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“On appelle conteur (ou griot), celui qui raconte oralement une histoire sans support autre que ses connaissances, son imaginaire et ses talents d'improvisation”. Et comme adepte de cette discipline si chère à nos chérubins, Jorus Mabiala en est le parfait exemple. Rencontré lors du 13e Festival “Raconte-arts” qui a eu lieu cette année à Souamaâ du 24 au 31 juillet, ce conteur franco-congolais atypique et singulier a brillé tout au long de son séjour kabyle par un humour aussi drôle que dénonciateur. Car, Jorus Mabiala est, certes, un conteur qui veut plaire et faire rêver les enfants, mais c’est aussi et surtout un éveilleur de conscience subtil et un “déclencheur d’alerte” déguisé. Drôle dans ses mimiques, parfois burlesque dans son allure, il incarne cependant dans ses contes et ses histoires cette sagesse africaine qui sait si bien décrire le vécu des uns, mettre le doigt sur les maux des autres et panser quelques blessures ça et là en tentant de distiller des remèdes “miracle” par un conte riche de connotations et de finesse. Et cela est parfaitement incarné dans cette publication Jorus Mabiala, photos, citations et contes, recueillis par Rachid Adel et parus aux éditions Jazz, qu’il signait de temps à autre, non sans plaisir, à ses fans conquis après chaque spectacle à Souamaâ en ce “Raconte-arts 2016”. Ainsi, on peut y puiser, en plus du conte africain Sila, la petite fille de Yamba, des citations toujours introduites par “On dit chez moi” dont : “Pour faire un enfant, deux personnes suffisent, pour l’élever, il faut tout un village” ; “Si tu ne sais pas où tu vas, arrête-toi” ; “S’accepter tel qu’on est, ça peut sauver la vie” ; ou encore “De l’autre côté, on dit que le changement c’est maintenant. Nous, en Afrique, nous sommes en train de réfléchir sur ce qu’on doit changer”. Et les exemples ne manquent pas de cette sagesse africaine que Jorus sait si bien véhiculer, en s’adressant aux gens, dont il sait si bien capter l’attention ; mais toutefois, notre conteur noir africain se sent comme piégé et estime que le temps lui manque pour concrétiser sur le terrain ses aspirations, car, nous confie-t-il, “je suis souvent quelque part, puis ailleurs à sillonner les terres pour conter, et avant de réaliser un projet, me voilà obligé de quitter, car ce devoir m’appelle sans cesse…” ; et les projets, il en a plein la tête mais il est comme pris dans le tourbillon de ces festivals qu’il crée, auxquels il participe, qu’il sème ou qu’il laisse vivre un peu partout : “Retour au M’bongui” à Pointe-Noire ; “Le Festival du conte” à Oran ; “La nuit du conte” pour Raconte-arts ; l’association “Le petit conteur” à Marseille où il vit depuis une vingtaine d’années… Tombé amoureux de l’Algérie depuis quelques années, s’étant fait des amis dans quelques-unes de ses contrées, ayant fidélisé nombreux de ses enfants, Jorus Mabiala promet de belles surprises lors de sa prochaine visite en Algérie… Samira Bendris

Jorus Mabiala, un griot africain à “Raconte-arts”

“On appelle conteur (ou griot), celui qui raconte oralement une histoire sans support autre que ses connaissances, son imaginaire et ses talents d'improvisation”. Et comme adepte de cette discipline si chère à nos chérubins, Jorus Mabiala en est le parfait exemple. Rencontré lors du 13e Festival “Raconte-arts” qui a eu lieu cette année à Souamaâ du 24 au 31 juillet, ce conteur franco-congolais atypique et singulier a brillé tout au long de son séjour kabyle par un humour aussi drôle que dénonciateur. Car, Jorus Mabiala est, certes, un conteur qui veut plaire et faire rêver les enfants, mais c’est aussi et surtout un éveilleur de conscience subtil et un “déclencheur d’alerte” déguisé. Drôle dans ses mimiques, parfois burlesque dans son allure, il incarne cependant dans ses contes et ses histoires cette sagesse africaine qui sait si bien décrire le vécu des uns, mettre le doigt sur les maux des autres et panser quelques blessures ça et là en tentant de distiller des remèdes “miracle” par un conte riche de connotations et de finesse. Et cela est parfaitement incarné dans cette publication Jorus Mabiala, photos, citations et contes, recueillis par Rachid Adel et parus aux éditions Jazz, qu’il signait de temps à autre, non sans plaisir, à ses fans conquis après chaque spectacle à Souamaâ en ce “Raconte-arts 2016”. Ainsi, on peut y puiser, en plus du conte africain Sila, la petite fille de Yamba, des citations toujours introduites par “On dit chez moi” dont : “Pour faire un enfant, deux personnes suffisent, pour l’élever, il faut tout un village” ; “Si tu ne sais pas où tu vas, arrête-toi” ; “S’accepter tel qu’on est, ça peut sauver la vie” ; ou encore “De l’autre côté, on dit que le changement c’est maintenant. Nous, en Afrique, nous sommes en train de réfléchir sur ce qu’on doit changer”. Et les exemples ne manquent pas de cette sagesse africaine que Jorus sait si bien véhiculer, en s’adressant aux gens, dont il sait si bien capter l’attention ; mais toutefois, notre conteur noir africain se sent comme piégé et estime que le temps lui manque pour concrétiser sur le terrain ses aspirations, car, nous confie-t-il, “je suis souvent quelque part, puis ailleurs à sillonner les terres pour conter, et avant de réaliser un projet, me voilà obligé de quitter, car ce devoir m’appelle sans cesse…” ; et les projets, il en a plein la tête mais il est comme pris dans le tourbillon de ces festivals qu’il crée, auxquels il participe, qu’il sème ou qu’il laisse vivre un peu partout : “Retour au M’bongui” à Pointe-Noire ; “Le Festival du conte” à Oran ; “La nuit du conte” pour Raconte-arts ; l’association “Le petit conteur” à Marseille où il vit depuis une vingtaine d’années… Tombé amoureux de l’Algérie depuis quelques années, s’étant fait des amis dans quelques-unes de ses contrées, ayant fidélisé nombreux de ses enfants, Jorus Mabiala promet de belles surprises lors de sa prochaine visite en Algérie…

Samira Bendris

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Jorus Mabiala, un griot africain à “Raconte-arts”

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