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L’Unesco adopte la résolution portée par les pays arabes

L'Unesco a formellement adopté hier une résolution sur El-Qods-Est occupée (Jérusalem-Est), portée par des pays arabes au nom de la protection du patrimoine culturel palestinien. Présenté par l'Algérie, l'Égypte, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar et le Soudan, le texte a été validé par les 58 États membres du conseil exécutif de l'Unesco, réunis en assemblée plénière au siège de l'organisation à Paris. Son adoption jeudi dernier en commission (avec 24 voix pour, 6 contre et 28 abstentions) avait suscité une levée de boucliers en Israël : le gouvernement israélien avait immédiatement annoncé la suspension de sa coopération avec l'Unesco en signe de protestation. Hier, aucun des États membres du conseil exécutif, réunis en plénière, n'a demandé à rouvrir le débat et le texte a été entériné assez rapidement sans qu'il y ait de nouveau vote, a expliqué une porte-parole de l'Unesco. “La résolution rappelle qu'Israël est une puissance occupante à Jérusalem-Est et lui demande d'arrêter ses abus”, a déclaré à la presse Mounir Anastas, ambassadeur adjoint à l'Unesco. La partie palestinienne de la ville occupée depuis 1967 par Israël et depuis annexée – une annexion considérée comme illégale par l'ONU – abrite la vieille ville et ses remparts, un site inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. C'est là, au cœur de l’occupation israélienne, que se trouve l'ultrasensible Esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam mais aussi site le plus sacré pour les juifs qui le révèrent sous le nom de Mont du Temple, là où se dressait le second temple juif détruit par les Romains en 70. Par un héritage historique, la Jordanie continue à administrer l'esplanade, mais Israël en contrôle tous les accès. En avril, l'Unesco avait déjà adopté une résolution similaire. La France avait alors voté pour, s'attirant les foudres d'Israël et de la communauté juive française. Ce n’est pas la première fois que l'Unesco est la cible de critiques et de chantage de la part d’Israël et de son allié inconditionnel, les États-Unis. Lorsque la Palestine avait été admise à l'Unesco, en octobre 2011, Israël et les États-Unis avaient ainsi cessé de verser leur contribution financière. R. I./Agences

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L’étau se resserre autour de Daech en Irak

Lancée lundi par les forces irakiennes avec l’appui des bombardements aériens de la coalition internationale antiterroriste pour reprendre Mossoul au groupe autoproclamé État islamique, l’offensive réalise ses objectifs, mais fait craindre un exode massif de civils. Les trente mille soldats irakiens et les peshmergas kurdes, mobilisés pour l’opération, continuaient hier à gagner du terrain au deuxième jour de l’offensive d’une ampleur sans précédent, pour déloger l’autoproclamé État islamique (Daech) de Mossoul, la seconde ville d’Irak. Selon le Pentagone, tout se déroule selon les prévisions, bien qu’il reconnaisse qu’il s’agira d’une “campagne difficile qui pourrait prendre du temps”. Ces déclarations ont été corroborées par Sabah al-Numan, le porte-parole des services de contre-terrorisme irakien, une des unités d’élite mobilisées. Cinquante-deux cibles ont été détruites par les avions de la coalition au premier jour de l’offensive, selon le bilan donné par le Pentagone. Ainsi, tout semble se dérouler conformément aux plans établis malgré toutes les entraves rencontrées sur le terrain, à l’exemple des grandes colonnes de fumée s'élevant dans le ciel depuis des puits de pétrole en feu, près de la base arrière des forces irakiennes à Qayyarah, à environ 70 km au sud de Mossoul. Le ciel est plombé de gris sur des kilomètres. Le but de ces incendies, selon un soldat irakien, est que les terroristes cherchent à empêcher la coalition de mener des raids aériens et de leur reprendre Qayyarah. La ville est tombée aux mains des forces irakiennes le 25 août, mais les incendies n’ont pas cessé depuis. C’est précisément depuis cette ville de Qayyarah et celle de Khazir que les forces irakiennes avancent vers le fief le plus important de l’organisation terroriste autoproclamée “État islamique”. Le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, qui a estimé que la bataille de Mossoul était “un moment décisif dans (la) campagne pour infliger à l'EI une défaite durable”, a souligné cependant qu’elle devrait dans un premier temps consister à traverser les lignes terroristes pour gagner les abords de la ville avant un encerclement, qui sera suivi de violents combats de rues. Ceci étant, cette opération militaire d’envergure, qui pourrait durer des semaines et promet d'être particulièrement âpre, fait craindre un exode massif de population. Il ne fait aucun doute que cette bataille pourrait durer plusieurs mois, comme le confirment les responsables à tous les niveaux, qu’ils soient politiques ou militaires, dont le dernier en date n’est que le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. “C’est une bataille qui va être longue, ce n'est pas un ‘’Blitzkrieg’’ (guerre éclair, ndlr)”, a-t-il déclaré lors d'une visite hier au salon de l’industrie de défense navale Euronaval au Bourget, près de Paris. “C’est une ville d'un million et demi d'habitants, c'est donc une affaire de longue durée, plusieurs semaines, peut-être des mois”, a mis en garde Le Drian. “C’est le creuset de notre ennemi. C’est à partir de Mossoul et de Raqa (Syrie) qu’ont été fomentés les attentats dont nous avons été victimes et que se fomentent d'autres perspectives”, a-t-il affirmé, avant de marteler : “Donc il faut taper au cœur. C'est ce que vont faire les Irakiens avec le soutien de la coalition.” Merzak Tigrine

