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“Un raccourci vers la liberté”

Le chemin de traverse est un roman de Khaled Graba, paru en 2016 aux éditions Casbah. C’est une image en “haute résolution” du village et de la maison kabyles. Une description minutieuse de la configuration du bourg de montagne imposée par un relief accidenté et la rareté des terres cultivables. À Thajgouts, le village d’Idir, les maisons construites en pierre bleue et couvertes de tuiles rondes s’alignent en se serrant le long des ruelles étroites qui débouchent sur deux voies principales. Khaled Graba, en montagnard averti (il vit entre Alger et la Kalâa Nath Abbas, après sa retraite de haut fonctionnaire), n’a pas manqué de mettre en avant “Tanko”, l’âne acheté au prix fort du souk d’Akbou et qui rendra de précieux services à la famille d’Idir, devenu responsable par la force des choses, son père étant “mangé” par l’émigration. Le lecteur du Chemin de traverse voguera entre le vocabulaire kabyle ancien (beaucoup d’objets décrits ont malheureusement disparu) et la vie dure des montagnards, leurs traditions, leur génie et leur courage. On y sent une âme, et c’est la réussite de l’auteur. Une famille simple traverse le roman, la mère, l’épouse, les frères et l’oncle maternel. Idir cultive des feuilles de tabac qu’il écoule à Akbou et sur la route où des fabricants de “chemma” lui achètent quelques bottes. Taillé en athlète par le travail physique, Idir est aussi intelligent que vigoureux. À vingt-cinq ans, il est le symbole de cette jeunesse du début des années cinquante qui commence à se poser des questions sur les inégalités sociales entre les Européens du pays et les autochtones. L’opulence des uns et la misère des autres s’étalaient à la face du monde comme les plateaux d’une balance désarticulée. Le roman de Graba suit les préparatifs du voyage d’Idir vers Akbou. Entre-temps, il fait défiler des personnages comme Si Yahia le “fou”, alors qu’il n’est que la victime des tortures subies dans la prison de Lambèse pour ses idées jugées subversives. Comme l’instituteur, M. Rouslais, qui défendra les villageois contre l’arbitraire du brigadier de gendarmerie de Tazmalt. Sur le chemin vers Akbou, Idir rencontre des hommes étranges qui discutent de sujets tout aussi énigmatiques. Les tortures de Si Yahia, les excès du brigadier, les injustices subies quotidiennement par les autochtones ; les morceaux d’un puzzle s’entrechoquent dans l’esprit d’Idir, puis forment une image où domine un dessin de son fils Saïd, écolier : du blanc, du vert, un croissant et une étoile rouge. C’est sur un sentier forestier que le destin du jeune homme s’accomplira en chassant d’abord le garde-champêtre venu le rançonner, puis en tuant le brigadier “Bob” venu le châtier d’avoir osé défier l’ordre établi. Idir, serrant contre lui son fusil de chasse, se met alors à grimper vers les hauteurs boisées où devaient se trouver les hommes étranges de la dernière fois. “Le jour pointait à l’horizon. Une nouvelle aube naissait.” Ce devait être une nouvelle journée de l’automne 1954. ALI BEDRICI Roman Le chemin de traverse de Khaled Graba, Casbah Éditions-150 pages-2016.

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Journée d’étude sur l’œuvre de Mouloud Mammeri à Taourirt Mokrane

L’Emev (Entreprise d’organisation des manifestations culturelles, scientifiques et économiques) et le comité du village de Taourirt Mokrane (Larbâa Nath Irathen, Tizi Ouzou) organisent une journée d’étude, le 20 mai, à l’occasion du centenaire de la naissance de l’écrivain, linguiste et anthropologue Mouloud Mammeri au susmentionné village, sous le thème “Mouloud Mammeri, ce passeur culturel hors normes” (Mulud Mammeri : azetta nyedles ur nes3i tamtilt). Dans le communiqué adressé à notre rédaction, il est indiqué que cette rencontre sera “le reflet d’une réflexion sur l’œuvre monumentale de cet amusnaw, de cet éveilleur de consciences de la société berbère d’antan”, dont les œuvres vont “à contre-courant des idéologies étatiques”, comme Culture savante, culture vécue ; Inna-yes chik Muhend ou l’Ahellil de Gouraga, “allaient confirmer une culture berbère ancrée dans toute l’Algérie profonde (…) à une époque où tout ce qui touchait l’identité amazighe se faisait en catimini, dans la clandestinité”, tandis que ses écrits romanesques, dont La colline oubliée, allaient devenir les précurseurs du cinéma amazigh et suscitent aujourd’hui encore “des réflexions concrétisées en travaux de recherches de nombreux universitaires, notamment dans le domaine littéraire”. R. C.

