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C’est en présence d’une grande foule que l’écrivain Amin Zaoui a dédicacé, avant-hier, à la librairie multilivres Cheïkh-Omar à Tizi Ouzou, son essai “Un incendie au paradis !” (éditions Tafat). D’emblée, Amin Zaoui adressera ses vifs remerciements aux lectrices et lecteurs de la wilaya de Tizi Ouzou, venus nombreux à cette séance d’échange. “Je suis très heureux de voir, de plus en plus, un lectorat favorable à mes livres et à la littérature en général. Aujourd’hui, on a fêté ce livre, Un incendie au paradis !, que je conseille à lire et que je considère, avec toute modestie, comme un livre citoyen.” Le livre traite, selon Amin Zaoui, de trois sujets fondamentaux dans notre société : “Il y a tout d’abord la religion, qui est devenue malheureusement un fonds de commerce politique, et qui devient, une fois politisée, une menace pour la paix sociale, pour la liberté et la modernité”. Le deuxième sujet évoqué par l’auteur est la femme. “Sans la visibilité économique, culturelle et politique de la femme, un pays ne peut pas être moderne. La modernité c’est d’abord la femme et sa citoyenneté. Malheureusement, il est constaté que la femme est encore au deuxième collège”, estimera Amin Zaoui. La troisième problématique citée dans ce livre est la culture. “J’ai beaucoup évoqué des langues que je défends d’ailleurs. La diversité linguistique dans notre pays est la seule qui puisse garantir l’unité nationale. Cette diversité linguistique regroupant l’arabe, tamazight et le français peut constituer pour notre pays un havre pour faire de lui un pays fort, moderne et ouvert sur l’autre, et le réconcilier avec lui-même”. Et d’ajouter : “J’ai parlé aussi des cultures. Je considère qu’un pays qui ne respecte pas les autres cultures universelles ne peut pas conserver sa culture et ne peut pas être en dialogue civilisationnel avec l’autre. La diversité garantit la promotion des langues. On ne peut pas, dans le cas de l’Algérie, promouvoir une langue sans cette diversité. Les langues aussi s’aiment entre elles, il y a une concurrence, une jalousie et, dans les deux cas, il y a l’amour.” Sur un autre volet, pour l’écrivain, il est plus que nécessaire aujourd’hui de séparer la religion de la science et de la littérature. Seule cette séparation, a-t-il dit, peut donner à notre culture et éducation une voie positive. “Séparer la religion de la politique donne une vie politique et spirituelle saine. Sans cette séparation des deux pouvoirs, à savoir le pouvoir religieux et le pouvoir civil, la société ne peut pas avancer. Si on veut respecter le débat politique et la spiritualité religieuse, il faut séparer les deux. Malheureusement, jusqu’à maintenant, il y a une commercialisation dans la religion, et ce, pour avancer quelques pas dans le politique”, a encore estimé l’auteur. Et concernant la démission des intellectuels qu’il avait évoqués au début du livre, l’écrivain Amin Zaoui, affirmera que “les universitaires sont devenus des instituteurs”, car, a-t-il précisé, “un universitaire est celui qui possède de la culture. Seulement, chez nous, ils ne participent pas aux débats intellectuels, politiques et sociétaux pour faire avancer la société. Ils ne guident pas les débats intellectuels. La scène de débats est abandonnée”. K. Tighilt

“La religion est devenue un fonds de commerce politique”

C’est en présence d’une grande foule que l’écrivain Amin Zaoui a dédicacé, avant-hier, à la librairie multilivres Cheïkh-Omar à Tizi Ouzou, son essai “Un incendie au paradis !” (éditions Tafat).

D’emblée, Amin Zaoui adressera ses vifs remerciements aux lectrices et lecteurs de la wilaya de Tizi Ouzou, venus nombreux à cette séance d’échange. “Je suis très heureux de voir, de plus en plus, un lectorat favorable à mes livres et à la littérature en général. Aujourd’hui, on a fêté ce livre, Un incendie au paradis !, que je conseille à lire et que je considère, avec toute modestie, comme un livre citoyen.”
Le livre traite, selon Amin Zaoui, de trois sujets fondamentaux dans notre société : “Il y a tout d’abord la religion, qui est devenue malheureusement un fonds de commerce politique, et qui devient, une fois politisée, une menace pour la paix sociale, pour la liberté et la modernité”. Le deuxième sujet évoqué par l’auteur est la femme.
“Sans la visibilité économique, culturelle et politique de la femme, un pays ne peut pas être moderne. La modernité c’est d’abord la femme et sa citoyenneté. Malheureusement, il est constaté que la femme est encore au deuxième collège”, estimera Amin Zaoui. La troisième problématique citée dans ce livre est la culture. “J’ai beaucoup évoqué des langues que je défends d’ailleurs. La diversité linguistique dans notre pays est la seule qui puisse garantir l’unité nationale. Cette diversité linguistique regroupant l’arabe, tamazight et le français peut constituer pour notre pays un havre pour faire de lui un pays fort, moderne et ouvert sur l’autre, et le réconcilier avec lui-même”. Et d’ajouter : “J’ai parlé aussi des cultures. Je considère qu’un pays qui ne respecte pas les autres cultures universelles ne peut pas conserver sa culture et ne peut pas être en dialogue civilisationnel avec l’autre. La diversité garantit la promotion des langues. On ne peut pas, dans le cas de l’Algérie, promouvoir une langue sans cette diversité. Les langues aussi s’aiment entre elles, il y a une concurrence, une jalousie et, dans les deux cas, il y a l’amour.” Sur un autre volet, pour l’écrivain, il est plus que nécessaire aujourd’hui de séparer la religion de la science et de la littérature. Seule cette séparation, a-t-il dit, peut donner à notre culture et éducation une voie positive. “Séparer la religion de la politique donne une vie politique et spirituelle saine. Sans cette séparation des deux pouvoirs, à savoir le pouvoir religieux et le pouvoir civil, la société ne peut pas avancer. Si on veut respecter le débat politique et la spiritualité religieuse, il faut séparer les deux. Malheureusement, jusqu’à maintenant, il y a une commercialisation dans la religion, et ce, pour avancer quelques pas dans le politique”, a encore estimé l’auteur.
Et concernant la démission des intellectuels qu’il avait évoqués au début du livre, l’écrivain Amin Zaoui, affirmera que “les universitaires sont devenus des instituteurs”, car, a-t-il précisé, “un universitaire est celui qui possède de la culture. Seulement, chez nous, ils ne participent pas aux débats intellectuels, politiques et sociétaux pour faire avancer la société. Ils ne guident pas les débats intellectuels. La scène de débats est abandonnée”.

K. Tighilt

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