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Le secteur de l’édition en Algérie a connu ces dernières années un certain “bouillonnement”

Entre promesses et tentatives

Le secteur de l’édition en Algérie a connu ces dernières années un certain “bouillonnement” qui a donné naissance à des centaines de maisons d’édition, a permis à des auteurs de se faire connaître, et qui a quelque peu redynamisé une profession qui était à l’agonie. Mais une halte s’impose pour faire un bilan, repositionner ce secteur dans les conditions réglementaires qui doivent le régir et améliorer ses conditions de travail et ses modalités de gestion pour dépasser cette euphorie de la quantité et aller vers le critère de fond qui est la qualité. Dans cette perspective, une nouvelle loi sur les activités et marché du livre (loi n°15-13 du 28 Ramadhan 1436/15 juillet 2015) a été mise en place, cette année, et se verra peu à peu enrichie et réajustée par des textes d’application qui viendront combler certaines lacunes décelées par les professionnels. Une loi qui plaît à certains et déplaît à d’autres, mais qui tentera de régir un domaine qui s’est vu très souvent “accaparé” par ceux-là mêmes qui ne croient même pas en l’importance de la lecture et qui n’ont jamais ou très peu lu de livres dans leur vie, mais qui y ont trouvé la poule aux œufs d’or grâce à des subventions du ministère de la Culture, nées de la volonté d’aider, mais qui ont été détournées de leur objectif initial.
De nombreuses clauses ont donc été élaborées pour réglementer cette noble profession, dont, entre autres, la mise en place de librairies sur tout le territoire national, la formation dans les métiers du livre, la promotion, le développement de la lecture publique, la commercialisation, l’importation, l’exportation, le prix unique… Des engagements et des décisions qui seront soutenus par le Centre national du livre (CNL), une institution tant attendue, constituée de diverses commissions qui auront pour mission de réussir là où les autres structures ont échoué, avec comme armes de fond indispensables : le vrai professionnalisme, la rigueur et la transparence. Un autre aspect important à aborder est sans conteste celui de l’organisation de salons ou foires du livre sur tout le territoire national pour habituer l’enfant et le citoyen au livre et à la lecture. Il existe, certes, un important évènement livresque qui est devenu incontournable en Algérie, et qui est le Salon international du livre d’Alger (SILA) qui en était cette année à sa 20e édition avec un nombre record d’exposants – 908 dont 290 algériens- et de visiteurs – 1 573 000 -, mais qui connaît encore des insuffisances dans son organisation, des manques dans sa communication et une certaine cacophonie dans ses programmations. Quelques petits autres salons nationaux ou régionaux sont parfois semés par-ci par-là, au gré des humeurs des uns et de la bonne – ou mauvaise- volonté des autres, mais sans médiatisation ni coordination entre les maillons de cette chaîne, ce qui est loin de convaincre les férus de la lecture qui y voient plus des dépotoirs de vieilles marchandises invendues ou des carrés lugubres, insalubres et sans vie où on marchande le livre, que ce qu’ils devraient être, c'est-à-dire des espaces propres et aérés, agréables et parfumés où il fait bon nourrir son esprit et humer la bonne senteur du papier.

S.B.

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Par philhadj Temps de lecture: 2 min
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