Accueil / Une / Joseph Kabila joue avec le feu
Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a réussi un coup de force pour se maintenir au pouvoir, en reportant de deux ans la présidentielle prévue pour fin décembre, ce qui met en péril le processus démocratique dans le pays. Ce report a été annoncé par le président de la très contestée Commission électorale nationale indépendante (Céni), Corneille Nangaa, lors de la plénière de samedi du “Dialogue national”, boycottée par une partie de l’opposition. “La convocation de l'électorat pour les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales en une seule séquence interviendra en novembre 2017”, a déclaré à la presse Corneille Nangaa. “Cette convocation coïncidera avec l'inscription des candidatures”, a-t-il ajouté, soulignant que sa commission a besoin d’au moins “504 jours à partir du 31 juillet 2017” pour réussir le pari d’un scrutin parfait, du point de vue technique. “Les experts de l'OIF et de l'ONU sont clairs là-dessus. Il faut à la Céni six mois maximum après le 31 juillet 2017 pour organiser les trois scrutins”, a démenti Jean-Lucien Bussa, porte-parole de l'opposition au “dialogue national”, ajoutant que “la Céni doit recevoir des assignations du dialogue et non faire ce qu'elle veut”, a repris l’AFP. “Nous cherchons à résoudre la crise, le peuple n'attend pas la présidentielle au 25 novembre 2018”, a-t-il dénoncé. En prétextant des difficultés techniques, la Céni offre à Joseph Kabila une voie royale pour rester au pouvoir, pour au moins deux ans de plus, ce que lui-même avait envisagé en tentant de faire passer son projet de révision constitutionnelle. La révision de la Constitution devait lui permettre de faire sauter le verrou des mandats présidentiels, limités à deux par l’actuelle première loi du pays, et d’enchaîner un mandat de transition de deux ans. Cela laissera une grande marge de manœuvre à Joseph Kabila, notamment pour verrouiller le jeu politique, quitte à user de la force comme cela a déjà été le cas à maintes reprises. Le dernier épisode de violence en date remonte à la mi-septembre dernière, lors d’une manifestation de l’opposition à Kinshasa durant laquelle des dizaines de manifestants ont été tués et des centaines d’autres blessés, après des heurts avec la police. Donc, si cette annonce de la Céni venait à être mise en œuvre, en dépit du refus de l’opposition, cela risquerait d’entraîner le pays dans une nouvelle et périlleuse phase d’instabilité. Le spectre de la guerre ethnique de 1998-2002 plane, en effet, sur un pays qui connaît une forte instabilité dans sa province du Nord-Kivu, où des groupes rebelles règnent en maître sur de nombreuses zones riches en minerais. Les menaces de sanctions internationales et les appels des puissances occidentales au respect de la Constitution du pays demeurent jusque-là inaudibles. Lyès Menacer

Joseph Kabila joue avec le feu

Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a réussi un coup de force pour se maintenir au pouvoir, en reportant de deux ans la présidentielle prévue pour fin décembre, ce qui met en péril le processus démocratique dans le pays. Ce report a été annoncé par le président de la très contestée Commission électorale nationale indépendante (Céni), Corneille Nangaa, lors de la plénière de samedi du “Dialogue national”, boycottée par une partie de l’opposition. “La convocation de l'électorat pour les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales en une seule séquence interviendra en novembre 2017”, a déclaré à la presse Corneille Nangaa. “Cette convocation coïncidera avec l'inscription des candidatures”, a-t-il ajouté, soulignant que sa commission a besoin d’au moins “504 jours à partir du 31 juillet 2017” pour réussir le pari d’un scrutin parfait, du point de vue technique. “Les experts de l'OIF et de l'ONU sont clairs là-dessus. Il faut à la Céni six mois maximum après le 31 juillet 2017 pour organiser les trois scrutins”, a démenti Jean-Lucien Bussa, porte-parole de l'opposition au “dialogue national”, ajoutant que “la Céni doit recevoir des assignations du dialogue et non faire ce qu'elle veut”, a repris l’AFP. “Nous cherchons à résoudre la crise, le peuple n'attend pas la présidentielle au 25 novembre 2018”, a-t-il dénoncé. En prétextant des difficultés techniques, la Céni offre à Joseph Kabila une voie royale pour rester au pouvoir, pour au moins deux ans de plus, ce que lui-même avait envisagé en tentant de faire passer son projet de révision constitutionnelle.
La révision de la Constitution devait lui permettre de faire sauter le verrou des mandats présidentiels, limités à deux par l’actuelle première loi du pays, et d’enchaîner un mandat de transition de deux ans.
Cela laissera une grande marge de manœuvre à Joseph Kabila, notamment pour verrouiller le jeu politique, quitte à user de la force comme cela a déjà été le cas à maintes reprises. Le dernier épisode de violence en date remonte à la mi-septembre dernière, lors d’une manifestation de l’opposition à Kinshasa durant laquelle des dizaines de manifestants ont été tués et des centaines d’autres blessés, après des heurts avec la police.
Donc, si cette annonce de la Céni venait à être mise en œuvre, en dépit du refus de l’opposition, cela risquerait d’entraîner le pays dans une nouvelle et périlleuse phase d’instabilité. Le spectre de la guerre ethnique de 1998-2002 plane, en effet, sur un pays qui connaît une forte instabilité dans sa province du Nord-Kivu, où des groupes rebelles règnent en maître sur de nombreuses zones riches en minerais.
Les menaces de sanctions internationales et les appels des puissances occidentales au respect de la Constitution du pays demeurent jusque-là inaudibles.

Lyès Menacer

l’article complet

Votre Publicité ici

À propos philhadj

Laisser une réponse

Une

Joseph Kabila joue avec le feu

Par philhadj Temps de lecture: 2 min
0