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Emmanuel Macron : une victoire et des défis

Après avoir gagné sa première bataille contre l’extrême droite et sa représentante Marine Le Pen, le tout jeune président français doit faire face à des défis majeurs dans une France divisée. L’euphorie de la victoire passée, Emmanuel Macron, élu dimanche avec 66,1% des voix, s’est montré conscient des défis qui l’attendent, en premier lieu rassembler des Français qui n’ont jamais été aussi déçus et exaspérés de leur classe politique que depuis ces dernières années. Outre la bataille des législatives qui l’attend les 11 et 18 juin, M. Macron devra apporter des réponses urgentes au problème du terrorisme qu’il a promis de combattre de toutes ses forces, mais il est également attendu sur les questions socio-économiques, en premier lieu le chômage, qui touche environ 10% de la population active, dans un contexte marqué par la poursuite des délocalisations vers l’Europe de l’Est et l’Asie du Sud des plus grands fleurons de l’industrie française. Le patronat français a accueilli avec soulagement son élection, mais l'attend sur ses capacités de réforme, notamment le droit du travail qui constitue au contraire une ligne rouge pour nombre de syndicats. M. Macron qui a fait campagne sur le thème du “renouvellement politique” dévoilera dans les prochains jours la composition du gouvernement, perçue comme de premières indications de sa volonté de rassemblement. Selon son entourage, un Premier ministre de droite n'est pas exclu. Sur le plan régional et international, le plus jeune président du monde (39 ans) suscite l’intérêt et l’attention des partenaires européens de la France qui observent de près ce qu’il compte apporter à Bruxelles pour la reconstruction d’une Union européenne, elle aussi en crise existentielle avec le Brexit et cette inquiétante montée des nationalismes. Le successeur de François Hollande à l’Élysée, centriste et pro-européen, a d’ailleurs affirmé, en marge de la commémoration hier, aux côtés du président socialiste sortant, de la victoire du 8 mai 1945, espérer rassembler sous sa bannière les “progressistes républicains”, reconnaissant n'avoir pas reçu “un blanc-seing” des électeurs après un scrutin marqué par une abstention record (25,44%), un nombre historique de votes blancs et nuls (4,2 millions) et un score historique pour l'extrême droite (33,9%). Après son investiture, Emmanuel Marcon compte se rendre en priorité à Berlin, selon son entourage, l’Allemagne étant un axe stratégique dans la construction européenne. D’ailleurs, la chancelière Angela Merkel s’est félicitée de son élection et a jugé hier que le président élu porte les espoirs “de millions” de Français et d'Européens, a rapporté l’AFP. Dénigrée par les eurosceptiques, la victoire de ce pro-européen convaincu a été saluée par les dirigeants européens qui y voient un motif de soulagement face à la poussée des nationalistes. Si le président américain Donald Trump lui a adressé ses félicitations, le Russe Vladimir Poutine l'a surtout exhorté à “surmonter la méfiance mutuelle” pour combattre le terrorisme. Merzak Tigrine

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Bouteflika félicite Macron pour sa victoire