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Risques de drame humanitaire

Quelque 1,5 million de personnes vivent encore à Mossoul et pourraient se retrouver piégées par les violents combats ou être utilisées comme boucliers humains par les terroristes, comme ils l’ont fait dans d’autres villes qu’ils ont récemment perdues en Irak ces derniers mois. Devant ce risque très élevé de drame humanitaire, plusieurs organisations humanitaires ont réclamé l’instauration de couloirs sécurisés pour que les civils puissent fuir les combats, d’autant que la ville pourrait être soumise à un siège par les forces irakiennes. Ainsi, la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l’Irak, Lise Grande, a déclaré que les gens n’étaient pour l'instant pas très nombreux à fuir Mossoul mais a fait état de possibles “importants mouvements de populations (...) d’ici cinq à six jours”. Environ 200 000 personnes pourraient être déplacées “dans les deux premières semaines”, un chiffre susceptible d’augmenter de façon significative au fur et à mesure de l’avancée de l’offensive, selon l’ONU. “Les agences humanitaires se concentrent pour préparer des refuges dans trois régions prioritaires au sud de Mossoul où seront hébergés les premiers déplacés”, a indiqué la même source. Selon les dernières estimations, les camps existants ne peuvent accueillir que quelques dizaines de milliers de déplacés alors qu'ils pourraient être des centaines de milliers. L’ONG Amnesty International a par ailleurs appelé hier Bagdad à s’assurer que les forces de sécurité irakiennes et les nombreuses milices paramilitaires ne commettent pas d'abus sur les civils. Selon l’ONG, les forces de sécurité et les milices ont détenu arbitrairement, torturé et exécuté des “milliers” de civils fuyant les zones tenues par l'EI dans le passé. “Après avoir échappé aux horreurs de la guerre et à la tyrannie de l’EI, les Arabes sunnites en Irak font face aux attaques brutales et vengeresses des milices et des forces gouvernementales et sont punis pour les crimes commis par le groupe”, explique Philip Luther, un responsable d'Amnesty pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, dans un rapport de l'ONG publié hier. “Alors que la bataille pour reprendre Mossoul est en cours, il est crucial que les autorités irakiennes prennent des mesures pour faire en sorte que ces abus épouvantables ne se reproduisent pas”, a-t-il insisté. M. T./Agences

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Réunion internationale demain à Paris

