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Plus d’un lecteur a remarqué ce phénomène qui se répète : chaque fois qu’un régime corrompu soutenu par Washington est menacé, les terroristes apparaissent. Partout où il y a de la corruption, l’impérialisme a réussi.

Le pouvoir compradore et l’impérialisme (Partie 02)

Partie 01

Au cœur du dispositif de gouvernance, ont a pu créer un vide pour laisser se propager la déséducation dans la rue, les milieux scolaires, professionnels et favoriser la complaisance. Ce pouvoir compradore entretient et organise le commerce de la drogue et la prostitution, dont le but évident est d’anesthésier et de neutraliser la jeunesse algérienne. L’accoutumance à la régression s’est incrustée durablement dans toutes les structures, sociale, économique, mentale, est devient le sacerdoce de ce pouvoir.

Avec sa main basse sur l’économie, l’attitude du pouvoir des compradores a été empreinte de relents mafieux. Le pouvoir compradore mercenaire considère que tout ce qui peut exister dans notre pays est assimilable à une prise de guerre (Un ex Général, qui une réputation de gangster, profitant de sa fonction et de son grade, spolie une caserne appartenant au DRS à Telemly, l’a revend à 2 milliards de DA) .

Je vais vous livrer un chiffre accablant. Le volume des importations de 200 importateurs parmi les 23000 que compte l’Algérie, atteint les 38 milliards de dollars; les 22800 importateurs restant, se partagent entre eux 12 milliards $ d’importations. Ce chiffre de la banque d’Algérie, illustre parfaitement l’ampleur et le haut niveau de concentration de la rente au profit d’une petite minorité, soit un sur cent, surpassant loi du 80/20.

Cette main basse sur l’économie empêche l’économie nationale d’être performante pour permettre la prospérité matérielle et le progrès social. Sur le plan doctrinal, c’est l’esprit de rente qui a présidé à la formulation de la politique économique et une bonne gestion des ressources nationales devait se limiter au partage inégal.

Notre principale ressource nationale est devenue l’otage de vulgaires marchands de carburants.

Un rapport confidentiel dont mot ne filtre, indique que nos ressources d’hydrocarbures vont diminuer de façon drastique de moitié dans 2 ans et s’arrêteront net dans moins de 7 ans.

Pour rappel, L’économie compradore, sur un plan doctrinal telle qu’elle est enseignée, est la juxtaposition de 3 économies malsaines, l’économie de Bazar qui enfante la médiocrité, l’économie informelle qui génère la criminalité et enfin l’économie de la pauvreté (relire Galbraith) qui massifie le misérabilisme. A cela il faut ajouter l’enrichissement sans cause et la fuite des capitaux à l’étranger.

Le système éducatif et de formation, a réussi à déséduquer et a été détourné de sa vocation et son instrumentation à servi à produire des générations d’analphabètes, sans connaissance, sans aptitudes et même sans attitudes. En tout cas plus de 1,5 millions d’étudiants qu’abritent nos universités actuellement sont incapables de répondre aux exigences de la vie moderne, n’ont aucun potentiel de formation minimum pour assimiler et contextualiser les récentes mutations technologiques selon les normes internationales, et de se mouler aux besoins du marché de l’emploi d’un pays émergent.

Cette inadéquation qualitative entre la formation et le marché de l’emploi constituera une barrière infranchissable à l’avenir pour l’industrialisation et le développement de l’Algérie. Toutes les parties s’enchaînent de façon systémique et interagissent les unes aux autres, toute chose égale par ailleurs, la conséquence directe a été la fatale clochardisation de l’école.

La reconduction de la langue du colonialisme, véritable poison de guerre, à l’origine de l’échec de notre développement économique (et non butin de guerre). En reconduisant par mimétisme l’ « entièreté » du système colonial, nous avons laissé in situ, les antennes et les radars d’écoute allumés et intactes du colonialisme, un biais, dont la conséquence tragique a été la réduction, le rétrécissement voir la fermeture des champs universelles du possible pour accéder à une réelle autonomie et indépendance.

Tout sera régenté par Paris et Barjolet qui a entre les mains, naturellement, une redoutable arme néocoloniale : la langue Française, qui a servi d’une part à notre asservissement économique et d’autre part a constitué un solide rempart empêchant l’appropriation de notre grande langue Arabe, la langue de l’Islam, la langue du Paradis, et la langue de notre civilisation universelle, qui fût pratiquement éradiquée durant la période coloniale.

De l’échec de l’école et de son vecteur principal et unique, la langue Arabe, nous retiendrons que c’est de là où tout s’est joué et c’est de là où tout a été perdu.

