratiques de certains herboristes portant atteinte à la santé des consommateurs, le ministère du Commerce a annoncé, hier, le gel de l’importation de mélanges d’herbes à partir du 1er juin 2017, à titre de mesure conservatoire. Précisément, les pouvoirs publics ont décidé de geler l’importation de ces produits jusqu’à codification, ajoute le communiqué du ministère du Commerce, cité par l’APS. En clair, le commerce des mélanges d’herbes a entraîné des abus : importation de produits mélangés à des médicaments d’origine inconnue censés guérir des maladies, mais qui, en fait, n’ont aucune valeur thérapeutique. Des charlatans ou ignorants ont abusé de la crédulité des clients, faisant croire que ces produits dangereux pouvaient soigner même des maladies chroniques. Le gel de l’importation de ces mélanges d’herbes constitue la première mesure pour arrêter ce trafic ou cette médecine par les plantes par des commerçants méconnaissant les vertus et la composition de ces herbes. Face à ces pratiques, le ministère du Commerce a durci les conditions d’exercice de ce commerce. “Il est interdit aux commerçants exerçant l’activité de préparation, de conditionnement ou de vente d’herbes de commercialiser les mélanges d’herbes”, souligne le communiqué. Cette institution de contrôle rappelle que concernant les herboristes, dont les locaux ont été fermés, la reprise de leur activité est tributaire de la modification de leur registre du commerce et de la signature d’un engagement de suivre une formation spécialisée. Le ministère du Commerce appelle les concernés à se rapprocher des services des directions de wilaya pour de plus amples informations. Ce qu’il faut retenir de ce gel, c’est que les pouvoirs publics comptent réglementer ce commerce et ne l’autoriser que pour des professionnels qui ont une connaissance des vertus de ces plantes. En fait, cette codification renvoie à la légalisation de la médecine parallèle. En effet, en Allemagne, coexistent deux médecines : la médecine traditionnelle et la médecine par les plantes. Cette dernière est bien réglementée : elle est pratiquée par des professionnels qui ont une fine connaissance des vertus thérapeutiques des herbes. Toute une science des plantes médicinales est en pratique avec analyses des herbes, tests et vérifications scientifiques de leurs vertus thérapeutiques, respect des normes d’hygiène et contrôle de la qualité des herbes. R. E.

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