La France et l’Irak organisent, demain à Paris, une réunion ministérielle avec une vingtaine de pays pour “préparer l’avenir politique de Mossoul” après l'offensive lancée par la coalition internationale pour chasser les terroristes de l'EI, a annoncé hier le chef de la diplomatie française. “Il faut anticiper, préparer ‘le jour d'après’, et la stabilisation de Mossoul après la bataille militaire”, a déclaré M. Ayrault, précisant que l’Iran, pays pourtant très influent dans le conflit irakien, n’avait pas été invité. Au total, une vingtaine de pays dont les États-Unis, la Turquie, les pays du Golfe et les Européens ont été invités pour cette réunion coprésidée par M. Ayrault et son homologue irakien Ibrahim Jaâfari, qui sera ouverte par le président français François Hollande. M. Ayrault s’est également inquiété des jihadistes de l'État islamique qui, chassés par l'offensive en cours, “peuvent partir vers la Syrie”. “La coalition est face à ses responsabilités. La suite (de Mossoul), c’est Raqa, et faire l’impasse serait une faute grave”, a martelé le ministre français. R. I./Agences

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Le Nobel d’économie décerné à Oliver Hart et Bengt Holmström

Le prix Nobel d’économie a été décerné, ce lundi, à l’Américano-Britannique Oliver Hart et au Finlandais Bengt Holmström, pour leurs travaux sur la théorie des contrats. Nés en 1948 à Londres et 1949 à Helsinki, les deux chercheurs ont « développé la théorie du contrat, un cadre exhaustif d’analyse des multiples aspects du contrat comme la rémunération des dirigeants basée sur leur performance, les franchises ou les copayeurs dans les assurances, ou encore la privatisation de secteurs publics », a expliqué le jury. D’ailleurs, pour le professeur Per Strömberg, membre du comité Nobel, la théorie du contrat « est très pratique, par exemple pour éviter des bonus menant à de mauvaises décisions dans les entreprises », a-t-il indiqué dans une interview pour Nobelprize.org. Per Strömberg: This theory is super useful for example to avoid bonuses leading to wrong decisions in companies. https://t.co/lKfJgsgXhL — The Nobel Prize (@NobelPrize) 10 octobre 2016 Les prix Nobel sont attribués depuis 1901 dans cinq domaines. Celui de physique a été décerné par l'Académie royale des sciences de Suède au trio: David Thouless, F. Duncan Haldane et J. Michael Kosterlitz pour leurs “découvertes théoriques des transitions de phases topologiques et des phases topologiques de la matière”. Quant à la chimie, décerné par l'Académie royale des sciences de Suède, il a été attribué au Français Jean-Pierre Sauvage, au Britannique J. Fraser Stoddart et au Néerlandais Bernard L. Feringa. Pour le Nobel de physiologie ou médecine, décerné par l'Institut Karolinska, a été attribué au japonais Yoshinori Ohsumi pour ses travaux sur l’autophagie. Concernant le Nobel de la paix, décerné par un comité nommé par le parlement norvégien (Storting), il a récompensé le président colombien Juan Manuel Santos. Enfin, le prix de la littérature sera dévoilé ce jeudi 13 octobre. C’est en 1968, que le prix en économie avait été institué par la Banque de Suède, avec l'accord de la Fondation Nobel. Dans la même année, il a été décidé de ne plus ajouter de nouvelle catégorie de prix, bien qu'ait été suggéré un prix dédié à l'écologie et l'environnement. Imène AMOKRANE @ImeneAmokrane

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“La religion est devenue un fonds de commerce politique”

