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Dans les ménages et les activités de services, deux mesures simples peuvent largement faire diminuer la pression sur l’eau disponible dans les AEP. Il s’agit en amant d’installation de récupération des eaux pluviales par les ménages et les unités de services (les restaurants, cafés, administrations...), hors usage alimentaire. En matière hydrique, notre pays n’est pas bien loti pour compter sur la durabilité de la disponibilité de cette ressource sans une stratégie rigoureuse de mobilisation de l’eau et son allocation. Cette stratégie doit impérativement impliquer le citoyen, l’agriculteur, l’industriel et bien sûr les pouvoirs publics. Nous sommes dramatiquement sous le seuil de rareté des 1000 m3/an et par habitant admis mondialement (Banque mondiale) en termes de disponibilité avec moins de 600 mètres cubes. Concernant la consommation, l’Algérien utilise environ 170 m3/an (90 dans les années 90 et une projection de 185 en 2025 (A. Sellal à l’APS). Dans le même temps, un Américain consomme environ 2 000 m3 d'eau par an, alors qu'un Jordanien ne consomme que 100 m3 et un Haïtien 7 m3. La croissance démographique et un modèle de consommation non maîtrisé risque de faire exploser la demande même si, selon la même source, le taux de raccordement en eau potable est déjà passé de 78% à 93%, il reste que le taux de distribution qui a certes fait un bond en avant n’est que de 70% (40% dans les années 90). À ce jour, le volume mobilisé est en deçà de 20%. Comme pour toute ressource rare (c’est le cas de l’eau, dans notre pays), elle est sujette à conflit entre tous les agents demandeurs. Pour bien harmoniser son usage, il faut, d’une part, augmenter cette offre et, d’autre part, soumettre la demande à des normes et /ou des taxes qui garantissent un bon usage (moins de gaspillage). Au niveau des ménages et du tertiaire en général Dans les ménages et les activités de services, deux mesures simples peuvent largement faire diminuer la pression sur l’eau disponible dans les AEP. Il s’agit en amont d’installation de récupération des eaux pluviales par les ménages et les unités de services (restaurants, cafés, administrations...), hors usage alimentaire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, 40 à 50% des besoins en eau des ménages pourraient être couverts par le captage des eaux de pluie. Il en résulte une diminution des prélèvements sur les eaux souterraines et de surface, une réduction de la pression sur le réseau urbain au moment des précipitations qui limite les risques d’inondation. Un autre bienfait pour le portefeuille et l’environnement est la baisse de l’usage des produits de lavage et de produits d’entretien pour le nettoyage des surfaces ou des véhicules ainsi que des détartrants pour WC (l’eau de pluie ne contient pas de calcaire). L’absence d’un dispositif législatif qui encadre et encourage (crédit) de telles installations alors que des pays bien lotis en ressources hydriques en disposent est pour le moins à déplorer. En aval, à côté de meilleurs réflexes (éducation), la demande importante dans une habitation (arrosage de jardin non compris) est concentrée dans l’usage de la salle d’eau et les toilettes. Plusieurs pays ont pris la mesure de ce gaspillage et impose dans la réglementation la dotation des logements par des douches au lieu et place des baignoires (le rapport est 5 ; 30 à 80 litres pour la douche, 150 à 200 litres pour le bain) ainsi que l’équipement en chasse de les toilettes fonctionnant à l’air (avion) ou avec un mélange air-eau. Pour d’autres raisons, les Pays-Bas ont généralisé l’usage de la chasse à air dans les WC (montée du niveau de la mer). En tout cas le gaspillage de la ressource par ce canal est énorme et avéré. Dans l’agriculture Soixante dix pour cent (70%) de l’eau consommée en Algérie est l’œuvre du secteur de l’agriculture, c’est à peu près le ratio à l’échelle mondiale. Là aussi tout reste à faire, mais trois grandes mutations peuvent soulager nos barrages. La récupération des eaux pluviales sur site, la généralisation du goutte-à-goutte et un vaste programme qui favorise les cultures les moins consommatrices d’eau, voire l’interdiction dans certaines régions de cultures (non