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Le Conseil des ministres, convoqué à peine une semaine après la révélation du contenu intégral de l’avant-projet de révision de la Constitution aux médias et, plus largement

Les experts et l’opposition ignorés

Le Conseil des ministres, convoqué à peine une semaine après la révélation du contenu intégral de l’avant-projet de révision de la Constitution aux médias et, plus largement, à l’opinion publique, donne son quitus. Sans prendre en considération les remarques, fort nombreuses, judicieuses et souvent pertinentes, formulées tout au long des jours qui ont séparé la présentation du texte par le chef de cabinet de la présidence de la République, Ahmed Ouyahia, et la réunion hier du Conseil des ministres.
La mouture définitive retenue par le chef de l’État au texte par lequel il entend parachever les réformes politiques promises en 2011, n’a subi d’amendement ni dans la forme ni dans le fond, à ce stade du processus institutionnel qui devrait se conclure d’ici à la mi-février par le vote de la conférence parlementaire. Contre toute attente, il faut le dire, car même les plus pessimistes d’entre les observateurs se gardaient de condamner irrémédiablement le pouvoir à l’attitude autiste qu’il avait pour habitude d’observer, s’agissant notamment des avis de l’opposition, tant il est difficile de concevoir que les incongruités contenues dans le texte, auxquelles ne se seraient pas éveillés les fameux conseils restreints présidés par Bouteflika lui-même, allaient échapper à la vigilance du Conseil des ministres réuni dans la solennité des conclaves institutionnels. Il était attendu, au moins, que, dans la forme, soient corrigées les formulations inadaptées pour une loi fondamentale et, dans le fond, évacuées les plus flagrantes contradictions avec les dispositions cardinales de la Constitution, objet de révision. Nul besoin en effet d’être expert du droit constitutionnel pour saisir que l’article 51, par exemple, constitutionnalise une discrimination primaire, pour ne pas dire vulgaire, entre les citoyens d’un même pays. L’article, tel que formulé dans l’avant-projet de révision de la Constitution et entériné par le Conseil des ministres, brime dans leurs ambitions politiques les citoyens algériens qui, pour une raison ou une autre, des impératifs professionnels, par exemple, auraient nécessairement établi leurs résidences ailleurs que sur le territoire national. Même le patron du FLN, Amar Saâdani, qu’on ne peut soupçonner de velléités d’opposant, a d’ailleurs trouvé à redire…à réclamer que soit corrigée l’incohérence.
Peine perdue. D’où vient-il alors que le pouvoir, qui a raté de réunir le consensus politique autour de son projet de révision de la Constitution, s’entête à faire fi de toutes les remarques émises ? Possible que son attitude, qui peut paraître autiste, vienne du fait qu’il a définitivement désespéré de la réunion de ce consensus politique qu’il a recherché à travers deux rounds de dialogue. En cela, il a vu juste, puisque l’opposition a poursuivi de s’inscrire en porte-à-faux avec sa démarche. Elle en a fait le rappel, si besoin était, dans l’intervalle entre la divulgation de l’avant-projet de révision de la Constitution et son adoption sans modification par le Conseil des ministres. Mais, faut-il, pour des considérations relevant plutôt de l’égocentrisme et du narcissisme politique que de la vision d’État, condamner le pays ?

S. A. I.

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Par philhadj Temps de lecture: 2 min
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