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Dély-Ibrahim : protestation des résidents de la cité du 11-Décembre

Ce qui a dicté la résurgence de la protestation, c’est la décision de justice rendue mercredi dernier invalidant la plainte déposée par les habitants du quartier pour l’arrêt de ce projet de construction de villas sur l’espace vert.

Des résidents de la cité du 11-Décembre-1960 ont tenu, hier, un rassemblement pacifique afin de protester contre le détournement d’un espace pour la construction de villas au profit de personnes “haut placées”. Dans la matinée, des jeunes incontrôlés, dans une explosion de colère, ont coupé à la circulation la route reliant Dély-Ibrahim à Chéraga, en brûlant des pneus au milieu de la chaussée. Ce qui a dicté la résurgence de la protestation dans cette affaire en latence depuis un bon bout de temps, c’est la décision de justice rendue mercredi dernier et qui a invalidé la plainte déposée par les habitants du quartier pour l’arrêt de ce projet de construction de nouvelles villas sur l’espace vert. L’intervention des forces de l’ordre s’est soldée par l’interpellation de cinq personnes, nous dit-on. À notre arrivée sur les lieux, un groupe de femmes, qui s’était formé dès la matinée, nous a reçus avec des plaintes : “Des cadres de l’État, haut placés, ont pris notre espace vert pour construire des villas. Ils ont coupé des arbres trentenaires et empiété sur l’espace dédié à notre cité.” Non loin de là, un quadragénaire lancera sur un ton sec : “Ils ont usé de faux, et pris le terrain qui servait de lieu de distraction pour nos enfants. Ce sont 27 personnes qui ont foulé aux pieds les lois de la République.”
Pis encore, chez les résidents de la cité, on ressent un sentiment général de hogra. “Ils viennent souvent escortés par des forces de l’ordre. Ils nous intimident et nous recevons souvent des convocations”, tempête un jeune, hors de lui. Les résidents de la cité du 11-Décembre-1960 affirment avoir saisi toutes les autorités pour intervenir et mettre fin à ce squat. “On a écrit au président Bouteflika, au Premier ministre Sellal et au wali délégué de Chéraga et au P/APC de Dély-Ibrahim. En vain”, déplore une sexagénaire qui a dénoncé les autorités locales, coupables, à ses yeux, de “silence”, voire de “complicité” dans cette affaire.
À en croire les témoignages des résidents de la cité, le terrain, objet du litige, serait une propriété du “Cpia”, un acronyme qui désigne l’action sociale de l’ANP, ayant servi à la construction d’une coopérative immobilière au profit d’anciens officiers de l’ALN. “Cette cité du 11-Décembre comprend 111 villas, qui a donné lieu ensuite à une extension de 47 lots. La parcelle sur laquelle est bâtie la coopérative est de 15 hectares et a été entièrement payée. Mais en raison du passage des conduites de gaz, ils ont laissé des espaces vides de chaque côté, prévus pour contenir un stade synthétique, des aires de jeu et de repos pour les vieux”, dira un jeune du quartier, poursuivant : “Nous avons adressé des demandes d’aménagement de ces espaces à tous les maires qui sont passés par la commune de Dély-Ibrahim, mais ils nous disaient à chaque fois qu’ils ne pouvaient rien faire. La raison en est qu’ils voulaient l’urbaniser, mais dès que nous avons eu vent de la délivrance du permis de construire, nous avons porté l’affaire devant la justice. Ce que nous ne comprenons pas, c’est le fait de construire une coopérative dans une coopérative qui, elle-même, a besoin d’espace vert.” Les protestataires d’hier réclament l’arrêt des travaux et la libération des cinq personnes interpellées.

Amar R.

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Par philhadj Temps de lecture: 3 min
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