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a félicité hier Emmanuel Macron pour son “élection bien méritée”, affirmant que le peuple français a “distingué un ami de l'Algérie”. “Votre élection bien méritée (...) récompense, à bon droit, la force de votre volonté, la lucidité de votre vision et la rectitude de vos engagements”, a déclaré Bouteflika dans un message diffusé par l'agence de presse APS. “Le peuple français qui a su choisir en vous l'homme d'État (...) capable de présider à ses destinées dans cette conjoncture difficile (...), a, ce faisant, fort opportunément distingué un ami de l'Algérie”, a-t-il estimé. Le président algérien a salué la “contribution significative” de Macron, dans ses fonctions ministérielles, à “l'édification du partenariat d'exception” entre Alger et Paris. Pour Bouteflika, les “anticipations et initiatives” du nouveau chef d'État français ont fait “l'ample démonstration de (sa) claire détermination à travailler avec nous à compenser les occasions manquées dans les relations algéro-françaises”. Lors de sa visite à Alger en février, Emmanuel Macron avait qualifié la longue colonisation française (1830-1962) de “crime contre l'humanité”, suscitant de la sympathie en Algérie et une polémique en France. Et dans son message, le président algérien a estimé que “cette attitude pionnière de votre part vous place, naturellement et légitimement, dans la position-clé de protagoniste, convaincu et convainquant, du parachèvement d'une réconciliation authentique entre nos deux pays”. R. I./APS

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“Les Français dépensent trop”

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé hier Emmanuel Macron à réduire la dépense publique en France une fois au pouvoir, jugeant que son niveau actuel n'était pas tenable à terme. “Nous sommes confrontés avec la France à un problème particulier, les Français dépensent trop d'argent et ils dépensent au mauvais endroit”, a déclaré à la presse à Berlin M. Juncker, au lendemain même de l'élection du centriste à la présidence française. “Les Français consacrent entre 53% et 57% de leur Produit intérieur brut à leurs budgets publics, compte tenu du niveau relativement élevé de la dette, cela ne peut pas fonctionner dans la durée”, a ajouté M. Juncker. Il a estimé que le futur chef de l'État français ne pourrait pas compter à sens unique sur la mansuétude de ses partenaires européens sur ces questions. “Il appartient aussi aux Français de faire un geste en direction des autres en faisant les réformes nécessaires”, a-t-il dit. Ces propos surviennent alors que la Commission doit publier ce jeudi ses prévisions économiques de printemps pour les pays de l'UE, suivies le 17 mai de recommandations. Or la France est sous pression pour respecter enfin les règles européennes, selon lesquelles les déficits publics doivent être en-dessous des 3% du PIB. Selon les prévisions d'hiver de l'Exécutif européen, la France arriverait tout juste à respecter ses engagements cette année avec un déficit public à 2,9%, après -3,3% en 2016. Mais son déficit public remonterait à 3,1% l'an prochain. Le président élu français a prévu dans son programme une réduction des dépenses publiques de 60 milliards d'euros en cinq ans, passant entre autres par la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires. Mais il a dans le même temps appelé l'Europe à se réformer et à ne pas être uniquement focalisée sur les questions budgétaires. R. I./Agences

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Un site historique et un espace culturel par excellence

