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Le gouverneur de la Banque d’Algérie a indiqué qu’“une baisse prolongée des prix du pétrole interpelle sur la nécessité de consolidation budgétaire”.

Les chiffres inquiétants de la Banque d’Algérie

Le gouverneur de la Banque d’Algérie a indiqué qu’“une baisse prolongée des prix du pétrole interpelle sur la nécessité de consolidation budgétaire”.
Les principales tendances financières et monétaires de l’économie algérienne élaborées par la Banque d’Algérie pour les neuf premiers mois de l’année 2015 sont inquiétantes.
Creusement du déficit budgétaire, érosion du Fonds de régulation des recettes (FRR), contraction des réserves de change, dépréciation du dinar face au dollar, tous les indicateurs macroéconomiques se sont détériorés, conséquence de la chute des prix mondiaux de pétrole. “Le prix moyen du prix du pétrole des neuf premiers mois de l’année 2015 s’est établi à 55,76 dollars le baril contre 106,65 dollars le baril pour la même période de 2014”, a relevé le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci, lors de la présentation de la note de conjoncture, hier à l'École supérieure de banque à Bouzaréah (Alger).
Conjuguée à la contraction des quantités d’hydrocarbures exportées, l’acuité de la chute des prix du pétrole s’est traduite par un niveau d’exportations d’hydrocarbures de seulement 25,79 milliards de dollars contre 46,86 milliards de dollars, une année auparavant. La baisse des importations, à 39,70 milliards de dollars durant les neuf premiers mois de l’année dernière, contre 45 milliards de dollars durant la même période de 2014, n’a compensé que partiellement la baisse des exportations des hydrocarbures.
Résultat : le solde de la balance commerciale est passé d’un excédent de 2,93 milliards de dollars au cours des neuf premiers mois de l’année 2014 à un déficit de 12,82 milliards de dollars au cours de la même période de l’année 2015. Le compte courant de la balance de paiements affiche, pour sa part, un important déficit de 20,05 milliards de dollars, dû essentiellement à la chute des prix du pétrole et des quantités exportées, d’une part, et à l’important transfert de dividendes, d’autre part. Les réserves de change officielles se sont contractées à 152,70 milliards de dollars à fin septembre 2015
Au total, le solde global de la balance des paiements enregistre un déficit de 20,82 milliards de dollars au cours des neuf premiers mois de l’année 2015 contre un déficit de seulement 3,02 milliards de dollars durant la même période de l’année 2014.
Ce déficit record, conjugué à l’effet de valorisation négatif, a fait que les réserves de change officielles (hors or) se sont fortement contractées, s’établissant à 152,70 milliards de dollars à fin septembre 2015, contre 159,03 milliards de dollars à fin juin 2015 et 178,94 milliards de dollars à fin décembre 2014. L’impact de ce choc externe, de grande ampleur, sur les fondamentaux a induit une dépréciation de 19,57% du cours moyen du dinar contre le dollar américain. Le cours du dinar s’est, par ailleurs, légèrement déprécié de 2,16% par rapport à l’euro. “Cependant, le taux de change effectif réel du dinar algérien à septembre 2015 reste apprécié par rapport à son niveau d’équilibre de moyen terme”, estime la Banque d’Algérie.

L’impact du choc externe sur les finances publiques
Le stock d’épargne du Trésor, constitué essentiellement de ressources du FRR, a chuté à 2 913,3 milliards à fin septembre 2015 contre 3 521 milliards de dinars à fin juin. “Les ressources du Trésor ont subi une érosion drastique de l’ordre de 1 972,8 milliards de dinars entre fin septembre 2014 et fin septembre 2015, soit une réduction de 40,4% en l’espace d’une année”, précise M. Laksaci, indiquant qu’“une baisse prolongée des prix du pétrole interpelle sur la nécessité de consolidation budgétaire”.
La note de conjoncture relève, par ailleurs, une contraction des liquidités banques, s’établissant à 1 828 milliards de dinars à fin septembre 2015, contre 2 730,88 milliards de dollars à septembre 2014. M. Laksaci s’attend à ce que des banques et établissements financiers se refinancent, notamment via le réescompte, auprès de la Banque d’Algérie à partir de février prochain.

Couverture à terme au profit des opérateurs
Le gouverneur de la Banque d’Algérie, insistant sur la collecte de l’épargne, a affirmé que “2016 sera une année-test pour les banques, en matière de contribution à l’effort de l’État pour contenir l’effet du choc externe”. Évoquant les mesures de renforcement du cadre prudentiel, pour aider à mieux faire face au choc externe, le Gouverneur a évoqué l’engagement des exercices de stress test au niveau des banques. Il s’agit d’évaluer le degré de résistance des banques à la contraction des ressources inhérentes au choc externe.
La banque d’Algérie prendra, au courant de l’année 2016, de nouvelles mesures pour développer le marché interbancaire de change et promouvoir la couverture à terme par les banques de la place au profit des opérateurs. La Banque d’Algérie a pris des mesures en 2011 pour stimuler la couverture de change par les banques. “À l’époque les banques de la place estimaient que le marché monétaire n’était pas assez développé. Aujourd’hui ce marché s’est développé, pour leur donner des taux d’intérêt de référence”, explique M. Laksaci, insistant sur la nécessité pour les banques de se doter de salles de marché.

Meziane Rabhi

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Par philhadj Temps de lecture: 4 min
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