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Alors que le chef de la diplomatie russe estimait hier que sans les Kurdes les négociations de Genève, prévues pour vendredi, ne peuvent pas “donner de résultats”, la Turquie s’y est opposée catégoriquement. Réagissant à la proposition du chef de la diplomatie russe Sergei Lavrov, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a déclaré hier, en marge d’une réunion des députés de son parti l’AKP : “Nous refusons catégoriquement que le PYD et les YPG (Unités de protection du peuple, les milices combattantes du PYD) soient assises autour de la table”, sans oublier de rappeler qu’il considérait ces mouvements proches des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) comme des “terroristes”. Un nouveau bras de fer s’engage donc entre Moscou et Ankara, dont les relations sont réduites presque à néant depuis que l’aviation turque avait abattu un avion de chasse russe le 24 novembre dernier. L’autre point d’achoppement qui pourrait accroître les divergences entre la Russie et la Turquie sur la Syrie est la question du départ du président Bachar al-Assad, qu’exige Ankara. À ce sujet, le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a indiqué hier lors d’une conférence de presse que le président russe, Vladimir Poutine, n’a ni demandé à son homologue syrien Bachar al-Assad de quitter le pouvoir ni proposé un asile politique en Russie. “Personne n'a demandé un asile politique et personne n'a rien proposé”, y compris lors de la rencontre fin octobre à Moscou entre Vladimir Poutine et Bachar al-Assad, a assuré Sergei Lavrov. Voilà une autre manière pour la Russie de réitérer son opposition vigoureuse au départ de Bachar al-Assad. Ces déclarations du ministre russe des Affaires étrangères interviennent alors que doivent débuter ce vendredi à Genève des pourparlers de paix entre opposants et représentants du régime syrien. L’ordre du jour portera sur la feuille de route établie en décembre 2015 par le Conseil de sécurité de l'ONU qui prévoit, entre autres, un cessez-le-feu, un gouvernement de transition dans les six mois et de nouvelles élections dans les 18 mois. Il faut rappeler que la situation a considérablement évolué sur le terrain, où le régime de Damas est désormais en position de force. Comme l’a confirmé hier Sergei Lavrov, l’intervention menée depuis fin septembre par l'armée russe en Syrie a permis de renverser la situation. Au bord de l'effondrement l’été dernier après une série de revers cuisants, les forces du régime syrien ont repris l'initiative face à des insurgés accablés par la puissance de feu considérable de l'aviation russe, selon des experts. Même si les gains territoriaux restent limités, l'armée et les milices pro-régime, épaulées sur le terrain par le Hezbollah libanais et des conseillers iraniens, sont à l'offensive sur tous les fronts. C’est dire que les négociateurs de Bachar al-Assad ne feront pas profil bas lors des futures négociations. Merzak Tigrine

Kurdes syriens : le nouveau bras de fer russo-turc

Alors que le chef de la diplomatie russe estimait hier que sans les Kurdes les négociations de Genève, prévues pour vendredi, ne peuvent pas “donner de résultats”, la Turquie s’y est opposée catégoriquement.
Réagissant à la proposition du chef de la diplomatie russe Sergei Lavrov, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a déclaré hier, en marge d’une réunion des députés de son parti l’AKP : “Nous refusons catégoriquement que le PYD et les YPG (Unités de protection du peuple, les milices combattantes du PYD) soient assises autour de la table”, sans oublier de rappeler qu’il considérait ces mouvements proches des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) comme des “terroristes”. Un nouveau bras de fer s’engage donc entre Moscou et Ankara, dont les relations sont réduites presque à néant depuis que l’aviation turque avait abattu un avion de chasse russe le 24 novembre dernier. L’autre point d’achoppement qui pourrait accroître les divergences entre la Russie et la Turquie sur la Syrie est la question du départ du président Bachar al-Assad, qu’exige Ankara.
À ce sujet, le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a indiqué hier lors d’une conférence de presse que le président russe, Vladimir Poutine, n’a ni demandé à son homologue syrien Bachar al-Assad de quitter le pouvoir ni proposé un asile politique en Russie. “Personne n'a demandé un asile politique et personne n'a rien proposé”, y compris lors de la rencontre fin octobre à Moscou entre Vladimir Poutine et Bachar al-Assad, a assuré Sergei Lavrov. Voilà une autre manière pour la Russie de réitérer son opposition vigoureuse au départ de Bachar al-Assad. Ces déclarations du ministre russe des Affaires étrangères interviennent alors que doivent débuter ce vendredi à Genève des pourparlers de paix entre opposants et représentants du régime syrien. L’ordre du jour portera sur la feuille de route établie en décembre 2015 par le Conseil de sécurité de l'ONU qui prévoit, entre autres, un cessez-le-feu, un gouvernement de transition dans les six mois et de nouvelles élections dans les 18 mois.
Il faut rappeler que la situation a considérablement évolué sur le terrain, où le régime de Damas est désormais en position de force. Comme l’a confirmé hier Sergei Lavrov, l’intervention menée depuis fin septembre par l'armée russe en Syrie a permis de renverser la situation.
Au bord de l'effondrement l’été dernier après une série de revers cuisants, les forces du régime syrien ont repris l'initiative face à des insurgés accablés par la puissance de feu considérable de l'aviation russe, selon des experts. Même si les gains territoriaux restent limités, l'armée et les milices pro-régime, épaulées sur le terrain par le Hezbollah libanais et des conseillers iraniens, sont à l'offensive sur tous les fronts. C’est dire que les négociateurs de Bachar al-Assad ne feront pas profil bas lors des futures négociations.

Merzak Tigrine

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