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C’est pour la première fois dans l’histoire du mouvement ouvrier que des travailleurs interdisent à leurs collègues de parler de la PRI, PRC ou de promotion.

La SNVI, un colosse aux pieds d’argile

C’est pour la première fois dans l’histoire du mouvement ouvrier que des travailleurs interdisent à leurs collègues de parler de la PRI, PRC ou de promotion.

La direction de la SNVI s’exprime sur la réalité de l’entreprise. Le P-DG a livré, jeudi, certaines vérités qui la font apparaître désormais comme un “colosse au pied d’argile”. Tout est parti d’une simple panne d’ordinateur, qui a bloqué à la veille du 1er novembre, la paie des 2 000 travailleurs. Une panne qui a permis de découvrir de nombreuses autres anomalies toutes aussi graves, qui risquent d’hypothéquer l’avenir de la plus grande entreprise publique du pays.
Une situation qui a poussé les 7 000 ouvriers à exiger la levée du voile sur leur entreprise à la dérive à cause d’un problème de management et de gestion. Le P-DG les a entendus et a pris sur lui d’organiser une assemblée générale pour justifier l’arrêt de la production qui menace la pérennité de l’entreprise. Et, fait inédit, c’est pour la première fois dans l’histoire du mouvement ouvrier que des travailleurs interdisent à leurs collègues de parler de la PRI, PRC ou de promotion.
“Le sujet, c’est l’outil de production et le devenir de la SNVI, rien que ça”, clament-ils. La palette de revendications classiques a changé, pour une fois, de couleurs, avant-hier, lors de l’AG, qui a réuni près d’un millier de travailleurs. Deux années d’inactivité, des crédits d’investissement non consommés, des difficultés financières, des machines inutilisables, une toiture suintant l’eau de pluie, des autocars livrés avec des réserves, renvoyés par les clients, des véhicules non livrés à cause du manque de pièces, d’autres restés bloqués pour une simple ceinture de sécurité, un bon de commande de deux ans non satisfait, des fournisseurs locaux non payés faute d’argent, des machines qui n’ont pas fonctionné depuis 10 ans… et la liste est longue.
Et c’est le P-DG, Malek Salah, qui a été obligé de dresser ce constat suite l’insistance des travailleurs. Aux commandes de la SNVI depuis seulement huit mois, le P-DG a livré quelques vérités sur le mal qui ronge l’entreprise. Malgré son optimisme sur l’avenir de la SNVI, grâce au plan d’investissement de 110 milliards de dinars d’aide de l’État, le P-DG laisse entendre que certaines filiales sont minées par des problèmes de compétences et de management. Un sentiment partagé par les travailleurs et les syndicalistes présents à cette rencontre.
M. Malek a souligné que “ces filiales sont autonomes, ont leurs dirigeants, leurs propres conseils d’administration, leurs propres assemblées générales et j’insiste sur ce point”. Les travailleurs insistent pour connaître les raisons de cette faillite en demandant au P-DG des explications sur la paralysie de la production. “Oui je reconnais que nous avons enregistré un retard pour l’élaboration des cahiers des charges et le lancement des appels d’offres et nous n’avons pas consommé totalement les 12 milliards qui nous ont été accordés par l’État depuis 2012 au titre de l’investissement”, a-t-il répondu en soulignant que “70% des crédits ont été consommés, soit mieux que toutes les entreprises algériennes qui n’ont pas dépassé les 10% de consommation”, précise-t-il. Il reconnaît que “certaines machines sont réparées grâce au génie des travailleurs” et que des bus ne sont pas livrés à cause d’un toit ou des camions immobilisés à cause d’une ceinture de sécurité non conformes. “Au niveau de l’unité VIR, nous avons plus de 13 milliards de stock alors qu’on fait seulement 10 milliards de chiffre d’affaires, ce stock est dû surtout à la mauvaise définition des besoins des pièces et des commandes”, dira le P-DG qui n’écarte pas l’idée de recourir au partenariat pour sortir la SNVI de la zone rouge. “Les pouvoirs publics nous ont octroyé un plan d’investissement de plus de 110 milliards de dinars dont 40 milliards destinés à la filiale VIR (Véhicules industriels de Rouiba), cette enveloppe doit être consommée dans deux ans sinon l’État va nous la retirer”, avertit-il. Pour les perspectives, le P-DG parle d’un programme de reconversion de 11 000 bus diesel pour les adapter au gaz naturel pour véhicule (GNV) et gaz naturel comprimé (GNC). “Nous devons désormais produire ce genre de véhicules, c’est un créneau à exploiter, un prototype est en cours de fabrication”, dira-t-il. Il évoque le projet (encore à l’étude) d’un bus 4×4 que la SNVI compte lancer ou encore celui d’un camion de 9 tonnes. “Nous devons nous mettre au travail pour concrétiser les objectifs et rattraper le retard”, dit-il.

M. T.

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Par philhadj Temps de lecture: 3 min
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