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Si l’Italie veut attendre que les Libyens se dotent d’un gouvernement d’union nationale et fasse la demande d’une aide étrangère, pour lancer une intervention internationale contre Daech

Désaccord entre la France et l’Italie

Si l’Italie veut attendre que les Libyens se dotent d’un gouvernement d’union nationale et fasse la demande d’une aide étrangère, pour lancer une intervention internationale contre Daech dans ce pays, c’est loin d’être l’avis de la France, déterminée à frapper dès maintenant.

Des experts et des diplomates confirment que la méfiance et l’incompréhension dominent les rapports entre la France et l'Italie, quant à la manière avec laquelle il faut régler le chaos prévalant en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011. Ainsi, Rome est disposée à prendre, sous conditions, la tête d'une opération internationale, tout en avertissant qu’une opération militaire, aussi brillante soit-elle, ne pouvait à elle seule remettre de l'ordre dans le pays. Quant à Paris, elle ne partage guère ce point de vue, comme l’indiquait, il y a quelques jours, le Premier ministre français, Manuel Valls en affirmant qu’il faut “combattre et écraser” l’organisation État islamique (EI) “en Syrie, en Irak et demain, sans doute, en Libye”. Cette volonté française d’en découdre inquiète les Italiens, après que la presse s’est fait l'écho cette semaine d'un “raid” aérien français contre des positions de l’EI près de Syrte, en Libye. Ils y voient la preuve que les Français n’attendraient pas éternellement la formation d'un gouvernement unitaire dans ce pays, en proie au chaos depuis la révolte ayant emporté Mouammar Kadhafi en 2011. “Le risque est que l'Italie continue à suivre les principes de la légalité internationale et à soutenir le nouveau gouvernement d'union nationale tandis que d'autres pays, France, Royaume-Uni, seraient tentés de brûler les étapes”, a écrit l'éditorialiste du quotidien des affaires Il Sole 24 Ore. Ce dernier a même évoqué, au passage, un but caché des Français qui est de prendre des positions de force dans le secteur de l'énergie en Libye, répétant les erreurs de 2011 ayant conduit à l'anarchie actuelle. L’Italie, volontiers pacifiste, rechigne à faire la guerre, comme l'affirme d’ailleurs officiellement sa Constitution. Elle est persuadée, comme ne manque jamais de le rappeler M. Gentiloni, que le recours aux armes ne règle rien, privilégiant une approche politique et diplomatique. Elle attend donc la formation d'un gouvernement d'union nationale en Libye et son appel à l'aide pour prendre pied à Tripoli. Mais pas question d'aller trop loin et de “taper” sur Daech comme le veut la France, estime Jean-Pierre Nardis, expert des questions de défense auprès de l'Institut des affaires étrangères à Rome, dans des déclarations à l’agence AFP. Ce spécialiste des relations franco-italiennes pense il s’agit d’un “malentendu” entre les deux pays né de l'intervention franco-britannique de 2011, qui n'a jamais été réellement comprise. Selon lui, ce “malentendu” est aujourd'hui exacerbé par le silence opposé par le gouvernement de Matteo Renzi aux demandes de soutien militaire exprimées par le président français François Hollande après les attentats meurtriers à Paris en novembre. Par ailleurs, la prudence italienne est aussi confortée par les expériences passées en matière d'intervention militaire, en Libye, mais aussi en Irak où “on continue à en payer le prix”, selon le chef de la diplomatie italienne. Il va sans dire que cette attitude italienne a “refroidi” la relation entre la France et l'Italie, que la réunion de la coalition anti-Daech, prévue début février à Rome, pourrait permettre de la réchauffer.

Merzak Tigrine

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Par philhadj Temps de lecture: 2 min
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