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La capitale corse Ajaccio était encore sous haute tension hier, au lendemain des manifestations racistes dans le quartier populaire des Jardins de l’Empereur où réside une importante communauté émigrée

Important dispositif policier à Ajaccio

La capitale corse Ajaccio était encore sous haute tension hier, au lendemain des manifestations racistes dans le quartier populaire des Jardins de l’Empereur où réside une importante communauté émigrée. Dans l’après-midi, environ 300 individus étaient encore massés à proximité des lieux. Leur accès au quartier a été bloqué par les forces anti-émeutes. Dans la journée, la préfecture avait annoncé l’interdiction de toutes les manifestations jusqu’au 4 janvier. “J’ai reçu une délégation pour lui demander de cesser ces mouvements et cette démonstration qui donne une image désastreuse de la Corse”, a déclaré le préfet Christophe Mirmand au cours d’un point presse. Ces attroupements aux relents xénophobes ont commencé vendredi dernier, à la suite de l’agression de deux pompiers et d’un policier le soir de Noël au Jardin de l’Empereur. Les manifestants ont défilé sous les fenêtres des habitants en scandant : “Nous sommes chez nous”, “Les Arabes dehors”. Aussitôt après, ils s’en sont pris à une salle de prière qu’ils ont saccagée.
L’Observatoire national contre l’islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM) a dénoncé une agression “qui se déroule un jour de prière pour les musulmans et pour les chrétiens”, évoquant la célébration simultanée cette année des fêtes de Noël et du Mawlid Ennabaoui. Son président Mohamed Zekri a déploré une situation “qui porte atteinte au vivre ensemble”. Faisant appel à l’histoire, il a rappelé à la population locale le rôle des musulmans dans l’île. “Le peuple corse doit se souvenir de son histoire pendant la Seconde Guerre mondiale, ce sont les tirailleurs musulmans qui sont venus défendre et libérer la Corse. Donc il y a un passé, il y a une histoire. Et surtout en cette période de fêtes, il ne faut pas se faire la guerre les uns les autres”, a-t-il indiqué. Les condamnations et les appels à l’apaisement ont été unanimes dans la classe politique française.
Le nouveau président du conseil régional, le nationaliste Gilles Simeoni, a condamné une “agression initiale scandaleuse” affirmant qu'“il est impensable d’imaginer qu’il existe des zones de non-droit dans l’île”. Gilles Simeoni a stigmatisé les “dérapages racistes. Ces agissements sont contraires aux valeurs du peuple corse”. De son côté, le Parti communiste a affirmé qu’“il est incompréhensible que des personnes manifestent à Ajaccio en proférant des propos racistes et xénophobes alors que, lors de la COP21, des militants écologistes ont été arrêtés et pour certains d’entre eux assignés à résidence, pour des raisons prétendues attentatoires à l’ordre public”. Alors que le président François Hollande ne s’est pas encore exprimé sur ces événements, son Premier ministre a réagi très rapidement en dénonçant à la fois une “agression intolérable de pompiers” et une “profanation inacceptable d’un lieu de prière musulman”. Réputée pour son nationalisme exacerbé, la Corse a connu ces derniers mois des faits de racisme de moindre ampleur, mais symptomatiques de l’état d’esprit qui règne sur l’île. En juin dernier, des institutrices avaient été menacées car elles voulaient faire chanter à leurs élèves Imagine de John Lennon en cinq langues, y compris en arabe. Des riverains avaient également protesté contre la tenue d’une prière collective à l’occasion de l’Aïd dans une aire pourtant autorisée par la préfecture.

S. L.-K.

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Par philhadj Temps de lecture: 2 min
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