Le langage algérien est constitutivement aporique (la contradiction, insoluble dans le raisonnement).

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Tout est langage disait Heidegger. Un peuple sans langage, sans langue cohérente et structurée, est un peuple décérébré, est incapable de communiquer socialement et de lever les équivoques, d’accéder à tout développement social, économique, civilisationnel et aux sciences de la nature.

Seule une langue cohérente, structurée, non polluée linguistiquement, intelligible, constituera l’unique rempart contre toutes les incivilités et l’entropie sociale y afférente.

La demande de reconnaissance par nos groupes sociaux via le biais de la langue Arabe, intelligible et non polluée linguistiquement servira à amortir tous les affrontements et les rapports d’hostilité sociaux.

Car la nature humaine ne cherche pas à supprimer son adversaire qu’à être reconnu par lui dans son individualité (que ce soit l’amour, le droit, la solidarité, l’égalité, le mérite ou le besoin), seul une langue Arabe évoluée ne prêtant à aucune équivoque, ni d’aporie dans la communication, c’est à dire malentendu comme le stipule le grand philosophe Heidegger, rendra nos villes et villages vivables.

La déstructuration du langage est à inscrire comme la plus grande déroute des régimes qui se sont succédés en Algérie.

Jetant un bref regard sur la société algérienne, on s’aperçoit de l’ampleur du désastre social ; il n’en, reste plus qu’une espèce d’infra humanité qui se débat dans la misère, la déséducation, l’inculture et le pourrissement.

Les problèmes sociaux sont devenus si nombreux et si complexes qu’aucune liste, aussi minutieuse soit-elle, ne peut émettre la prétention d’être exhaustive. La situation est tellement intenable que nos jeunes, de plus en plus nombreux, ne rêvent qu’à ELHADA ou ELHARGA, le chemin de l’exil, fuyant le pays, par nécessité, par instinct de survie et non par goût. Les autres citoyens sombrent dans l’appauvrissement et la détresse.

En attendant de toucher le fond, la population se réfugie dans des solutions individuelles (programme sioniste, Tafkik El Moufakak, oua Tajziat El Moujazaa), fatalisme pour les uns, sauve-qui-peut pour les autres.

Que dire de la dégradation naturelle, tous les espaces libres, y compris les zones de verdure, les zones côtières et les terres agricoles ont disparu pour la satisfaction de la voracité d’une criminalité foncière organisée et de la démission à vaste échelle de l’Etat.

Cette situation est encore aggravée par la croissance démographique et l’exode rural, alimentant la misère, le chômage, l’insalubrité, la crise du logement, la prostitution (plus de 3 millions de prostitués, femmes et hommes) l’insécurité, la délinquance, le résultat est là devant nous, un véritable émiettement de nos tissus et fibres nationaux.

L’expansion malsaine et irrationnelle des centres urbains, sauvagement entretenue, a entraîné d’importants dommages au milieu naturel et provoqué de grands déséquilibres économiques, sociaux et écologiques. Cette expansion rapide a rendu les terres très convoitées, ce qui a suscité une forte spéculation, où le pouvoir compradore et son administration ont joué un rôle clef.

A l’exemple de la grande ville d’Oran où je réside, au lieu d’un développement harmonieux du centre urbain, on a assisté à une ghettoïsation de la ville ceinturée de bidonvilles, où les conditions sanitaires et la vie sociale constituent un cauchemar. Ces problèmes ne cessent d’accentuer les tensions sociales, d’aggraver les inégalités et de rendre les populations plus vulnérables. Même l’espace rural n’a pas été épargné, dans la mesure où toutes les structures foncières des exploitations agricoles successives ont provoqué un dépeuplement des campagnes et une déstructuration de l’agriculture. Au grand bonheur du pouvoir comprador qui a la main basse sur les centrales d’import, le pays ne dispose d’aucune base pour sa sécurité alimentaire. Quand à la condition paysanne (relire le polonais, Joseph Tepich, sur l’économie paysanne), elle a été réduite à une forme de sous prolétariat sans le moindre statut socioprofessionnel revalorisant.

Après avoir verrouillé les créneaux à haute valeur ajoutée, la mafia politico-militaro-financière, n’hésite pas à submerger le marché national de produits alimentaires et pharmaceutiques toxiques et dangereux. Il n’existe aucun système de contrôle de qualité de tout ce que les gens consomment en aliments et médicaments.

Dr Mohamed Belhoucine

Partie 03

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Le pouvoir compradore et l’impérialisme (Partie 02)

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