C’est en présence d’une grande foule que l’écrivain Amin Zaoui a dédicacé, avant-hier, à la librairie multilivres Cheïkh-Omar à Tizi Ouzou, son essai “Un incendie au paradis !” (éditions Tafat). D’emblée, Amin Zaoui adressera ses vifs remerciements aux lectrices et lecteurs de la wilaya de Tizi Ouzou, venus nombreux à cette séance d’échange. “Je suis très heureux de voir, de plus en plus, un lectorat favorable à mes livres et à la littérature en général. Aujourd’hui, on a fêté ce livre, Un incendie au paradis !, que je conseille à lire et que je considère, avec toute modestie, comme un livre citoyen.” Le livre traite, selon Amin Zaoui, de trois sujets fondamentaux dans notre société : “Il y a tout d’abord la religion, qui est devenue malheureusement un fonds de commerce politique, et qui devient, une fois politisée, une menace pour la paix sociale, pour la liberté et la modernité”. Le deuxième sujet évoqué par l’auteur est la femme. “Sans la visibilité économique, culturelle et politique de la femme, un pays ne peut pas être moderne. La modernité c’est d’abord la femme et sa citoyenneté. Malheureusement, il est constaté que la femme est encore au deuxième collège”, estimera Amin Zaoui. La troisième problématique citée dans ce livre est la culture. “J’ai beaucoup évoqué des langues que je défends d’ailleurs. La diversité linguistique dans notre pays est la seule qui puisse garantir l’unité nationale. Cette diversité linguistique regroupant l’arabe, tamazight et le français peut constituer pour notre pays un havre pour faire de lui un pays fort, moderne et ouvert sur l’autre, et le réconcilier avec lui-même”. Et d’ajouter : “J’ai parlé aussi des cultures. Je considère qu’un pays qui ne respecte pas les autres cultures universelles ne peut pas conserver sa culture et ne peut pas être en dialogue civilisationnel avec l’autre. La diversité garantit la promotion des langues. On ne peut pas, dans le cas de l’Algérie, promouvoir une langue sans cette diversité. Les langues aussi s’aiment entre elles, il y a une concurrence, une jalousie et, dans les deux cas, il y a l’amour.” Sur un autre volet, pour l’écrivain, il est plus que nécessaire aujourd’hui de séparer la religion de la science et de la littérature. Seule cette séparation, a-t-il dit, peut donner à notre culture et éducation une voie positive. “Séparer la religion de la politique donne une vie politique et spirituelle saine. Sans cette séparation des deux pouvoirs, à savoir le pouvoir religieux et le pouvoir civil, la société ne peut pas avancer. Si on veut respecter le débat politique et la spiritualité religieuse, il faut séparer les deux. Malheureusement, jusqu’à maintenant, il y a une commercialisation dans la religion, et ce, pour avancer quelques pas dans le politique”, a encore estimé l’auteur. Et concernant la démission des intellectuels qu’il avait évoqués au début du livre, l’écrivain Amin Zaoui, affirmera que “les universitaires sont devenus des instituteurs”, car, a-t-il précisé, “un universitaire est celui qui possède de la culture. Seulement, chez nous, ils ne participent pas aux débats intellectuels, politiques et sociétaux pour faire avancer la société. Ils ne guident pas les débats intellectuels. La scène de débats est abandonnée”. K. Tighilt

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“Tout est prêt pour la fête du cinéma à Annaba”

