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La première journée du Festival d’Annaba du film méditerranéen, qui se tient jusqu’au 9 décembre, a été marquée par deux films (compétition officielle) de Jacob Carpignano (Italie) et Abdel Sayed Daoud (Égypte).

Entre désillusion, amour et paranormal

La première journée du Festival d’Annaba du film méditerranéen, qui se tient jusqu’au 9 décembre, a été marquée par deux films (compétition officielle) de Jacob Carpignano (Italie) et Abdel Sayed Daoud (Égypte). Les deux réalisateurs ont abordé des thématiques intéressantes, la première sur l’émigration clandestine et la seconde, plus fictive, sur le paranormal.

L’émigration clandestine est la thématique proposée pour cette 1re édition du Festival d’Annaba du film méditerranéen (FAFM). Pour faire plonger le spectateur au cœur de ce phénomène, plusieurs films (hors compétition) sont proposés quotidiennement à la Maison de la culture jusqu’au 9 décembre. Concernant la sélection officielle, un long métrage traitant de ce sujet a été présenté lors de la première journée du FAFM. Projeté à 16h30 au théâtre Azzedine-Medjoubi, le film Mediterranea de l’Italien Jonas Carpignano raconte l’histoire de ces hommes prêts à tout pour rejoindre le “nirvana”.
Sorti en 2015, d’une durée de 1 heure 47, le film retrace le parcours d’Ayviva (Koudous Seihon), qui décide de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe. Après un long périple, Ayviva et son ami Abbas rejoignent l’“Eldorado”, le sud de l’Italie, et vite leur rêve se brise. En quittant le Burkina Faso, les deux acolytes pensaient trouver un monde meilleur, mais la misère et leur nouvelle vie est similaire à celle de leur pays. Ils se retrouvent dans un ghetto de Blacks et de Maghrébins sans papiers, dormant sur des cartons. Ayviva est vite désillusionnée. Le réalisateur Jonas Carpignano a voulu à travers son œuvre démontrer la difficulté du quotidien que traversent ces hommes et ces femmes dans une Italie raciste qui rejettent ces “Africains” venus voler leur emploi et leur ville. Le fond de cette histoire est bon, Carpignano arrive à émouvoir et faire ressentir la douleur de ces gens qui aspirent seulement à un avenir meilleur. Le seul hic dans ce long métrage, le spectateur finit vite par se lasser à cause d’un montage légèrement raté. Il n’y a pas de fil conducteur, et le film est complètement décousu, le public se retrouve plongé d’une situation à une autre sans qu’il y ait de suite logique dans les idées. Mediterranea dépeint aussi avec violence le ras-le-bol et la frustration de ces “Noirs qui se font tuer” par les Blancs. Une situation qui fera réfléchir ces émigrants sur le prix à payer pour vivre en Europe.
Pouvoirs surnaturels et forces obscures
Après la pénible traversée d’Ayviva pour le sud de l’Italie, la séance de projection s’est poursuivie avec Hors du commun de l’Égyptien Abdel Sayed Daoud. D’une durée de 2 heures 13, le réalisateur a transporté la salle dans une intrigue mêlée à la science-fiction. C’est l’histoire du Dr Yahia (Khaled Abo El-Naga), après avoir laissé tomber une enquête sur le paranormal, il décide de prendre quelques jours de vacances en s’installant dans une maison d’hôte en bord de mer. Il fait la rencontre de personnages excentriques et atypiques : un peintre, un chanteur d’opéra, un prêcheur… Mais la rencontre qui bouleversera sa vie est celle de la petite Farida (Mariam Tamer) et sa maman Hayat, la splendide Nagla Badr. À travers des prises de vues magnifiques et une histoire bien ciselée, le réalisateur nous entraîne dans cette auberge et nous fait aimer cette petite “famille” si originale. Au bout de quelques moments passés avec Farida, le Dr Yahia découvre une face cachée de la petite : Farida possède des pouvoirs hors du commun.
À partir de ce moment, le scientifique voit toute son existence chamboulée, il vient de concrétiser des recherches de toute une vie. “La fille du diable” possède des facultés de télékinésie. Est-ce l’œuvre de Satan ou un don de Dieu ? À travers cette gamine, il se découvre à nouveau, il se cherche, mais reste sur des interrogations.
Le réalisateur a véhiculé à travers son film un sentiment d’incompréhension et de doute mêlé à de la fiction. Hors du commun est aussi une belle histoire d’amour et de trahison. Tous les ingrédients sont présents pour faire vivre un bon moment aux férus d’aventure. D’une durée de 133 minutes, le long métrage devient pesant, ça tourne en rond. On a l’impression qu’Abdel Sayed Daoud cherche une fin à son film, il essaye d’expliquer le moindre petit détail, tout en ajoutant des scènes qui ont l’air d’être de trop dans le film. Tout au long de cette heure, les images revenaient en boucle pour finir sur le point de départ. Dommage ! Cette lenteur a gâché la qualité de ce long métrage.

H. M.

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Par philhadj Temps de lecture: 3 min
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