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L’opération de ravalement des façades lancée par des jeunes du quartier et des stagiaires des CFPA aide la citadelle d’Alger à retrouver peu à peu la blancheur qui était la sienne.

Les “douérate” font leur toilette du printemps

L’opération de ravalement des façades lancée par des jeunes du quartier et des stagiaires des CFPA aide la citadelle d’Alger à retrouver peu à peu la blancheur qui était la sienne.

L’acte de chaulage, que l’on attendait comme le veut la tradition au printemps dernier et qui avait coïncidé avec le mois du patrimoine, s’est opéré en ces journées printanières du mois de décembre, où de jeunes peintres en cycle de stage dans différents centres de formation professionnelle blanchissent à la chaux les murs lépreux de la séculaire médina d’Alger. Selon Ibadioune Rachid, le maire de la Casbah, “l’opération est pilotée en accord avec le service de l’assainissement de l’APC, assistée en cela par la direction de l’action sociale et de la solidarité de la wilaya d’Alger, qui s’acquitte d’une de ses tâches sommaires d’établir des opérations planifiées qui relèvent du secteur de la solidarité nationale. Du reste, nos ouled el-houma chaulent les murs de façade des douérate de la Casbah, de concert avec de jeunes élèves dépêchés des CFPA de Birkhadem, d’El-Harrach II, de Hussein Dey et de Bab El-Oued pour mettre en usage l’enseignement théorique avec la pratique du terrain”. Dispatché en groupes de 16 à 18 apprentis ouvriers, ces jeunots sont encadrés par de jeunes ouvriers et chaulent sans aucune compensation financière les murs décrépis des “z’niqat” choisies sur l’itinéraire des venelles père et fils Boudriès ainsi que la ruelle Ben-Ali et celle des Frères-Bachara. D’ailleurs, à la lecture de la feuille de route, dont une copie nous a été remise par Mme Guettaf, chef de cabinet à la commune de la Casbah, la tâche ira en progression jusqu’à l’îlot de la Mer rouge, dont les ruelles en forme de boyaux de Mahfoud-Maouche, Saïd-Kadi, Ali-Lahmar, Mustapha-Latrèche. À l’heure où nous mettons sous presse, l’équipe d’agents de nettoiement a dû céder la place aux artisans peintres aux abords de la fontaine de Bir Djebah et de là jusqu’à l’estuaire des “droudj” (escaliers) de Sidi M’hamed Chérif de la Haute Casbah jusqu’à la place Mohamed-Touri sise à l’estuaire de la rue Amar-El-Kama à la Basse Casbah. C’est dire la difficulté de la besogne d‘arpenter les ruelles étroites de Saïd-Bakel, Rabah-Arouri, Professeur-Soualah, Rachid-Chebouba et celle du
Dr Belarbi. Du reste et plus qu’il n’en faut, une couche de chaux ne peut faire que du bien à la venelle Akli-Malek, qui s’est endommagée lors du séisme du 1er août 2014. Certes, c’est si peu de chose comparé au prestige de la vieille cité, mais c’est toujours ça de gagné, disent ces Casbadjis, du fait que le ravalement dit uniquement “de façades” aide la Casbah à retrouver peu à peu la blancheur qui était la sienne, même si l’on est encore loin de sa blancheur légendaire. “Bien sûr qu’il était attendu à ce que l’avis des uns et des autres divergent sur l’impact de l’opération, mais convenez-en, c’est toujours bon à prendre pour le Casbadji, d’autant qu’on est tenu, en notre qualité d’élus, d’adhérer à tout ce qui contribue à la sauvegarde de notre vieille cité, d’autant qu’il y a une jonction avec l’intitulé du programme Blanche Algérie qui encourage la participation du mouvement associatif dans les actions menées par le secteur de la solidarité dans le domaine social et humanitaire”, a tenu à ajouter notre interlocuteur. S’agissant de la pérennité de l’action que d’aucuns qualifient de salubrité publique, celle-ci sera reconduite d’ici peu pour réaliser le reste à chauler de la vieille médina, nous dit-on. Certes que l’on est loin des travaux inscrits au plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur de la Casbah, pour lesquels l’avis et l’apport de l’APC importent peu, où si ce n’est l’unique impératif d’évacuer les gravats. En effet, l’apport des services techniques de la commune de la Casbah n’auraient pas été de trop pour apporter leur “pierre” aux bureaux d’études astreints à l’embellissement du bâti, aux côtés de partenaires spécialisés dans la réparation et la mise à niveau du lot VRD. Pour rappel, 150 entreprises ont été mobilisées sous la conduite du Cneru pour la sauvegarde d’édifices dits majeurs et éligibles à la conservation d’une médina classée pourtant au patrimoine universel lors de l’assemblée générale de l’Unesco à Santé Fe en 1992. Donc, il est dit que la Casbah doit se suffire d’une existence à l’état juridique, voire “virtuelle”, puisque son état désastreux fut à l’origine de la promulgation de la loi 98-04 relative à la protection du patrimoine ainsi que du décret n°03-324 du 5 octobre 2003 relatif aux modalités d’établissement dudit plan permanent de sauvegarde, et, pour finir, le décret n°05-173 du 9 mai 2005 portant création et délimitation du secteur sauvegardé de la Casbah d’Alger.

L.N.

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Par philhadj Temps de lecture: 4 min
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