Cet édifice fait partie de ces vestiges et monuments historiques de la capitale à visiter absolument, aussi bien pour le touriste étranger que pour les amateurs d’histoire, de culture et de beauté architecturale. Le Palais de Raïs d’Alger, plus connu sous le nom de Bastion 23, fait partie de ces vestiges et monuments historiques de la capitale à visiter absolument, aussi bien pour le touriste étranger que pour les amateurs d’histoire, de culture et de beauté architecturale. Un détour par ce lieu féerique s’impose donc en cette période printanière, estivale, puis ramadhanesque qui s’annonce et se prépare amoureusement par une petite équipe chevronnée et dynamique, dirigée par Boualem Belacheheb, un homme complètement impliqué dans l’action culturelle et qui est soucieux de faire de ce lieu une destination culturelle et touristique privilégiée. L’histoire a fait que ce vestige soit “l’un des derniers témoins qui attestent physiquement du prolongement de la Médina d’El-Djazaïr (Casbah) vers la mer, à l'époque ottomane jusqu'au XIXe siècle” et l’actualité en a fait depuis quelques années, après sa restauration, le “Centre des arts et de la culture”, une manière de le rendre accessible au public, de faire de ce genre de lieu un espace culturel par excellence et un site touristique qui draine du monde aussi bien autour du bâti lui-même et de l’histoire qu’il véhicule, que pour les diverses manifestations culturelles qu’il abrite tout au long de l’année. Interrogés, certains visiteurs souhaiteraient trouver en permanence un guide qui leur expliquerait ces lieux et leur histoire. Ainsi, jusqu’au 15 mai, l’artiste plasticienne algérienne Djahida Houadef, qui n’est plus à présenter, expose au sein de ce Bastion, au niveau du Palais 17, une belle palette de tableaux sous le slogan “Mon Uni-Vert”. C’est l’exposition de tout un univers où Une panoplie d’essences rares s’associe à la Mue du lézard pour donner naissance à une Croissance tramée qui va s’élever vers un Pinacle en flammes» pour revenir vers ce Retour aux signes simples et évidents que le visiteur aura plaisir à voir. Le ton est donné à un beau vert qui s’exprime partout et qui symbolise aussi bien la nature et la verdure, que le paradis et la spiritualité. À ce sujet, l’artiste révèle : “Mon village m’a appris à aimer la nature, à regarder de près tout ce qui vit et respire, à comprendre la nature des choses, à contempler leurs formes, leurs couleurs, leurs textures, à apprécier l’ensemble de leurs constitutions, à rester des heures et des heures en méditation devant cette beauté divine. Dieu nous a donné cet éclat naturel pour nourrir notre esprit et colorer notre cœur. Vivre en symbiose et en respect avec la terre et tout ce qu’elle contient comme végétal, animal, air et lumière, ne pourra que renforcer notre âme ; l’apaiser et l’assoupir pour continuer les actions des autres, prendre la relève et vivre avec nos semblables.” Une autre belle manifestation, qui s’étalera, elle, jusqu’au 29 septembre, a lieu aussi en ce moment au Palais des Raïs : une exposition-évènement qui donne à voir, au grand plaisir des amoureux de la verdure à ciel ouvert, de nombreux et magnifiques tableaux – inédits et copies de maîtres – de prestigieux jardins d’Alger. Cette manifestation se veut une manière d’aborder le jardin comme patrimoine culturel, par-delà le fait qu’il soit simple espace de détente et de loisir. Les divers tableaux s’accompagnent d’un brin d’histoire et parfois d’objets de rappel, qui témoignent d’une richesse touristique insoupçonnable dont il est grand temps de s’intéresser, à travers le tourisme, ce volet important de notre économie future, où la culture a une grande part de responsabilité, ses hommes et ses femmes en étant les garants… Samira Bendris-Oulebsir

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L’amour sous toutes ses coutures

Le plasticien Abderezak Hafiane exhibe, depuis samedi dernier et jusqu’au 28 mai, l’exposition “Hob” (Amour) à la galerie Aïda (Dely-Ibrahim), au travers d’une collection riche de 107 œuvres aux antipodes des traditionnels tableaux sur toile ou sur papier. Tambours et cadres sculptés à même le bois sont des canevas qu’a choisis le peintre afin de nous montrer sa définition de l’amour : filial, conjugal ou même patriotique. À cet effet, Hafiane nous a expliqué : “Cette exposition est un hommage à mes défunts parents, mon entourage, ma femme, mes enfantS et la vie. Le travail que j’ai effectué est sur différents supports et techniques, comme le bois, la toile, le papier et le cuir, où j’ai essayé d’apporter une nouvelle lecture par rapport à mes anciennes expositions que j’ai présentées il a quelques années en France. Cette fois-ci, je me suis tourné vers ce travail, mais avec une nouvelle sensibilité”. Trois séries regroupées sous différentes thématiques en plus des trente-et-un tableaux individuels, donnent ainsi à voir les maîtrises technique et esthétique du peintre. “Sensations”, une collection de peintures sur planches en bois réalisées grâce à diverses techniques, une hétérogénéité qu’assume par ailleurs l’artiste, qui dira : “Je n’aime pas me limiter dans les techniques, c’est pour cela qu’on retrouve du collage, de l’assemblage, de l’acrylique, de l’aquarelle et du dessin sur différents supports”. Les œuvres, encerclées par un pourtour en bois sculpté qui leur donnent des airs d’armure, “protège” selon les propos du peintre “les personnages féminins qui se trouvent en leur sein”. “Chansons pour elles” sont douze peintures sur bendir, dont le plasticien a utilisé la peau en cuir comme support pictural en s’appropriant des techniques de l’abstrait, du cubisme avec quelques clins l’œil à Issiakhem. Les visages féminins occupent tout l’espace circulaire des instruments, avec leurs traits tantôt exagérés tantôt délicats, avec des regards inquisiteurs, curieux, voire hautains de femmes dans leurs habits traditionnels, exhibant chevelure et tatouages sur le visage, abreuvent ces réalisations polychromes allant du rose au bleu, orange ou vert. “Consécration”, une toile de 80cm/160cm, est, malgré l’espace étroit qui lui a été réservé, la pièce phare de cette exposition, car elle résume, dans un chatoyant mélange de couleur et de techniques, la vie du peintre : les couleurs chaudes, représentant la terre natale du peintre, El Oued, entrent en communion avec les couleurs froides, comme le vert, le bleu ou le violet, tandis que le feu du désert reproduit à travers l’orange et le rouge, côtoie le bleu turquin du fleuve où sont allongés le peintre et son épouse, avec sa robe et ses bijoux kabyles, littéralement baignés dans un océan d’amour. À souligner que cette exposition a été accompagnée par la sortie d’un beau livre édité par Aïda Agency Edition, sous la plume de l’auteur et universitaire Saleh Eddine Balabes, disponible dans la même galerie au prix de 4500 DA. Yasmine Azzouz

