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“Les procès n’intéressent pas beaucoup l’opinion, car la justice n’a pas les coudées franches et est donc incapable de faire éclater la vérité et rendre justice”, a souligné le responsable du projet. La Ligue algérienne de la défense des droits de l’Homme (Laddh) a organisé ce week-end, à Alger, un colloque pour faire le point sur l’Observatoire algérien des procès (OAP) lancé depuis mai 2015 et finaliser ce qui sera le nouveau guide des observateurs membres de cette organisation. Ont participé à ce colloque une quarantaine de délégués des wilayas de Béjaïa, de Tizi Ouzou, d’Alger et de Ghardaïa, ainsi que des membres de la société civile. Ouvrant les travaux de cette rencontre, Me Zehouane, président de la Laddh, a mis en exergue l’importance de l’Observatoire dans la réforme de la justice et sa réhabilitation. “Le problème de la justice est au cœur de toutes les sociétés. Il n’y a aucun pays au monde où la justice est parfaite. En Algérie, le secteur de la justice est sinistré depuis l’indépendance, car l’élite de l’époque n’a pas investi dans la formation. Aujourd’hui, il s’agit d’aider à mettre en place les fondements des droits de l’Homme dans le pays”, a-t-il déclaré, tout en mettant en garde contre l’absence de la justice qui conduirait, selon lui, d’une situation d’anarchie à une autre. De son côté, Saïd Salhi, vice-président de la Laddh et chargé du projet de l’Observatoire, a indiqué que “l’instrument mis en place depuis deux ans permet aux citoyens les plus vulnérables d’avoir accès à une justice équitable, car il y a une perte de confiance dans la justice algérienne qui est devenue lente et bureaucratique”. Et d’ajouter : “La structure a, également, la charge d’évaluer toutes les réformes du système juridique et administratif mises en œuvre par les autorités.” M. Salhi a affirmé, ainsi, qu’il existe toujours “des insuffisances” qu’il faut combler. “En dépit des réformes engagées depuis 1999 et des efforts consentis, le regard du citoyen vis-à-vis de cette institution n’a pas beaucoup changé (…) Les procès en cours à Alger ne mobilisent pas grand monde et n’intéresse pas beaucoup l’opinion, car, pour la majorité, la justice n’a pas les coudées franches et est donc incapable de faire éclater la vérité et rendre justice”, a encore souligné le responsable du projet. Abordant le processus de mise en place de l’OAP, M. Salhi a expliqué que “pour la mise en place de l’Observatoire, nous avons bénéficié de l’expérience de différentes ONG, à l’instar d’Amnesty International, d’associations marocaines et tunisiennes, ainsi que de l’Union européenne.” Il a rappelé les différentes étapes par lesquelles l’Observatoire est passé depuis sa création et son entrée en activité, avec l’observation de 8 procès. Au-delà de l’analyse des dysfonctionnements de la justice, le colloque a permis de communiquer sur l’expérience de l’Observatoire algérien des procès, ses missions, son mandat, sa composante, sa feuille de route et les perspectives de son travail et de sa reconnaissance. L’on a appris ainsi que l’Observatoire a formé près de 100 personnes dans différentes wilayas du pays. “Ce projet offre une nouvelle opportunité pour les nouveaux observateurs afin de développer leurs compétences et améliorer leurs capacités en vue de faire respecter les droits de l’Homme et les normes de procès équitable”, a conclu le vice-président de la Laddh. DJAZIA SAFTA

Le guide de l’Observatoire algérien des procès finalisé

“Les procès n’intéressent pas beaucoup l’opinion, car la justice n’a pas les coudées franches et est donc incapable de faire éclater la vérité et rendre justice”, a souligné le responsable du projet.

La Ligue algérienne de la défense des droits de l’Homme (Laddh) a organisé ce week-end, à Alger, un colloque pour faire le point sur l’Observatoire algérien des procès (OAP) lancé depuis mai 2015 et finaliser ce qui sera le nouveau guide des observateurs membres de cette organisation. Ont participé à ce colloque une quarantaine de délégués des wilayas de Béjaïa, de Tizi Ouzou, d’Alger et de Ghardaïa, ainsi que des membres de la société civile.
Ouvrant les travaux de cette rencontre, Me Zehouane, président de la Laddh, a mis en exergue l’importance de l’Observatoire dans la réforme de la justice et sa réhabilitation. “Le problème de la justice est au cœur de toutes les sociétés. Il n’y a aucun pays au monde où la justice est parfaite. En Algérie, le secteur de la justice est sinistré depuis l’indépendance, car l’élite de l’époque n’a pas investi dans la formation. Aujourd’hui, il s’agit d’aider à mettre en place les fondements des droits de l’Homme dans le pays”, a-t-il déclaré, tout en mettant en garde contre l’absence de la justice qui conduirait, selon lui, d’une situation d’anarchie à une autre. De son côté, Saïd Salhi, vice-président de la Laddh et chargé du projet de l’Observatoire, a indiqué que “l’instrument mis en place depuis deux ans permet aux citoyens les plus vulnérables d’avoir accès à une justice équitable, car il y a une perte de confiance dans la justice algérienne qui est devenue lente et bureaucratique”. Et d’ajouter : “La structure a, également, la charge d’évaluer toutes les réformes du système juridique et administratif mises en œuvre par les autorités.” M. Salhi a affirmé, ainsi, qu’il existe toujours “des insuffisances” qu’il faut combler. “En dépit des réformes engagées depuis 1999 et des efforts consentis, le regard du citoyen vis-à-vis de cette institution n’a pas beaucoup changé (…) Les procès en cours à Alger ne mobilisent pas grand monde et n’intéresse pas beaucoup l’opinion, car, pour la majorité, la justice n’a pas les coudées franches et est donc incapable de faire éclater la vérité et rendre justice”, a encore souligné le responsable du projet. Abordant le processus de mise en place de l’OAP, M. Salhi a expliqué que “pour la mise en place de l’Observatoire, nous avons bénéficié de l’expérience de différentes ONG, à l’instar d’Amnesty International, d’associations marocaines et tunisiennes, ainsi que de l’Union européenne.” Il a rappelé les différentes étapes par lesquelles l’Observatoire est passé depuis sa création et son entrée en activité, avec l’observation de 8 procès. Au-delà de l’analyse des dysfonctionnements de la justice, le colloque a permis de communiquer sur l’expérience de l’Observatoire algérien des procès, ses missions, son mandat, sa composante, sa feuille de route et les perspectives de son travail et de sa reconnaissance.
L’on a appris ainsi que l’Observatoire a formé près de 100 personnes dans différentes wilayas du pays. “Ce projet offre une nouvelle opportunité pour les nouveaux observateurs afin de développer leurs compétences et améliorer leurs capacités en vue de faire respecter les droits de l’Homme et les normes de procès équitable”, a conclu le vice-président de la Laddh.

DJAZIA SAFTA

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Le guide de l’Observatoire algérien des procès finalisé

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