“Nous sommes prêts pour la fête du cinéma à Annaba”, c’est en ces termes rassurants que le commissaire du Festival d’Annaba du film méditerranéen (FAFM) a confirmé la tenue effective de la 2e édition de cet événement culturel, lors de la conférence de presse qu’il a animée hier. Et d’assurer que cet événement qui se tiendra bien du 6 au 12 octobre courant sous le thème “L’humanité de l’image, l’image de l’humanité”, devrait voir la participation de 12 pays avec une vingtaine de films en compétition pour le prestigieux “Anab d’or”. M. Saïd Ould Khelifa a annoncé que la présidence du jury chargé du choix des meilleures œuvres en compétition, sera confiée au journaliste belge André Ceuterick aux côtés du Palestinien Arif El-Mechraoui, de l’Égyptien Wahid Touila, du Tunisien Mohamed Boualem et de l’universitaire algérien Achour Saïdi. Cela en rappelant qu’André Ceuterick a été délégué général et président du Festival international du film d’amour de Mons en Belgique, alors que tous les autres membres du jury de cette édition sont de parfaits spécialistes du 7e art et qu’ils ont déjà fait partie de jurys dans d’autres festivals. Toujours côté participation à l’encadrement du FAFM-2016, il est annoncé la présence à Annaba du célèbre cinéphile Ahmed Bedjaoui qui animera une série de conférences sur le cinéma, dont une sera consacrée au 400e anniversaire de la mort de Shakespeare, souligne-t-on. À ce propos le conférencier informera que la Grande-Bretagne sera présente comme l’invitée du festival et que ce pays marquera la commémoration du dramaturge avec la projection de deux longs-métrages Bill et Much ado About Nothing respectivement de Richard Bracewell et de Kenneth Branagh. Abordant l’aspect logistique et accueil du festival du film, Saïd Ould Khelifa s’est félicité de la coïncidence de l’événement avec l’ouverture officielle de la Cinémathèque d’Annaba, qui a été complètement rénovée et équipée d’un matériel numérique de projection de dernière génération. Cette salle abritera les courts-métrages et les documentaires retenus pour cette semaine, alors que la salle du théâtre régional Azzedine-Medjoubi a été réservée pour la projection de la vingtaine de longs-métrages en lice pour le “Anab d’or”, a indiqué le commissaire du FAFM en signalant que la bibliothèque sera, comme l’année dernière, consacrée au film pour l’enfance, dessins animés et films d'animation, avec des programmes spécialement concoctés pour les différentes tranches d’âge. D’une manière générale, cette 2e édition du FAFM verra la participation de l’Algérie avec trois films Maintenant, ils peuvent venir, Chronique de mon village et Le tableau troué ; celle de l’Espagne avec L’Olivier ; de la France avec deux films Tour de France et D’une pierre 2 coups ; de l’Italie avec Dustur ; du Maroc avec Mélodie de la morphine ; de la Palestine avec deux longs-métrages 3 000 nuits et The Idol ; de la Tunisie avec The last of us et bien d’autres de Syrie, de Turquie, de Malte et de Chypre. L’invité d’honneur de cette édition est l’Iran qui présentera cinq films dont deux d’Abbas Kiarostami : Où est la maison de mon ami et Le goût de la cerise, Iranien de Mehran Tamadon, Nahid d’Ida Panahandeh et No land’s Song d’Ayat Nadjafi. Un hommage particulier sera rendu au réalisateur Mohamed Khan avec la projection du film La fille de l’usine. A. ALLIA

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“Corps-voix-théâtre”, l’exil raconté autrement

