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L’accès aux sources de l’information n’est pas pour bientôt, bien que ce soit un droit intégré dans le projet de la révision constitutionnelle.

Le DG de la Cnas se livre aux députés, mais pas à la presse

L’accès aux sources de l’information n’est pas pour bientôt, bien que ce soit un droit intégré dans le projet de la révision constitutionnelle.

Le directeur de la Caisse nationale des assurances sociales (Cnas), Hassan Haddam Tidjani, et les députés de la commission des affaires étrangères, de l’émigration et de la coopération de l'Assemblée populaire nationale (APN) qui l’ont auditionné hier, semblent s’être passé le mot pour ne rien divulguer de leur entretien pour lequel ils ont pourtant dûment invité les médias.
La presse, qui avait là une bonne opportunité de poser des questions quant aux créances auprès de la Cnas que réclament les hôpitaux français, a eu à vérifier, une fois de plus, que l’accès aux sources de l’information n’est pas pour bientôt, bien que ce soit un droit intégré dans le projet de révision de la Constitution. Les journalistes se sont vu intimer l’ordre de quitter les lieux sitôt terminée l’ouverture protocolaire de l’audition. Une attitude, pour le moins méprisante, que les augustes membres de la commission ont justifiée par le règlement intérieur de l'Assemblée qui, selon eux, stipulerait que “les commissions se tiennent à huis clos”.
Qu’y a-t-il de si secret à cacher s’agissant de la Cnas au point de s’abriter derrière le mutisme même bien après le “huis clos” ? Est-ce le dossier des impayés de la Cnas auprès des hôpitaux français qui est gênant ? L’on sait que le dossier a été au menu de l’audition, puisque le DG de la Cnas, à l’ouverture de la réunion, a rappelé, quoique furtivement, le cadre législatif régissant la prise en charge des assurés sociaux à l'étranger, puisque c'est à cet effet qu'il a été convoqué par les députés représentant la communauté algérienne à l'étranger et particulièrement en France où les dettes de la Cnas s’élèveraient à des “millions d'euros”. Interrogé sur cette question précise, M. Tidjani a catégoriquement refusé de répondre à la moindre question des journalistes tant, souligne-t-il fermement, qu’“il s'agit d'une rencontre à huis clos” ! Inutile d’insister auprès de lui. “Si vous voulez avoir des informations sur tout ce qui concerne le secteur, les portes de la Cnas restent toujours ouvertes pour vous et vous n'avez qu'à y venir pour nous poser des questions”, a-t-il martelé devant des journalistes qui l'interpellaient notamment sur la problématique des dettes de la Cnas auprès des hôpitaux français.
Contacté par téléphone, juste après cette réunion, M. Tidjani ne changera pas de position. “Comme je l'ai déjà dit tout à l'heure à l'APN, venez à la Cnas pour poser vos questions. Je n'ai aucune réponse à vous donner au téléphone”, a-t-il sèchement répondu à notre appel. Les députés n'ont pas fait mieux puisque, eux aussi, ont fui toutes les questions des journalistes préférant “s'expliquer” à huis clos avec leur invité du jour. “L'objectif de cette commission n'était pas de savoir si la Cnas est endettée ou pas. Nous voulions plutôt nous informer sur le fonctionnement de la Cnas par rapport à la prise en charge des assurés sociaux à l'étranger”, nous dira, à l'issue de la réunion, le président de la commission, laissant entendre ainsi que même quelques années après leur élection en 2012, les députés ignorent encore le cadre législatif régissant la prise en charge des citoyens qu'ils représentent ! D'autres députés ayant également pris part à cette commission, même s'ils ont requis l'anonymat, on ne sait pour quelle raison, nous ont néanmoins confié que M. Tidjani assure que la Cnas n'aurait “plus aucune dette” pour avoir “tout réglé avec les hôpitaux français”.
Il aurait affirmé, ajoute notre source, si des hôpitaux français parlent encore de dettes c’est parce qu'ils “confondraient” entre les engagements de la Cnas et des soins qu'ils auraient assurés à des Algériens dans un “cadre privé”.
Et pour élucider tout cela, il a promis aux députés de rendre public un “communiqué détaillé” dans “les tout prochains jours”. Il convient de rappeler, à ce titre, que la secrétaire d'État française chargé de la Santé, Nora Berra avait indiqué, à l'occasion de sa visite à Alger en 2012, que les dettes de la Cnas auprès des hôpitaux français s'élevaient à “32 millions d'euros”.

Farid Abdeladim

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Le DG de la Cnas se livre aux députés, mais pas à la presse

Par philhadj Temps de lecture: 3 min
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