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“L’investissement dans l’exploitation agricole est bridé”

L’exploitation des terres agricoles du domaine privé de l’État se trouve dans la même situation que celle qui a prévalu à la veille de la promulgation de la loi n°10-03 en 2010. Que doit-on faire pour impulser une véritable dynamique d’investissement dans l’agriculture ? M. Ahmed-Ali, cadre supérieur au ministère de l’Agriculture, à la retraite, apporte des éléments de réponse. Liberté : Peut-on faire un bilan de la mise en œuvre de la loi 10-03 du 15 août 2010 fixant les conditions et les modalités d’exploitation des terres agricoles du domaine privé de l’État ? Ahmed-Ali :La loi 10-03 appelée communément “Loi sur les concessions agricoles” ou “Loi Benaïssa”, du nom du ministre de l’Agriculture en fonction au moment de sa promulgation, a un peu plus de 6 ans. Elle est venue en principe apporter du nouveau pour le bien-être des agriculteurs, relancer la production et l’investissement et améliorer la sécurité alimentaire du pays. Son contenu et son esprit prennent en charge l’essentiel des insuffisances et contraintes rencontrées lors de la mise en œuvre de la loi de 1987. Deux bilans peuvent être établis à ce sujet. Le premier bilan concerne l’opération de conversion du droit de jouissance en droit de concession qui consiste à transformer l’acte administratif portant droit de jouissance perpétuel en vertu de la loi de 1987 en acte de concession portant droit de concession tel que prévu par la loi de 2010 pour chacun des 219 000 concessionnaires exploitant 2,5 millions d’hectares. L’opération tire à sa fin après six années et qui a mobilisé des moyens financiers matériels et humains considérables de l’Onta (Office national des terres agricoles) et de l’administration des domaines et de la conservation foncière. Il reste encore, comme l’a déclaré récemment le ministre de l’Agriculture, quelques dossiers non encore traités par les commissions ad hoc de wilaya ou se trouvant au niveau des juridictions. Le deuxième bilan porte sur la mise en œuvre des dispositions prévues par la loi. À ce sujet, il faut dire que toutes les autres dispositions contenues dans la loi sont gelées, et qui sont directement en rapport avec la gestion et l’administration de l’exploitation agricole. Ainsi, il est malheureux de constater que l’exploitation des terres agricoles du domaine privé de l’État se trouve dans la même situation que celle qui a prévalu à la veille de la promulgation de la loi n°10-03 du 15 août 2010. Mais pourquoi un tel retard ? D’abord il fallait achever totalement l’opération de conversion du droit de jouissance en droit de concession qui a pris énormément de temps, comme nous l’avons souligné plus haut, alors qu’il était possible d’engager les autres dispositions au fur et à mesure de l’avancement de ladite opération. Ensuite les procédures de leur mise en œuvre n’ont pas encore été élaborées, empêchant ainsi les exploitants agricoles concessionnaires de disposer pleinement de l’exercice de leur droit de concession, étant entendu que ces procédures relèvent des compétences, conjointement des administrations chargées de l’agriculture et du domaine national. De quelles contraintes s’agit-il exactement ? Il faut reconnaître que les exploitants attendaient depuis très longtemps la levée des contraintes à leur activité, comme par exemple sortir de l’indivision ou céder leurs droits de concession ou encore engager des opérations de partenariat. Ils espéraient beaucoup dans les nouveautés apportées par la loi de 2010. Parmi ces nouveautés, il faut citer en premier lieu la constitution de l’exploitation agricole individuelle et par conséquent la sortie de l’indivision de l’exploitation collective ; il s’agit de l’un des axes principaux introduits par la nouvelle loi de 2010. C’est une disposition qui ne fait que traduire une réalité informelle reconnue et qui répond parfaitement aux espoirs de milliers d’agriculteurs afin de régulariser des partages informels effectués très vite au lendemain de la mise en œuvre de la loi de 1987, pour contourner la naissance de conflits au sein des jeunes exploitations collectives. En effet, le recensement général de l’agriculture réalisé en 2001 a dénombré l’existence de 105 172 exploitations agricoles individuelles, alors que les statistiques officielles ne portent que 66 522, soit une augmentation de 38 650 exploitations. L’avantage de la nouvelle loi est non seulement de corriger les inégalités induites par les partages effectués, mais également de rectifier les partages non conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives au morcellement des terres agricoles. Le plus important est de donner la liberté à chaque concessionnaire de disposer comme il le souhaite de son droit, pour libérer les initiatives et ouvrir les possibilités d’investissement et d’accès nécessaire au crédit bancaire, sous réserve évidemment du respect, comme souligné plus haut, des prescriptions réglementaires en matière de lutte contre le morcellement des terres. Des partages amiables seront certainement favorisés, par les exploitants agricoles, sur les partages judiciaires, et le tout dans le cadre des dispositions du code civil. Il est certain que de nombreuses situations seront introduites auprès des sections foncières des juridictions qui devront s’y préparer pour juger rapidement les affaires et éviter ainsi des pertes préjudiciables aux investissements