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Soucieuse d’être à la page quant aux événements qui mettent en branle le monde, la revue Naqd traite, dans son 32e numéro (parution en décembre 2015) des fondements de la vie en commun.

Des identités communautaires et des manipulations politiques

Soucieuse d’être à la page quant aux événements qui mettent en branle le monde, la revue Naqd traite, dans son 32e numéro (parution en décembre 2015) des fondements de la vie en commun. Des réactions impulsives aux événements imposés ou instrumentalisés par les forces en présence du monde contemporain, on repense la tragédie humaine continue qui ne cesse de sévir au nom de quelques “idéaux” nationalitaires, ethnico-religieux ou identitaires… Dans ce numéro, on retrouve des contributions d’une quinzaine de chercheurs et universitaires sur le communautarisme. De l’Inde, Samir Kuznar Das explique dans sa théorie indienne de la reconnaissance “les deux processus de paix ‘étatique et officieux’” qui finissent par enclencher des conflits : “Comment maintenir la cohésion sociale en transcendant les clivages racistes de la haine, la xénophobie et la violence ?” “La théorie occidentale de la reconnaissance est toujours une théorie haute qui est obsédée par la question de savoir comment les communautés vivent leurs différences aiguës de normes et de jugements.” Le professeur de sciences politiques indien suggère comment transcender les clivages ethniques et leur nationalité et œuvrer comme collectif. Partant d’un texte de Michel Foucault et de onze volumes émanant d’un groupe d’étude sur Calcutta, Ranabir Samaddar tente de comprendre l’ordre et la politique dans ce microcosme déchiré par l’émeute. Entre discipline de la foule et gestion de la légalité, quel mode de sécurité peut s’installer ? Quel est le rôle de la police face à la délinquance et comment assure-t-elle la sécurité de la population ? Quant au physicien nucléaire, le Pakistanais Pervez Amirali Hoodbhoy, dans son essai intitulé L’illusion du califat et la guerre à l’intérieur de l’islam, une opinion pakistanaise, il s’intéresse au monde de l’islam et ses conflits sectaires “chiites et sunnites” ; des conflits auxquels les Pakistanais paient de lourds tributs. Quand “les deux courants voient dans l’Occident laïque leur ennemi mortel”, il se demande quels sont les fondements d’une telle pensée ? Sur quelles bases se construit le mythe d’une “oumma unifiée” ? Le cas des Kanaks en Nouvelle-Calédonie sera abordé par l’anthropologue Hamid Mokaddem, qui retrace dans son étude la construction des communautarismes à partir de la configuration coloniale. Du “faux-semblant” de “destin commun” avec les aléas du système colonial français, la place du peuple kanak revêt une forme néocoloniale. Pour Hamid Mokaddem, “les communautarismes résultent des discriminations consécutives aux biopolitiques”. La revue Naqd, sous la direction de Daho Djerbal, propose d’autres articles similaires sur l’Algérie et l’Afrique subsaharienne. Ainsi, le chercheur du CNRPAH, Badi Dida, soumet une nouvelle lecture de la structure sociopolitique targuie. Une nouvelle lecture très documentée où l’auteur parle de “sociétés au pluriel dont la structure est hermétiquement hiérarchisée”, alors que la sociologue et chercheure au CREAD, Fatima Oussedik prend la communauté mozabite comme échantillon pour tenter de saisir les tenants et les aboutissants des derniers événements qui ont secoué Ghardaïa. Pour elle, “les notions d’ethnies, de minorité nationale ont fait leur irruption dans les débats politiques d’une Algérie dont l’existence se nourrissait d’un nationalisme exigeant”. De la lutte d’intérêts économiques à celle qui nourrit les conflits imposés par le nouvel ordre mondial, quelle est la part de la responsabilité de l’État dans ces nouveaux enjeux politiques ? Produit-il lui-même un “communautarisme de nécessité, d’urgence” ( ?) Pour la communauté sahélo-saharienne, Mohomodou Houssouba, chercheur malien en littérature et linguistique, démonte l’éclatement de la société par la crise économique et sociale, où le problème linguistique se joint au problème foncier pour nourrir les antagonismes.
Enfin, Abderrahmane Moussaoui revient sur le concept de “communauté” contextualisé selon les paradigmes ayant traversé la société algérienne du arch à l’oumma avec toutes les charges émotionnelles, sentimentales ou culturelles. La revue est disponible chez les libraires au prix de 600 DA.

LIMARA B.

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Des identités communautaires et des manipulations politiques

Par philhadj Temps de lecture: 3 min
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