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Profitant de l’arrêt quasi simultané de deux des plus importantes cimenteries du pays, à savoir celles de Hammam Dalaâ (M’sila) et de Sour El-Ghozlane (sud de Bouira), la première pour des travaux d’entretien et la seconde pour des raisons techniques, les spéculateurs de la “mafia du ciment”, enflamment le marché du ciment dans la région centre du pays. Ainsi, depuis plus d’une semaine les prix du ciment ont connu une envolée spectaculaire, passant du simple ou double ! En effet, à Bouira, trouver du ciment relève de l'exploit, ou carrément du miracle. Et quand on finit par trouver un petit sac, il coûte les yeux de la tête. Les prix flambent En effet, ce matériau indispensable à toute construction, se négocie à pas moins de 1 700 DA le quintal, alors qu'en temps normal, il ne dépasse pas les 900 DA. Dans certains cas et selon sa qualité, il peut atteindre les 2 000 DA/ quintal. Hier après-midi, et lors de notre virée dans les communes de Bechloul, d’El Hachimia, d’El-Esnam et d’Ath Laqsar, il nous a été donné de constater que le sac de ciment, est devenu une “denrée rare”. “Depuis l'arrêt de l'usine de Sour El-Ghozlane, il est quasiment introuvable. Les rares sacs proviennent des stocks de cette usine et ils vont directement vers les chantiers de l'État”, nous apprendra un revendeur de la commune d’El-Esnam. Dans certains points de vente, notamment à El-Hachimia et à Ath Laqsar, c'est le même constat : le ciment se fait rare, très rare même et quand il est disponible, son prix bat tous les records. “Le ciment d'importation est cher et celui de Sour El-Ghozlane, au même titre que celui de Hammam Dalaâ, est introuvable. On prend notre mal en patience en attendant que l'usine reprenne du service”, dira un vendeur spécialisé, au niveau de la commune d’El-Hachimia. “L’état ne contrôle rien” Tous nos interlocuteurs ont été unanimes pour pointer du doigt ceux qu’ils qualifient de “requins” et d’“opportunistes” du ciment. “Celui qui vous dira qu’il n’existe pas une mafia du ciment, est soit un menteur, soit un néophyte. Certaines personnes guettent la moindre panne de la cimenterie pour imposer leur diktat et faire des bénéfices sur les revendeurs et les acheteurs”, accusera un détaillant, sis la cité Sorécal de Bouira. Pour lui, le marché du ciment “échappe à tout contrôle de l’État”. “Je fais ce métier depuis 15 ans et chaque année, c’est le même scénario qui se répète. L’État ne contrôle rien !”, assénera-t-il. Du côté de l’Entreprise de distribution de matériaux de construction (Edimco) de Bouira, on enregistre une nette pression sur le ciment, et ce, depuis le 10 octobre dernier. “Nous sommes obligés de réduire de manière drastique nos commandes, afin de faire face à cette pénurie”, indiquera un travailleur de cette entreprise. Son directeur, que nous avons tenté de joindre, était absent lors de notre passage sur les lieux. Dimanche dernier, le wali de Bouira, Mouloud Chérifi, a été interpellé par un entrepreneur travaillant au niveau du projet du stade de proximité à Bouira. “Monsieur le wali, sans ciment, nous ne pouvons pas avancer ! Nous sommes fortement handicapés par l'arrêt de l’usine de Sour El-Ghozlane”, s’est-il plaint. En guise de réponse, le chef de l’Exécutif de Bouira l’a rassuré sur le fait que “l’ensemble du stock disponible est exclusivement réservé aux chantiers de la wilaya”. La cimenterie de Sour El-Ghozlane de nouveau en service Voulant en savoir plus sur le sujet, attache a été prise avec le directeur du commerce et des prix (DCP) de Bouira, M. Ahmed Ghomri. Ce dernier a assuré qu’au niveau de ses services “aucune pénurie n’est enregistrée” et que les stocks de ciment sont “suffisants” pour faire face à l’arrêt technique de la cimenterie de Sour El-Ghozlane. “Nos services ne s’occupent pas des détaillants, ils livrent les entreprises et les chantiers publics”, a-t-il affirmé, avant de nous informer que la cimenterie de Sour El-Ghozlane a repris du service lundi après-midi. “Selon mes informations, cette cimenterie a repris du service hier (lundi, ndlr) après quelques problèmes techniques.” En outre et en dépit de nos multiples tentatives de contacter le DG de la cimenterie de Sour El-Ghozlane, M. Brahim Bibi, ce dernier demeurait injoignable. Malgré ces assurances, il en demeure pas moins que le marché du ciment à Bouira comme ailleurs reste “très fragile” et soumis au diktat des spéculateurs. RAMDANE BOURAHLA

La “mafia du ciment” affole le marché

Profitant de l’arrêt quasi simultané de deux des plus importantes cimenteries du pays, à savoir celles de Hammam Dalaâ (M’sila) et de Sour El-Ghozlane (sud de Bouira), la première pour des travaux d’entretien et la seconde pour des raisons techniques, les spéculateurs de la “mafia du ciment”, enflamment le marché du ciment dans la région centre du pays. Ainsi, depuis plus d’une semaine les prix du ciment ont connu une envolée spectaculaire, passant du simple ou double ! En effet, à Bouira, trouver du ciment relève de l'exploit, ou carrément du miracle. Et quand on finit par trouver un petit sac, il coûte les yeux de la tête.