stratégiques) pour lesquelles les apports d’eau sont très énormes (pastèque…). A ce niveau et à long terme, seule une politique agricole centrée sur un modèle de consommation plus proche de nos traditions culturales et culinaires avec une importance accrue à la recherche agronomique peuvent atténuer notre dramatique dépendance alimentaire. Dans certains cas, pour des denrées grandes consommatrices d’eau, il est plus judicieux de les importer (importation de l’eau virtuelle, plusieurs études sont consacrées à ce concept). Pour l’industrie Dans le développement économique, l’industrialisation est incontournable. Actuellement, la part de l’industrie dans le PIB du pays est réduite à moins de 5%. Son essor est aussi tributaire de la disponibilité durable de l’eau ; en moyenne, dans les pays industriels, la part de l’eau dans ce secteur tourne autour de 20%. Le recyclage des eaux rejetées par les procédés pour la réutilisation, l’irrigation ou tout simplement l’injection dans les nappes phréatiques procèdent d’une pratique qui repousse la rareté de l’eau, de la lutte contre des pollutions multiples de l’environnement et de problématiques de santé publique. Il est utile de noter que pour produire 1 kg de fromage, il faut en moyenne 1 100 litres d'eau, une tonne d'acier, 20 000 litres d'eau, une tonne d'aluminium, 125 millions de litres d'eau, une tonne de papier, 40 000 litres d'eau, une tonne de plastique, 2 millions de litres d'eau, une voiture, 35 000 litres d'eau (site de l’économie d’eau, activeau.fr). Sans être déterminant, là aussi le concept de l’eau virtuel n’est pas une vue de l’esprit. C’est toujours les petits ruisseaux qui alimentent les rivières ! Il y a eu incontestablement un effort important pour la mobilisation de l’eau par le nombre de barrages et l’investissement dans le dessalement quoique les choix technologiques dans ce deuxième cas pouvaient être moins énergivores et plus respectueux de l’environnement. Par contre, la vétusté du réseau de distribution a fait que les fuites (avec les branchements illicites) ont culminées à 50% dans certaines régions, le programme de rénovation dans 50 grandes villes du pays doit être poursuivi. Le productivisme et le mimétisme (dans l’agriculture avec l’utilisation massive d’eau, d’énergie fossile, d’engrais synthétiques, de pesticides…) et les projets surdimensionnés ne sont pas toujours des chemins vertueux. Encore plus dans le domaine de la mobilisation et de l’usage de l’eau pour un pays aussi vaste et qui souffre d’une évaporation élevé ; entre 1992 et 2002, la quantité évaporée représente la moitie du volume consommé par l’irrigation, l’alimentation en eau potable et l’industrie, ce qui est considérable. La moyenne annuelle de l’évaporation est de 250 millions de m3 pour les 39 barrages d’une capacité totale de 3,8 milliards de m3, soit une perte moyenne annuelle de 6,5 % (B. Remini, département de génie rural, université de Blida) L’atténuation de notre dépendance alimentaire et la sécurité hydrique passe obligatoirement par l’encouragement de la diversification avec la valorisation de pratiques territoriales et l’innovation, la rémunération de l’effort et la taxation du gaspillage). À ce titre, la gouvernance algérienne n’a pas uniquement échoué dans la diversification de l’économie mais, d’une manière générale, l’usage massif et sans distinction de subventions à la consommation a plombé à plusieurs niveaux la recherche et l’effort d’innovation qui paraît pour le moins superflu dans ces conditions. En tout cas, le problème de la tarification s’invitera de lui-même, mais il est préférable de mettre en œuvre un dispositif dès que possible pour graduer l’effort. Pour l’alimentation en eau potable, le citoyen paie le tiers du prix de revient. Espérons qu’à côté de la garantie incontournable de la disponibilité de l’eau pour les usages essentiels de la vie, la collectivité récompense l’effort et fait payer le gaspillage. Enfin, il n’est pas possible de clore ce survol d’un secteur qui, de l’avis de tous les experts, constituera dans un avenir proche un sujet de discorde et peut-être de guerre entre les nations, c’est le cas déjà au Moyen-Orient et probablement dans un avenir proche autour des riverains du Nil. R. S.

