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Devant une opposition armée presque écrasée par le régime de Damas, l’Arabie saoudite et ses alliés cherchent à couper l’herbe sous les pieds des partisans du dialogue politique en Syrie. Principaux soutiens de l’opposition syrienne dans la région, Ankara et Riyad, dont les intérêts ne sont pas forcément similaires, envisagent d’intervenir au sol pour stopper le retour en force de l’armée de Bachar al-Assad, qui fausse tous leurs calculs. Devant ces développements, l’Arabie saoudite a annoncé son intention d’envoyer des soldats si la coalition antiterroriste menée par Washington décidait d'une opération terrestre, alors que la Turquie est soupçonnée de vouloir créer une zone tampon dans le nord de la Syrie pour mieux contrôler la situation et éventuellement empêcher la création d’un État kurde. Cette option est également partagée par les Émirats arabes unis, qui ont estimé hier que la campagne internationale en Syrie contre les terroristes du groupe État islamique devrait inclure des forces terrestres et rester placée “sous commandement américain”. Ainsi, la Syrie est victime des visées géostratégiques d’Ankara et de Riyad, déterminés à venir en aide à l’opposition syrienne actuellement écrasés par les forces du régime de Bachar al-Assad. Ces deux pays envisageraient une intervention coordonnée de leurs forces, bien que la Turquie laisse planer des doutes sur la nature de son implication. En réponse à l’accusation de la Russie, qui a affirmé qu’elle possède des éléments laissant croire que la Turquie prépare une intervention terrestre en Syrie, le président turc a rétorqué : “C’est risible.” Mais Ankara ne cache plus son irritation du soutien des États-Unis aux Kurdes de Syrie, dénoncés hier par Recep Tayyip Erdogan comme proches des rebelles qui mènent la guérilla en Turquie. Il a exhorté Washington à choisir entre lui et “les terroristes de Kobané”. Le chef de l’État turc a particulièrement critiqué la visite rendue récemment aux combattants des Unités de protection du peuple (YPG) qui contrôlent la ville syrienne de Kobané par Brett McGurk, l'envoyé spécial du président américain Barack Obama pour la coalition internationale antiterroriste. De son côté, le royaume wahhabite s’inquiète du sort des groupes rebelles armés qui combattent le régime du président Assad et qui viennent d'encaisser plusieurs défaites de taille. Ils sont quasiment encerclés dans le nord à Alep, la deuxième ville du pays. “C’est un problème pour l'Arabie saoudite et le Qatar qui ont massivement investi en Syrie en soutenant l'opposition modérée”, estime Andreas Krieg, professeur au King's College de Londres et consultant pour les forces armées du Qatar. Selon lui, “les Turcs et les Saoudiens doivent renverser le rapport des forces sur le terrain” en remettant les rebelles en selle, tout en soulignant que “tout engagement saoudien sera effectué en coopération avec Doha et Ankara”. En attendant, Damas a sévèrement réagi en affirmant par la voix de son ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem : “Que personne ne pense à agresser la Syrie ou à violer sa souveraineté car nous enverrons (les agresseurs), qu'ils soient Saoudiens ou Turcs, dans des cercueils en bois dans leur pays.” Merzak Tigrine

La Syrie victime de visées géopolitiques

Devant une opposition armée presque écrasée par le régime de Damas, l’Arabie saoudite et ses alliés cherchent à couper l’herbe sous les pieds des partisans du dialogue politique en Syrie.

Principaux soutiens de l’opposition syrienne dans la région, Ankara et Riyad, dont les intérêts ne sont pas forcément similaires, envisagent d’intervenir au sol pour stopper le retour en force de l’armée de Bachar al-Assad, qui fausse tous leurs calculs.
Devant ces développements, l’Arabie saoudite a annoncé son intention d’envoyer des soldats si la coalition antiterroriste menée par Washington décidait d'une opération terrestre, alors que la Turquie est soupçonnée de vouloir créer une zone tampon dans le nord de la Syrie pour mieux contrôler la situation et éventuellement empêcher la création d’un État kurde. Cette option est également partagée par les Émirats arabes unis, qui ont estimé hier que la campagne internationale en Syrie contre les terroristes du groupe État islamique devrait inclure des forces terrestres et rester placée “sous commandement américain”. Ainsi, la Syrie est victime des visées géostratégiques d’Ankara et de Riyad, déterminés à venir en aide à l’opposition syrienne actuellement écrasés par les forces du régime de Bachar al-Assad. Ces deux pays envisageraient une intervention coordonnée de leurs forces, bien que la Turquie laisse planer des doutes sur la nature de son implication.
En réponse à l’accusation de la Russie, qui a affirmé qu’elle possède des éléments laissant croire que la Turquie prépare une intervention terrestre en Syrie, le président turc a rétorqué : “C’est risible.” Mais Ankara ne cache plus son irritation du soutien des États-Unis aux Kurdes de Syrie, dénoncés hier par Recep Tayyip Erdogan comme proches des rebelles qui mènent la guérilla en Turquie. Il a exhorté Washington à choisir entre lui et “les terroristes de Kobané”. Le chef de l’État turc a particulièrement critiqué la visite rendue récemment aux combattants des Unités de protection du peuple (YPG) qui contrôlent la ville syrienne de Kobané par Brett McGurk, l'envoyé spécial du président américain Barack Obama pour la coalition internationale antiterroriste. De son côté, le royaume wahhabite s’inquiète du sort des groupes rebelles armés qui combattent le régime du président Assad et qui viennent d'encaisser plusieurs défaites de taille. Ils sont quasiment encerclés dans le nord à Alep, la deuxième ville du pays. “C’est un problème pour l'Arabie saoudite et le Qatar qui ont massivement investi en Syrie en soutenant l'opposition modérée”, estime Andreas Krieg, professeur au King's College de Londres et consultant pour les forces armées du Qatar. Selon lui, “les Turcs et les Saoudiens doivent renverser le rapport des forces sur le terrain” en remettant les rebelles en selle, tout en soulignant que “tout engagement saoudien sera effectué en coopération avec Doha et Ankara”. En attendant, Damas a sévèrement réagi en affirmant par la voix de son ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem : “Que personne ne pense à agresser la Syrie ou à violer sa souveraineté car nous enverrons (les agresseurs), qu'ils soient Saoudiens ou Turcs, dans des cercueils en bois dans leur pays.”

Merzak Tigrine

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