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Décidément, la réélection d’Ali Ondimba Bongo était entachée d’irrégularités, révélées par les conversations des observateurs de l’Union européenne, qui étaient placés sous écoute par les autorités gabonaises. Dans un article publié hier sous le titre “Watergate au Gabon”, le journal français Le Journal du Dimanche révèle que les services secrets gabonais ont placé sur écoute des membres de la mission d’observation déployée par l’Union européenne pour surveiller l’élection présidentielle du 27 août dernier. Le contenu des conversations enregistrées atteste de leurs doutes sur la sincérité du résultat, selon cette publication, qui fait état des extraits d’une vingtaine d’enregistrements, et écrit qu’une des personnes écoutées a “formellement identifié sa propre voix”. Pour le JDD, qui n’a pas précisé comment il a obtenu les enregistrements, “les conversations enregistrées révèlent de lourdes suspicions de trucage des résultats” de la présidentielle gabonaise, officiellement remportée par le président sortant Ali Bongo Ondimba face au candidat de l’opposition Jean Ping. “Ils sont en train de chercher comment tricher et que ça ne se voit pas trop”, affirme fin août un des membres de la mission de l’UE, selon un de ces extraits, et ajoute : “Des urnes sont en cours d'acheminement à Libreville et vont faire la différence”. Il y a lieu de signaler que le certain Pierre B. qui est “la principale cible des services gabonais” selon le JDD, signalait le 30 août à un interlocuteur qu’il y a eu “des modifications de chiffres cette nuit sur Wikipédia”, en affirmant : “Ils ont gonflé la population du Haut-Ogooué ! C’est pas encourageant”. “Ils ont fait exactement ce que j’espérais qu’ils n’allaient pas faire”, commente le jour-même la chef adjointe de la mission de l'UE dans un échange avec Pierre B.. Les observateurs européens, qui étaient invités par le gouvernement gabonais, s’étaient montrés très critiques à l’issue du processus électoral, affirmant officiellement que l’analyse des résultats révélait “une évidente anomalie”. Vendredi, le gouvernement gabonais avait annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire sur la mission de l’Union européenne au motif de “dysfonctionnements dommageables en son sein”. Réagissant hier au contenu de l’article du JDD, le ministre gabonais de la Communication, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a estimé que ce n’était qu’un “contre-feu”. “C'est de l'enfumage pour maquiller l'implication de certains observateurs de l'Union européenne en faveur de l'opposition et le jeu trouble de certains diplomates européens”, a-t-il dit, avant d’ajouter que “cette mission est sortie de son rôle: elle n’a été ni neutre, ni impartiale”. Reste à savoir maintenant si l’Union européenne donnera suite à ces révélations, ou se limitera à en prendre acte seulement ? Merzak Tigrine

L’autre scandale de la réélection de Bongo

Décidément, la réélection d’Ali Ondimba Bongo était entachée d’irrégularités, révélées par les conversations des observateurs de l’Union européenne, qui étaient placés sous écoute par les autorités gabonaises.

Dans un article publié hier sous le titre “Watergate au Gabon”, le journal français Le Journal du Dimanche révèle que les services secrets gabonais ont placé sur écoute des membres de la mission d’observation déployée par l’Union européenne pour surveiller l’élection présidentielle du 27 août dernier.
Le contenu des conversations enregistrées atteste de leurs doutes sur la sincérité du résultat, selon cette publication, qui fait état des extraits d’une vingtaine d’enregistrements, et écrit qu’une des personnes écoutées a “formellement identifié sa propre voix”. Pour le JDD, qui n’a pas précisé comment il a obtenu les enregistrements, “les conversations enregistrées révèlent de lourdes suspicions de trucage des résultats” de la présidentielle gabonaise, officiellement remportée par le président sortant Ali Bongo Ondimba face au candidat de l’opposition Jean Ping. “Ils sont en train de chercher comment tricher et que ça ne se voit pas trop”, affirme fin août un des membres de la mission de l’UE, selon un de ces extraits, et ajoute : “Des urnes sont en cours d'acheminement à Libreville et vont faire la différence”. Il y a lieu de signaler que le certain Pierre B. qui est “la principale cible des services gabonais” selon le JDD, signalait le 30 août à un interlocuteur qu’il y a eu “des modifications de chiffres cette nuit sur Wikipédia”, en affirmant : “Ils ont gonflé la population du Haut-Ogooué ! C’est pas encourageant”.
“Ils ont fait exactement ce que j’espérais qu’ils n’allaient pas faire”, commente le jour-même la chef adjointe de la mission de l'UE dans un échange avec Pierre B.. Les observateurs européens, qui étaient invités par le gouvernement gabonais, s’étaient montrés très critiques à l’issue du processus électoral, affirmant officiellement que l’analyse des résultats révélait “une évidente anomalie”. Vendredi, le gouvernement gabonais avait annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire sur la mission de l’Union européenne au motif de “dysfonctionnements dommageables en son sein”. Réagissant hier au contenu de l’article du JDD, le ministre gabonais de la Communication, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a estimé que ce n’était qu’un “contre-feu”. “C'est de l'enfumage pour maquiller l'implication de certains observateurs de l'Union européenne en faveur de l'opposition et le jeu trouble de certains diplomates européens”, a-t-il dit, avant d’ajouter que “cette mission est sortie de son rôle: elle n’a été ni neutre, ni impartiale”. Reste à savoir maintenant si l’Union européenne donnera suite à ces révélations, ou se limitera à en prendre acte seulement ?

Merzak Tigrine

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L’autre scandale de la réélection de Bongo

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