et aux patrimoines vivants, végétal et animal des exploitations. C’est également le cas de la cession du droit de concession. La loi de 2010, a énoncé le principe de la cession du droit de concession avec la possibilité d’acquisition de plusieurs droits de concession par un seul exploitant, sous réserve que les parcelles concernées soient d’un seul tenant et dont la superficie ne doit pas dépasser 10 fois la superficie de référence fixée par voie réglementaire. Cette disposition n’est pas encore entrée en vigueur officiellement, bien que des transactions occultes se sont produites et se produisent encore, dont certaines se sont opérées sous l’empire de la loi de 1987 et non encore régularisées. De nombreux concessionnaires sont en attente de voir la publication des procédures pour pouvoir céder leurs droits, et pour certains d’entre eux, pouvoir tirer la rente foncière tant attendue pour s’investir dans une activité plus rentable. Dans ce cadre, deux questions doivent trouver rapidement des réponses appropriées, la première concerne le prix de cession pour lequel les procédures devront trancher entre l’évaluation domaniale et le prix du marché, et la deuxième devra trancher entre le notaire et l’administration des domaines au sujet de la formalisation de l’acte de cession. Il semble justement que ce sont les deux principales contraintes rencontrées par les exploitants concessionnaires… Effectivement, ce sont les deux principales contraintes pour lesquelles il faudra rapidement répondre aux doléances des concessionnaires, sinon et puisque, comme dit l’adage, “la nature a horreur du vide”, l’informel va continuer à régner sur les terres agricoles du domaine de l’État, comme ce fut le cas durant 30 années sous l’empire de la loi de 1987. Il y a également la disposition concernant le partenariat, qui peut constituer une solution pour les exploitants qui ont déjà engagé dans l’informel des contrats de location parfois à long terme avec des détenteurs de fonds privés. Les procédures doivent préciser le rôle de l’ONTA, sur le contrôle du contrat de partenariat ainsi que la nature de sa publication dont fait référence l’article 20 de la loi et qui ne s’apparente nullement à une publicité foncière puisqu’il n’y a aucun transfert de propriété à formaliser, mais plutôt à une publicité, dans le Bulletin officiel des annonces légales (BOAL), conformément au décret exécutif n°16-136 du 25 avril 2016. En outre, il est indispensable d’établir un modèle de contrat conjointement entre l’ONTA et la Chambre nationale des notaires pour uniformiser les concepts et aider les notaires dans la passation des contrats et les magistrats dans le traitement des contentieux. Où en est la mise en œuvre des sanctions à l’encontre des concessionnaires ayant contrevenu à la loi ? Les cas de manquements aux obligations des concessionnaires énumérés textuellement par la loi de 2010 sont sanctionnés par la résiliation administrative de l’acte de concession et non plus par voie judiciaire comme c’était le cas dans la loi de 1987. Là, également, cette disposition n’est pas encore entrée en vigueur en raison de l’absence de procédures. Cette carence de l’administration encourage les contrevenants à la loi à persister dans leurs comportements de détournement de la vocation agricole des terres, de sous-location ou encore de non-paiement de la redevance domaniale nécessaire à financer les activités de l’ONTA. Les modalités d’indemnisation des biens superficiaires des concessionnaires concernés par la résiliation de leurs droits de concession ainsi que la provenance des fonds financiers nécessaires devront également être précisées. Les recours qui seront inévitablement introduits auprès des juridictions impliqueront bien évidement des situations particulières pour la gestion des investissements de l’exploitation. La lecture de la loi révèle d’autres dispositions non encore appliquées… Effectivement, d’autres dispositions sont prévues par la loi, mais non encore appliquées ; il s’agit de l’exercice du droit de préemption par l’ONTA en cas de cession du droit de concession, de la rétrocession des terres rendues disponibles, de la saisie du droit de concession, notamment, par les institutions de crédits et de la transmissibilité du droit de concession en cas de décès du concessionnaire. Toutes ces dispositions méritent que des procédures soient établies pour permettre leur mise en œuvre, c’est ce qui fait défaut pour l’instant. Peut-on dire que nous sommes, pour ainsi dire, devant un nouveau statu quo ? Ces retards nous font penser aux mêmes contraintes rencontrées dans la mise en œuvre de la loi de 1987 qui n’a été concrétisée, faut-il le rappeler, qu’à travers l’établissement des actes administratifs des exploitations agricoles collectives et individuelles (EAC et EAI) ; en d’autres termes, nous sommes en train de revivre la loi de 1987. Certainement que des raisons objectives et/ou subjectives sont à l’origine de ce statu quo. La prudence des différents gouvernements à traiter les questions foncières, aux conséquences imprévisibles et qui supposent déranger la paix sociale, notamment à l’approche des multiples échéances électorales, n’est pas à écarter, comme il est possible également qu’il s’agisse uniquement du peu d’intérêt des pouvoirs publics et de leur mauvaise appréciation de l’importance de la mise en œuvre de la loi par rapport à d’autres actions considérées prioritaires. Entretien réalisé par : Hamid SaÏdani