Les bonnes pratiques

Dans les ménages et les activités de services, deux mesures simples peuvent largement faire diminuer la pression sur l’eau disponible dans les AEP. Il s’agit en amant d’installation de récupération des eaux pluviales par les ménages et les unités de services (les restaurants, cafés, administrations…), hors usage alimentaire.

En matière hydrique, notre pays n’est pas bien loti pour compter sur la durabilité de la disponibilité de cette ressource sans une stratégie rigoureuse de mobilisation de l’eau et son allocation. Cette stratégie doit impérativement impliquer le citoyen, l’agriculteur, l’industriel et bien sûr les pouvoirs publics. Nous sommes dramatiquement sous le seuil de rareté des 1000 m3/an et par habitant admis mondialement (Banque mondiale) en termes de disponibilité avec moins de 600 mètres cubes. Concernant la consommation, l’Algérien utilise environ 170 m3/an (90 dans les années 90 et une projection de 185 en 2025 (A. Sellal à l’APS). Dans le même temps, un Américain consomme environ 2 000 m3 d'eau par an, alors qu'un Jordanien ne consomme que 100 m3 et un Haïtien 7 m3. La croissance démographique et un modèle de consommation non maîtrisé risque de faire exploser la demande même si, selon la même source, le taux de raccordement en eau potable est déjà passé de 78% à 93%, il reste que le taux de distribution qui a certes fait un bond en avant n’est que de 70% (40% dans les années 90).
À ce jour, le volume mobilisé est en deçà de 20%. Comme pour toute ressource rare (c’est le cas de l’eau, dans notre pays), elle est sujette à conflit entre tous les agents demandeurs. Pour bien harmoniser son usage, il faut, d’une part, augmenter cette offre et, d’autre part, soumettre la demande à des normes et /ou des taxes qui garantissent un bon usage (moins de gaspillage).

Au niveau des ménages et du tertiaire en général
Dans les ménages et les activités de services, deux mesures simples peuvent largement faire diminuer la pression sur l’eau disponible dans les AEP. Il s’agit en amont d’installation de récupération des eaux pluviales par les ménages et les unités de services (restaurants, cafés, administrations…), hors usage alimentaire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, 40 à 50% des besoins en eau des ménages pourraient être couverts par le captage des eaux de pluie. Il en résulte une diminution des prélèvements sur les eaux souterraines et de surface, une réduction de la pression sur le réseau urbain au moment des précipitations qui limite les risques d’inondation. Un autre bienfait pour le portefeuille et l’environnement est la baisse de l’usage des produits de lavage et de produits d’entretien pour le nettoyage des surfaces ou des véhicules ainsi que des détartrants pour WC (l’eau de pluie ne contient pas de calcaire). L’absence d’un dispositif législatif qui encadre et encourage (crédit) de telles installations alors que des pays bien lotis en ressources hydriques en disposent est pour le moins à déplorer.
En aval, à côté de meilleurs réflexes (éducation), la demande importante dans une habitation (arrosage de jardin non compris) est concentrée dans l’usage de la salle d’eau et les toilettes. Plusieurs pays ont pris la mesure de ce gaspillage et impose dans la réglementation la dotation des logements par des douches au lieu et place des baignoires (le rapport est 5 ; 30 à 80 litres pour la douche, 150 à 200 litres pour le bain) ainsi que l’équipement en chasse de les toilettes fonctionnant à l’air (avion) ou avec un mélange air-eau. Pour d’autres raisons, les Pays-Bas ont généralisé l’usage de la chasse à air dans les WC (montée du niveau de la mer). En tout cas le gaspillage de la ressource par ce canal est énorme et avéré.

Dans l’agriculture
Soixante dix pour cent (70%) de l’eau consommée en Algérie est l’œuvre du secteur de l’agriculture, c’est à peu près le ratio à l’échelle mondiale. Là aussi tout reste à faire, mais trois grandes mutations peuvent soulager nos barrages. La récupération des eaux pluviales sur site, la généralisation du goutte-à-goutte et un vaste programme qui favorise les cultures les moins consommatrices d’eau, voire l’interdiction dans certaines régions de cultures (non stratégiques) pour lesquelles les apports d’eau sont très énormes (pastèque…). A ce niveau et à long terme, seule une politique agricole centrée sur un modèle de consommation plus proche de nos traditions culturales et culinaires avec une importance accrue à la recherche agronomique peuvent atténuer notre dramatique dépendance alimentaire. Dans certains cas, pour des denrées grandes consommatrices d’eau, il est plus judicieux de les importer (importation de l’eau virtuelle, plusieurs études sont consacrées à ce concept).

