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Le cahier des charges divise les professionnels de l’audiovisuel

Le projet de décret portant cahier des charges de l’audiovisuel ne semble pas faire l’unanimité chez les professionnels de l’audiovisuel. Pour preuve, au lendemain de la publication par l’APS de chapitres phares de ladite loi, le rédacteur en chef de la chaîne Khabar Broadcasting Corporation (KBC), Mohamed Iouanoughen, estime que “le problème ne sera jamais réglé tant que le pouvoir veut accaparer les entreprises, y compris celles qui créent les chaînes de télévision”. Notre interlocuteur, qui a, par ailleurs, commenté le pouvoir absolu de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav) d’exercer le droit de préemption au profit de l’État en cas de mise en vente, s’interroge si “cette mesure pourrait être consacrée du point de vue constitutionnel. Ce préalable pourrait toucher à la liberté d’expression et à la liberté d’entreprendre. Pour le moment, on ne sait rien”. Et de faire le parallèle avec l’affaire du rachat du groupe El Khabar par Ness-Prod, la filiale du groupe Cevital : “Le propriétaire a le droit d’avoir des idées et des convictions politiques en qualité de citoyen algérien ! Après, tous les courants de pensées doivent s’exprimer en toute liberté dans leurs tribunes. Cet état de fait ne se décrète pas, c’est une violation de plus commise par ce cahier des charges. Car, aujourd’hui, il n’existe qu’une seule tendance qui a les moyens de le faire, et du coup, cette même tendance interdit le monopole tout en l’exerçant ! Or, chaque groupe d’intérêt et chaque courant politique jouit du droit de développer sa propre chaîne de télévision ou son propre journal. Mais concernant le droit de préemption au profit de l’État, je pense qu’il a été ajouté pour répondre à la problématique de KBC. Ils ont créé une situation inédite et, du coup, ils ont trouvé une astuce pour éviter, à l’avenir, de tomber dans le piège !” M. Iouanoughen admet, toutefois, que “la promulgation d’un cahier des charges portant l’exercice de services de communication audiovisuelle est la bienvenue. C’est son contenu qui pose problème”. De son côté, le directeur de Dzaïr TV, Mohamed Hakem, dit que “ce cahier des charges vient assainir le secteur audiovisuel en Algérie, et comme son nom l’indique, il vient définir des garde-fous. J’ai toujours défendu ce principe, car c’est le seul moyen qui permet aux professionnels du secteur de savoir sur quel terrain évoluer”. À la question de savoir si cette loi allait mettre fin aux dérapages de certaines chaînes off-shore, M. Hakem a indiqué que “l’audiovisuel n’est pas seulement l’aspect politique ! Aujourd’hui, on doit mettre fin aux propos diffamatoires, racistes, sexistes et régionalistes sur les plateaux de télévision, mais aussi les scènes de violence”. Concernant le droit de préemption au profit de l’État en cas de cessibilité d’une chaîne, M. Hakem estime qu’il s’agit d’“une mesure conservatoire. Si demain la personne physique ou morale décide de vendre, l’Autorité de régulation (Arav, ndlr) doit étudier, au préalable, la cessibilité de l’autorisation. Pour comprendre ce cahier de charges, il faudra voir ce qui se fait ailleurs ! Les Algériens ont bien obéi au cahier des charges des pays où ils ont créé des chaînes offshore. C’est le cas dans notre pays, et ce sont presque les mêmes dispositions réglementaires ! Cela va de l’origine des capitaux jusqu’à l’incessibilité de l’agrément, en privilégiant les productions et les langues nationales. Aujourd’hui, je pense que l’essentiel est d’assainir ce secteur qui évolue dans l’informel et de suivre graduellement son évolution dans un cadre clair et légal. Après, les lois ne sont pas figées !”.

FARID BELGACEM

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Par philhadj Temps de lecture: 3 min
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