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“Restons derrière cette équipe pour atteindre notre objectif”

Les supporters de la JSMB ne décolèrent toujours pas. Ils ont du mal à digérer le dernier revers concédé à domicile, le week-end dernier, face au GC Mascara (0-1). Ils étaient nombreux d’ailleurs à la reprise, dimanche dernier, au stade Opow, à venir exprimer leur déception mais aussi pour secouer les joueurs. Le lendemain c’était au tour du président Boualem Tiab de rencontrer une partie de fans au siège du club. “Je comprends parfaitement votre déception mais il faut que vous sachiez que moi-même je suis déçu autant que vous. Le plus important à présent et de rester solidaire derrière cette équipe pour qu’elle puisse atteindre son objectif qui est l’accession. Le championnat est encore long et on fera en sorte de remobiliser nos troupes au plus vite”, dira en substance le boss béjaoui à ces supporters. Il est vrai qu’il reste encore 14 matches à jouer et rien n’est encore perdu mais les camarades de Boumechra doivent hausser leur niveau de jeu s’ils souhaitent réellement retrouver l’élite dès la saison prochaine. Les Vert et Rouge en sont à leur troisième défaite à domicile depuis l’entame de la saison et ce n’est certainement pas à ce rythme qu’ils vont atteindre leur objectif. Les choses deviennent de plus en plus serrées. En effet, au vu du potentiel des équipes qui prétendent à jouer l’accession, il semble que le Paradou, leader avec 9 points d’avance, ainsi que le CABBA, dauphin avec 28 points et qui reste sur une courbe ascendante incroyable avec un volume de jeu impressionnant, sont bien partis pour accéder. Il ne reste donc, a priori, qu’une place à disputer entre la JSMB, l’USM Blida et l’US Biskra. D’ailleurs, les Vert et Rouge vont se rendre ce vendredi à Biskra pour affronter l’USB locale dans un match à six points. Les protégés de Younes Ifticen doivent impérativement revenir avec au moins le point du match nul. Une défaite ne fera qu’enfoncer davantage les Béjaouis qui sont en plein doute. Z. Tairi

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“Cette année encore, nous serons au rendez-vous !”

