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Difficile de ne pas établir de lien entre la publication de cette étude aujourd’hui et les velléités gouvernementales quant à la suppression, du moins dans leur version actuelle, des subventions à la consommation des produits alimentaires de base.

Les Algériens mangeraient trois fois plus qu’il y a dix ans

Difficile de ne pas établir de lien entre la publication de cette étude aujourd’hui et les velléités gouvernementales quant à la suppression, du moins dans leur version actuelle, des subventions à la consommation des produits alimentaires de base.

D’après les résultats d’une enquête de l'Office national des statistiques (ONS) sur les dépenses de consommation et le niveau de vie des ménages algériens, publiés hier, les dépenses alimentaires par les ménages algériens ont presque triplé entre 2000 et 2011. Est-ce à dire que les Algériens mangent aujourd’hui trois fois plus qu’il y a dix ans ? Une chose est sûre, en une décennie seulement, la facture alimentaire a presque triplé alors que sur le plan démographique, la population algérienne n’a pas augmenté d’autant. Peut-être bien que les prix des produits alimentaires ont triplé durant ce temps.
À moins que ce ne soit la surfacturation ou encore la fuite des capitaux qui, à en croire, même des sources gouvernementales, n’a plus rien, désormais, d’une vue de l’esprit. Enfin, la dépêche de l’APS qui fait état de cette étude réalisée par l'ONS en 2011 ne souffle mot sur l’explication de cette augmentation substantielle de “l’appétit” des Algériens. Quoi qu’il en soit, les dépenses annuelles globales en alimentation seraient ainsi, de l'ordre de 1 875 milliards de dinars (mds DA), soit près de 42% de la totalité des dépenses de consommation. D’après cette étude déclinée, par ailleurs, selon le milieu de résidence, les dépenses alimentaires en milieu urbain accapareraient l’essentiel de l’enveloppe consacrée à ce chapitre soit 1 281 milliards de dinars contre 594 milliards de dinars dans le milieu rural où l’autoconsommation est, comme l’on peut s’en douter, beaucoup plus forte. Cela dit, l’écart est trop important pour que l’on n’y décèle pas non plus une certaine inégalité. Car, selon le niveau de vie des ménages, la part de ces dépenses est toujours supérieure dans le milieu urbain, souligne cette enquête qui relève que plus le niveau de vie augmente, plus l'écart entre les dépenses des deux milieux s'élargit en faveur de l'urbain. Par groupes de produits alimentaires, l'étude de l'ONS montre que les produits céréaliers occupent la première place dans le budget des ménages avec 17,5% de la dépense alimentaire globale, suivis par les légumes frais (13,4%), la viande rouge (13,3%), les produits laitiers (8,4%), la viande blanche (8,3%), les huiles et graisses (7,1%) et les fruits frais (5,1%). Quant aux autres dépenses alimentaires (restaurants, sandwich, cantines scolaires, gâteaux de cérémonie…), elles représentent 7,6% des dépenses globales alimentaires. Selon les catégories sociales que l'ONS répartit en cinq groupes, le niveau des dépenses augmente, évidemment, avec l'évolution du niveau de vie des ménages. Ainsi, pour le groupe au niveau de vie le plus élevé, il absorbe 31,4% de la dépense globale alimentaire contre 10,8% pour la catégorie sociale au niveau de vie le moins élevé. Ce qui, en d’autres termes, signifierait un plus grand gaspillage chez les nantis qui, selon cette étude par groupes de produits, la part de la dépense nationale destinée à l'achat de produits céréaliers et des légumes frais représente le double chez les ménages les plus favorisés par rapport aux plus défavorisés, tandis qu'elle triple pour la viande blanche et les fruits secs, quadruple pour la viande rouge et sextuple pour le poisson. Cette inégalité trouve, par ailleurs, son prolongement en fonction du type d'habitat des ménages. Ainsi, les dépenses d'alimentation sont plus fortes chez ceux habitant des villas, alors qu'elles sont plus faibles chez ceux habitant des constructions précaires. Ainsi, la moyenne annuelle des dépenses en alimentation chez les ménages habitant une villa ou étage de villa est estimée à 314 000 DA, alors qu'elle est d’un peu moins 300 000 DA chez les populations habitant des immeubles, de 280 000 DA dans les maisons traditionnelles (haouch) et 230 000 DA dans les habitations précaires. L’étude suggère ainsi, en filigrane, que les politiques de soutien à la consommation des produits alimentaires dits de première nécessité ont complètement désarticulé notre modèle de consommation. Aussi, d’aucuns préconiseront alors l’abandon de ces politiques, du moins dans leur version actuelle et leur remplacement par de nouveaux dispositifs de soutien direct aux catégories sociales les plus démunies. Voilà une étude qui tombe à point nommé pour ceux qui tiennent actuellement ce discours !

M.C.L

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Les Algériens mangeraient trois fois plus qu’il y a dix ans

Par philhadj Temps de lecture: 3 min
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