Dirigé par la metteure en scène franco-algérienne Hadda Djaber et assisté par la comédienne Meryem Medjkane, le stage théâtral Corps-voix-théâtre, qui se produit aujourd’hui à l’Institut français d’Oran, et après avoir fait des escales à Alger et Tlemcen, est une initiative créée dans le cadre du projet “Les itinérantes”, porté par la compagnie Leila soleil et l’association Momkin, avec le soutien de la région PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur). Ce projet est né de la rencontre de plusieurs artistes euro-méditerranéennes, comme Meryem Medjkane (Algérie), la plasticienne Emilie Petit (France), la danseuse et chorégraphe Dalia Naous (Liban), ou encore la réalisatrice Camille Leprince (France). Le but de cette initiative est de porter, à travers une formation théâtrale, des ateliers, des rencontres, et un nouveau regard sur l’exil. Le stage théâtral réparti sur deux jours, est une formation approfondie sur les techniques de l’acteur, qui s’adresse à toutes les tranches d’âge et catégories confondues, comme les acteurs professionnels, les amateurs, et à toute personne désireuse de découvrir ce métier. Les premiers stages qui se sont tenus à Alger, Tlemcen et celui qui se tient en ce moment à Oran, ont rencontré “un grand succès et un réel enthousiasme auprès des participants”, est-il indiqué dans le communiqué. Les stagiaires (une quinzaine), sont issus de tous les horizons professionnels. Hadda Djaber nous a confié à ce propos que son apport à ces journées de formation théâtrale est “le travail sur la partie supérieure du corps et de la voix, les bases corporelles qui permettent une meilleur appréhension du texte, des émotions et du stress”. Par ailleurs, elle nous a expliqué que le choix de la pièce L’aube d’Ismaël de Mohamed Dib, qui sera interprétée par la comédienne Meryem Medjkane et le comédien Tarif Bouarrara, s’est fait en raison du parcours de l’auteur (exilé en France par l’administration coloniale en 1959), et qui est en corrélation avec le thème de cette belle initiative. “Dib a subi l’exil” a déclaré notre interlocutrice. “Ce thème est le noyau central de la pièce théâtrale que je mets en scène. Par cet acte, je veux travailler sur l’enracinement de l’être dans sa terre, de l’exil et de ses difficultés”. Au vu des débuts prometteurs de ce projet, Djaber espère que ce genre de formations se développera dans le futur “car les gens sont très demandeurs, on espère qu’il y aura une suite à ce projet”, a-t-elle précisé. Côté rencontres et débats, les artistes, comme Emilie Petit, Dalia Naous, Meryem Medjkane, et Camille Leprince se sont réunies dans le cadre de ce projet lourd de sens et qui fait écho à l’actualité : celui des réfugiés et de l’exil. Les intervenantes, s’interrogeront, à travers leurs échanges, sur les différentes facettes de l’exil (exil intérieur, réel choisi ou subi), et le rôle de la création artistique, qui devient le porte-voix de milliers d’exilés, mais aussi un moyen de transcendance, est-il noté dans le communiqué. Par ailleurs, la question de l’exil sera posée à travers trois territoires spécifiques, et sera explorée par les quatre jeunes femmes organisatrices ce de cet évènement. Outre les rencontres, il y aura également des espaces de laboratoires artistique et de partage de parcours de vie autour de l’exil, des ateliers de théâtre en Algérie avec des femmes (Oran/Alger/Tlemcen), des jeunes (Amizour), où sont pris en compte au travers d’un travail d’expression corporelle et vocale les notions de racines d’exil intérieur et d’émigration, des ateliers d’arts plastiques avec des femmes des quartiers Nord de Marseille où il a été question de la mémoire de l’immigration, et l’exposition “Lignes d’horizon” (Lignes de vie et cicatrices) d’Emilie Petit. Yasmine Azzouz

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L’autre scandale de la réélection de Bongo

Décidément, la réélection d’Ali Ondimba Bongo était entachée d’irrégularités, révélées par les conversations des observateurs de l’Union européenne, qui étaient placés sous écoute par les autorités gabonaises. Dans un article publié hier sous le titre “Watergate au Gabon”, le journal français Le Journal du Dimanche révèle que les services secrets gabonais ont placé sur écoute des membres de la mission d’observation déployée par l’Union européenne pour surveiller l’élection présidentielle du 27 août dernier. Le contenu des conversations enregistrées atteste de leurs doutes sur la sincérité du résultat, selon cette publication, qui fait état des extraits d’une vingtaine d’enregistrements, et écrit qu’une des personnes écoutées a “formellement identifié sa propre voix”. Pour le JDD, qui n’a pas précisé comment il a obtenu les enregistrements, “les conversations enregistrées révèlent de lourdes suspicions de trucage des résultats” de la présidentielle gabonaise, officiellement remportée par le président sortant Ali Bongo Ondimba face au candidat de l’opposition Jean Ping. “Ils sont en train de chercher comment tricher et que ça ne se voit pas trop”, affirme fin août un des membres de la mission de l’UE, selon un de ces extraits, et ajoute : “Des urnes sont en cours d'acheminement à Libreville et vont faire la différence”. Il y a lieu de signaler que le certain Pierre B. qui est “la principale cible des services gabonais” selon le JDD, signalait le 30 août à un interlocuteur qu’il y a eu “des modifications de chiffres cette nuit sur Wikipédia”, en affirmant : “Ils ont gonflé la population du Haut-Ogooué ! C’est pas encourageant”. “Ils ont fait exactement ce que j’espérais qu’ils n’allaient pas faire”, commente le jour-même la chef adjointe de la mission de l'UE dans un échange avec Pierre B.. Les observateurs européens, qui étaient invités par le gouvernement gabonais, s’étaient montrés très critiques à l’issue du processus électoral, affirmant officiellement que l’analyse des résultats révélait “une évidente anomalie”. Vendredi, le gouvernement gabonais avait annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire sur la mission de l’Union européenne au motif de “dysfonctionnements dommageables en son sein”. Réagissant hier au contenu de l’article du JDD, le ministre gabonais de la Communication, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a estimé que ce n’était qu’un “contre-feu”. “C'est de l'enfumage pour maquiller l'implication de certains observateurs de l'Union européenne en faveur de l'opposition et le jeu trouble de certains diplomates européens”, a-t-il dit, avant d’ajouter que “cette mission est sortie de son rôle: elle n’a été ni neutre, ni impartiale”. Reste à savoir maintenant si l’Union européenne donnera suite à ces révélations, ou se limitera à en prendre acte seulement ? Merzak Tigrine