Les prix flambent
En effet, ce matériau indispensable à toute construction, se négocie à pas moins de 1 700 DA le quintal, alors qu'en temps normal, il ne dépasse pas les 900 DA. Dans certains cas et selon sa qualité, il peut atteindre les 2 000 DA/ quintal. Hier après-midi, et lors de notre virée dans les communes de Bechloul, d’El Hachimia, d’El-Esnam et d’Ath Laqsar, il nous a été donné de constater que le sac de ciment, est devenu une “denrée rare”. “Depuis l'arrêt de l'usine de Sour El-Ghozlane, il est quasiment introuvable. Les rares sacs proviennent des stocks de cette usine et ils vont directement vers les chantiers de l'État”, nous apprendra un revendeur de la commune d’El-Esnam. Dans certains points de vente, notamment à El-Hachimia et à Ath Laqsar, c'est le même constat : le ciment se fait rare, très rare même et quand il est disponible, son prix bat tous les records. “Le ciment d'importation est cher et celui de Sour El-Ghozlane, au même titre que celui de Hammam Dalaâ, est introuvable. On prend notre mal en patience en attendant que l'usine reprenne du service”, dira un vendeur spécialisé, au niveau de la commune d’El-Hachimia.

“L’état ne contrôle rien”
Tous nos interlocuteurs ont été unanimes pour pointer du doigt ceux qu’ils qualifient de “requins” et d’“opportunistes” du ciment. “Celui qui vous dira qu’il n’existe pas une mafia du ciment, est soit un menteur, soit un néophyte. Certaines personnes guettent la moindre panne de la cimenterie pour imposer leur diktat et faire des bénéfices sur les revendeurs et les acheteurs”, accusera un détaillant, sis la cité Sorécal de Bouira. Pour lui, le marché du ciment “échappe à tout contrôle de l’État”. “Je fais ce métier depuis 15 ans et chaque année, c’est le même scénario qui se répète. L’État ne contrôle rien !”, assénera-t-il. Du côté de l’Entreprise de distribution de matériaux de construction (Edimco) de Bouira, on enregistre une nette pression sur le ciment, et ce, depuis le 10 octobre dernier. “Nous sommes obligés de réduire de manière drastique nos commandes, afin de faire face à cette pénurie”, indiquera un travailleur de cette entreprise. Son directeur, que nous avons tenté de joindre, était absent lors de notre passage sur les lieux. Dimanche dernier, le wali de Bouira, Mouloud Chérifi, a été interpellé par un entrepreneur travaillant au niveau du projet du stade de proximité à Bouira. “Monsieur le wali, sans ciment, nous ne pouvons pas avancer ! Nous sommes fortement handicapés par l'arrêt de l’usine de Sour El-Ghozlane”, s’est-il plaint. En guise de réponse, le chef de l’Exécutif de Bouira l’a rassuré sur le fait que “l’ensemble du stock disponible est exclusivement réservé aux chantiers de la wilaya”.

La cimenterie de Sour El-Ghozlane de nouveau en service
Voulant en savoir plus sur le sujet, attache a été prise avec le directeur du commerce et des prix (DCP) de Bouira, M. Ahmed Ghomri. Ce dernier a assuré qu’au niveau de ses services “aucune pénurie n’est enregistrée” et que les stocks de ciment sont “suffisants” pour faire face à l’arrêt technique de la cimenterie de Sour El-Ghozlane. “Nos services ne s’occupent pas des détaillants, ils livrent les entreprises et les chantiers publics”, a-t-il affirmé, avant de nous informer que la cimenterie de Sour El-Ghozlane a repris du service lundi après-midi. “Selon mes informations, cette cimenterie a repris du service hier (lundi, ndlr) après quelques problèmes techniques.” En outre et en dépit de nos multiples tentatives de contacter le DG de la cimenterie de Sour El-Ghozlane, M. Brahim Bibi, ce dernier demeurait injoignable. Malgré ces assurances, il en demeure pas moins que le marché du ciment à Bouira comme ailleurs reste “très fragile” et soumis au diktat des spéculateurs.

RAMDANE BOURAHLA

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La “mafia du ciment” affole le marché

Par philhadj Temps de lecture: 3 min
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