Dans une conférence de presse, Zehira Yahi, commissaire du festival, a dressé le bilan de cette édition qui s’est tenue du 1er au 8 décembre dernier. Elle est revenue également sur les perspectives du 8e Fica. Le 7e Festival international du cinéma d’Alger (journées dédiées au film engagé), a connu pour cette édition, une grande affluence du public. “Pour cette année, nous avons dépassé le cap des 8 000 spectateurs, soit un nombre plus important que celui de la 6e édition, et nous nous en réjouissons !”, a indiqué Zehira Yahi commissaire du Fica. Et de renchérir à propos de la programmation : “Nous considérons qu’il y a eu une sélection de qualité optimale. Sur un total de 90 œuvres visionnées, nous avons choisi 19 films, et ce n’était pas facile.” Ces déclarations ont été faites lors d’une conférence de presse, hier matin, au CNCA. Accompagnée par Ahmed Bedjaoui (directeur artistique), Zehira Yahi est revenue sur les moments forts de cette édition et sur les perspectives de cet événement consacré au 7e art qui a proposé des “films de qualité qui ont abordé différents sujets. Ces œuvres ont mis en exergue des valeurs humaines formidables. Des films qui ont dénoncé les guerres et l’économie libérale, ont également traité d’une question d’actualité brûlante, à savoir les migrants”, a indiqué la commissaire. Pour sa part, Ahmed Bedjaoui a souligné : “Cet engouement du public pour ce festival, démontre qu’il y a du répondant pour le secteur culturel. Les gens s’intéressent à ce dernier et cela démontre que la société algérienne a évolué parce que la culture est un indicateur.” À propos du volet financier, il faut rappeler que le comité a organisé ce Fica avec le reliquat de 2015, et a fait appel au sponsoring pour le maintien de cette édition. “Nous avons réalisé cette édition dans des conditions difficiles, mais la qualité était présente dans la programmation, et la réalisation du festival”, a précisé Ahmed Bedjaoui. Et d’ajouter : “C’est vrai que nous avons fonctionné au reliquat et à l’apport de sponsors, mais ce festival était soutenu par le ministère de la Culture et nous voulions montrer que la culture pouvait se prendre en charge.” D’ailleurs, pour la préparation de la 8e édition, le commissariat “demandera au ministère de nous soutenir financièrement pour garder le niveau de ce festival et sa réputation. Le plus important est que le Fica soit maintenu”. À cette question, Zehira Yahi a appuyé les propos d’Ahmed Bedjaoui en soulignant : “Pour l’édition 2016, nous avons sollicité peu de sponsors privés qui, d’ailleurs, n’ont pas répondu ! En revanche, les institutions publiques ont été présentes. Nous sommes sélectifs pour préserver la réputation du festival, mais nous élargirons l’éventail des opérateurs.” Concernant le prochain Fica, Ahmed Bedjaoui a déclaré : “Nous avons commencé la préparation de la 8e édition, en contactant les gens et en visionnant les films. D’ailleurs, nous allons essayer de programmer plus de films algériens et asiatiques, notamment sud-coréens.” Et la commissaire du festival de répliquer : “Nous n’avons pas de souci pour la 8e édition !” Pour rappel, la 7e édition du Festival international du cinéma d’Alger (dédié au film engagé) a vu la projection de 19 films entre fiction et documentaires en compétition. D’ailleurs, les grands favoris de cette année étaient le doc iranien Sonita, et le film dramatique I, Daniel Blake de Ken Loach. Le Fica a été, entre autres, ponctué par deux tables rondes animées par des professionnels du 7e art et la rediffusion des films à la Cinémathèque d’Alger. Hana Menasria

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