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Joseph Kabila joue avec le feu

Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a réussi un coup de force pour se maintenir au pouvoir, en reportant de deux ans la présidentielle prévue pour fin décembre, ce qui met en péril le processus démocratique dans le pays. Ce report a été annoncé par le président de la très contestée Commission électorale nationale indépendante (Céni), Corneille Nangaa, lors de la plénière de samedi du “Dialogue national”, boycottée par une partie de l’opposition. “La convocation de l'électorat pour les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales en une seule séquence interviendra en novembre 2017”, a déclaré à la presse Corneille Nangaa. “Cette convocation coïncidera avec l'inscription des candidatures”, a-t-il ajouté, soulignant que sa commission a besoin d’au moins “504 jours à partir du 31 juillet 2017” pour réussir le pari d’un scrutin parfait, du point de vue technique. “Les experts de l'OIF et de l'ONU sont clairs là-dessus. Il faut à la Céni six mois maximum après le 31 juillet 2017 pour organiser les trois scrutins”, a démenti Jean-Lucien Bussa, porte-parole de l'opposition au “dialogue national”, ajoutant que “la Céni doit recevoir des assignations du dialogue et non faire ce qu'elle veut”, a repris l’AFP. “Nous cherchons à résoudre la crise, le peuple n'attend pas la présidentielle au 25 novembre 2018”, a-t-il dénoncé. En prétextant des difficultés techniques, la Céni offre à Joseph Kabila une voie royale pour rester au pouvoir, pour au moins deux ans de plus, ce que lui-même avait envisagé en tentant de faire passer son projet de révision constitutionnelle. La révision de la Constitution devait lui permettre de faire sauter le verrou des mandats présidentiels, limités à deux par l’actuelle première loi du pays, et d’enchaîner un mandat de transition de deux ans. Cela laissera une grande marge de manœuvre à Joseph Kabila, notamment pour verrouiller le jeu politique, quitte à user de la force comme cela a déjà été le cas à maintes reprises. Le dernier épisode de violence en date remonte à la mi-septembre dernière, lors d’une manifestation de l’opposition à Kinshasa durant laquelle des dizaines de manifestants ont été tués et des centaines d’autres blessés, après des heurts avec la police. Donc, si cette annonce de la Céni venait à être mise en œuvre, en dépit du refus de l’opposition, cela risquerait d’entraîner le pays dans une nouvelle et périlleuse phase d’instabilité. Le spectre de la guerre ethnique de 1998-2002 plane, en effet, sur un pays qui connaît une forte instabilité dans sa province du Nord-Kivu, où des groupes rebelles règnent en maître sur de nombreuses zones riches en minerais. Les menaces de sanctions internationales et les appels des puissances occidentales au respect de la Constitution du pays demeurent jusque-là inaudibles. Lyès Menacer

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