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L’argent de l’informel, l’autre casse-tête

L’État semble vouloir faire disparaître les zones de non-droit où pullule l’informel et récupérer l’argent qui y prolifère. Mais, le peut-il ? Pour des spécialistes, au fait de la structure et de l’évolution de l’économie nationale, il n’y a pas matière à optimisme dans le procédé établi par le gouvernement pour attirer l’argent de l’informel, dans un contexte de crise économique.
Il y a ainsi peu de chances que l’amnistie fiscale, appelée pudiquement “mise en conformité fiscale volontaire (MCFV)”, aboutisse à ce à quoi aspirent ses initiateurs. La preuve, les chiffres avancés autour de l’opération sont chétifs. Intervenant, hier, sur les ondes de la Radio nationale, le ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, a fourni une indication globale : 140 milliards de dinars, tirés des paiements par chèque pour les achats de véhicules et l’acquisition de biens immobiliers, mais également de l’opération de mise en conformité fiscale. Il y a toujours une pièce manquante dans le puzzle, car, l’objectif assigné à la MCFV n’est pas clairement défini.
En effet, le dispositif dont il est question prévoit une date limite pour la MCFV, mais reste muet sur les mesures que l’État prendra à l’égard de ceux qui ne se seraient pas conformés à cette date, une situation qui entretient un flou propice aux spéculations telles que l’État procédera au changement des billets de banque ou autres. Cela a poussé, ces derniers temps, les détenteurs de cash non bancarisé à se réfugier vers des valeurs sûres comme l’or ou la devise dont les prix se sont d’ailleurs affolés depuis peu. L’informel a pris racine, dans une économie ouverte aux quatre vents, et ses acteurs sont devenus tellement puissants qu’ils défient l’autorité de l’État, des seconds couteaux continuant à l’alimenter sous l’aile “tutélaire” de barons. Toutes choses égales par ailleurs, l’informel n’est pas le propre de l’Algérie. Et, comme dans de nombreux pays, notamment dans ceux qui vivent des transitions économiques où la gouvernance fait encore du surplace, les fonds informels sont difficilement mobilisables et ils le resteront. Ils ne pourront basculer dans le circuit bancaire, que si les gros bonnets se font prendre et l’autorité de l’État prend l’ascendant.
Une amnistie à 7% (les personnes qui sont dans l’informel déposent leur argent dans les banques, en s’acquittant d’une taxe forfaitaire libératoire de 7%), cela ne les intéresse pas. Habitués qu’ils sont au gain facile à la lisière de la loi, ils ne veulent pas perdre au change. Et puis, ils n’ont jamais été inquiétés. Pourtant, il y a péril en la demeure, parce que l’économie dont ils se nourrissent est une menace pour l’économie structurée et pour la sécurité de l’État. Cela, les tenants de l’informel n’en ont cure.

Youcef Salami

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Par philhadj Temps de lecture: 2 min
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