Pour l’industrie
Dans le développement économique, l’industrialisation est incontournable. Actuellement, la part de l’industrie dans le PIB du pays est réduite à moins de 5%. Son essor est aussi tributaire de la disponibilité durable de l’eau ; en moyenne, dans les pays industriels, la part de l’eau dans ce secteur tourne autour de 20%. Le recyclage des eaux rejetées par les procédés pour la réutilisation, l’irrigation ou tout simplement l’injection dans les nappes phréatiques procèdent d’une pratique qui repousse la rareté de l’eau, de la lutte contre des pollutions multiples de l’environnement et de problématiques de santé publique. Il est utile de noter que pour produire 1 kg de fromage, il faut en moyenne 1 100 litres d'eau, une tonne d'acier, 20 000 litres d'eau, une tonne d'aluminium, 125 millions de litres d'eau, une tonne de papier, 40 000 litres d'eau, une tonne de plastique, 2 millions de litres d'eau, une voiture, 35 000 litres d'eau (site de l’économie d’eau, activeau.fr). Sans être déterminant, là aussi le concept de l’eau virtuel n’est pas une vue de l’esprit.

C’est toujours les petits ruisseaux qui alimentent les rivières !
Il y a eu incontestablement un effort important pour la mobilisation de l’eau par le nombre de barrages et l’investissement dans le dessalement quoique les choix technologiques dans ce deuxième cas pouvaient être moins énergivores et plus respectueux de l’environnement. Par contre, la vétusté du réseau de distribution a fait que les fuites (avec les branchements illicites) ont culminées à 50% dans certaines régions, le programme de rénovation dans 50 grandes villes du pays doit être poursuivi. Le productivisme et le mimétisme (dans l’agriculture avec l’utilisation massive d’eau, d’énergie fossile, d’engrais synthétiques, de pesticides…) et les projets surdimensionnés ne sont pas toujours des chemins vertueux. Encore plus dans le domaine de la mobilisation et de l’usage de l’eau pour un pays aussi vaste et qui souffre d’une évaporation élevé ; entre 1992 et 2002, la quantité évaporée représente la moitie du volume consommé par l’irrigation, l’alimentation en eau potable et l’industrie, ce qui est considérable. La moyenne annuelle de l’évaporation est de 250 millions de m3 pour les 39 barrages d’une capacité totale de 3,8 milliards de m3, soit une perte moyenne annuelle de 6,5 % (B. Remini, département de génie rural, université de Blida)
L’atténuation de notre dépendance alimentaire et la sécurité hydrique passe obligatoirement par l’encouragement de la diversification avec la valorisation de pratiques territoriales et l’innovation, la rémunération de l’effort et la taxation du gaspillage). À ce titre, la gouvernance algérienne n’a pas uniquement échoué dans la diversification de l’économie mais, d’une manière générale, l’usage massif et sans distinction de subventions à la consommation a plombé à plusieurs niveaux la recherche et l’effort d’innovation qui paraît pour le moins superflu dans ces conditions. En tout cas, le problème de la tarification s’invitera de lui-même, mais il est préférable de mettre en œuvre un dispositif dès que possible pour graduer l’effort. Pour l’alimentation en eau potable, le citoyen paie le tiers du prix de revient. Espérons qu’à côté de la garantie incontournable de la disponibilité de l’eau pour les usages essentiels de la vie, la collectivité récompense l’effort et fait payer le gaspillage. Enfin, il n’est pas possible de clore ce survol d’un secteur qui, de l’avis de tous les experts, constituera dans un avenir proche un sujet de discorde et peut-être de guerre entre les nations, c’est le cas déjà au Moyen-Orient et probablement dans un avenir proche autour des riverains du Nil.

R. S.

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Par philhadj Temps de lecture: 6 min
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