Accueil / Une / Crise malienne : Bamako montré du doigt
Sept mois après le début de la mise en œuvre effective de l’accord d’Alger, le gouvernement malien semble prendre son temps, alors que la situation sur le terrain dans le nord du Mali nécessite un traitement urgent.

Crise malienne : Bamako montré du doigt

Sept mois après le début de la mise en œuvre effective de l’accord d’Alger, le gouvernement malien semble prendre son temps, alors que la situation sur le terrain dans le nord du Mali nécessite un traitement urgent. La réunion d’évaluation du comité de suivi dudit accord, qui s’est tenue lundi après-midi à l’hôtel El-Aurassi à Alger, a révélé, en effet, que le gouvernement malien assume l’entière responsabilité dans l’injustifiable retard qui pénalise davantage les populations que quiconque autre partie de cette crise qui a commencé en 2012.
Si les participants à la réunion de lundi ont souligné les avancées enregistrées depuis juin en matière de travail administratif, avec la mise en place des différentes commissions et sous-commissions, ainsi qu’avec la réconciliation des groupes politico-armés entre eux, la part du travail qui revient à Bamako est en souffrance. “La problématique aujourd’hui est celle des priorités qui ne sont pas les mêmes. Pour nous, la priorité est la gestion de la phase de transition et la satisfaction des attentes des populations du Nord. Il s’agit aussi de mettre fin aux dépassements des Forces de l’armée malienne (Fama)”, a déclaré le secrétaire général de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), en référence à ce qu’il a qualifié d’“exécution” de sept civils par les troupes des Fama, près de Tombouctou, la semaine écoulée. Même si un des représentants du gouvernement de Bamako a expliqué les circonstances de cette terrible tragédie, le fait a été signalé par Bilal Ag Acharif dans son discours et ses déclarations à la presse, expliquant que ce genre d’évènements n’aident pas à la reconstruction de la paix. Interrogé en marge de la réunion, qui s’est déroulée à huis clos, un des porte-parole de la CMA et membre du Mouvement arabe pour l’Azawad (MAA), Mohamed El-Maouloud Ramadane, a reconnu que cette séance avait été un peu houleuse et que la médiation internationale s’était montrée ferme face au représentant du gouvernement malien, le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop.
Ce dernier a tenté vainement de s’expliquer sur ces retards et les difficultés de mettre en œuvre les termes de l’accord d’Alger, mais les faits énumérés par la délégation de la CMA, ainsi que les multiples comptes rendus de la presse malienne l’ont démenti.
La CMA attend toujours la mise en place d’institutions de transition qui ont pris au moins trois mois de retard. Ces institutions devraient, en effet, préparer le terrain pour le retour des réfugiés et la tenue des élections locales. Ceci sans compter la prise en charge des besoins immédiats des populations du nord du Mali, comme l’accès à l’eau et à la nourriture, ainsi que la réouverture des écoles fermées depuis le début du conflit, il y a plus de trois ans.
Des sources au sein de la médiation internationale ont expliqué, sous couvert d’anonymat, que cette fois-ci, le gouvernement malien est acculé et tenu de respecter sa part du contrat, dans un contexte sécuritaire difficile et des plus alarmants au Mali, mais également dans l’ensemble des pays du Sahel.

Lyès Menacer

l’article complet

Votre Publicité ici

À propos philhadj

Laisser une réponse

Une

Crise malienne : Bamako montré du doigt

Par philhadj Temps de lecture: 2 min
0