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Les parties impliquées dans la guerre en Syrie ont échoué, jusque-là, à trouver une issue politique à cette crise qui dure depuis mars 2011. Certaines puissances préfèrent ainsi se livrer une guerre par procuration et en terrain neutre : la Syrie. La guerre en Syrie a pris un nouveau tournant, plus que dangereux, avec l’entrée dans l’arène des chars turcs dans le nord du pays pour, officiellement, lutter contre l’organisation terroriste autoproclamée État islamique (Daech). Hier, Ankara a envoyé six nouveaux chars dans le nord de la Syrie, provoquant de meurtriers combats avec des combattants locaux et les Kurdes. “Les chars turcs ont avancé aujourd'hui aux abords de la localité d'al-Amarné dans la province d'Alep, au sud de la frontière et des combats ont alors éclaté entre eux et des combattants appuyés par les forces kurdes”, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), précisant que “c’est une première depuis l’entrée des chars turcs en territoire syrien mercredi”, action soutenue par les États-Unis et leurs alliés. Les combattants locaux, des Arabes et des Turcomans, “sont engagés en ce moment dans des combats aux abord d'al-Amarné contre des chars turcs” que le régime de Bachar al-Assad à Damas a violemment dénoncés, les qualifiant de violation de la souveraineté de son pays. Selon le quotidien Hurriyet, la Turquie maintient désormais 50 chars et 380 soldats en Syrie après trois jours d'opération. Tout en soutenant l’entrée de la Turquie dans le bourbier syrien, la France a toutefois averti Ankara contre “une éventuelle tentation” de jouer avec le feu en ciblant les Kurdes syriens pour les empêcher de concrétiser un projet d’un politique dans leur province semi-autonome. “C'est une bonne chose que la Turquie s'implique franchement dans la lutte contre Daech qui la frappe durement”, a déclaré, hier, à Paris, le ministre français des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Jean-Marc Ayrault dans un entretien accordé au quotidien Le Monde. “Il est aussi légitime que la Turquie assure la sécurité de sa frontière. Mais attention à l'engrenage de la violence et à une éventuelle tentation de vouloir traiter en Syrie une partie de la question kurde”, a-t-il toutefois averti. “Nous condamnons le PKK et les attentats qu'il commet en Turquie”, a déclaré M. Ayrault. Mais “en Syrie, des forces militaires kurdes combattent Daech efficacement”, a-t-il encore insisté. L’opération turque en Syrie, appelée “Bouclier de l’Euphrate” est destinée, selon Ankara, à mettre fin à l’existence de Daech qui a perpétré plusieurs attentats sur le sol turc ces derniers mois. Mais de nombreux observateurs et chefs kurdes en Syrie sont d’accord pour penser que le régime d’Ankara a peur que les Kurdes créent leur propre État en Syrie, ce qui risque de provoquer une contagion chez lui et à Bagdad. Lyès Menacer

Les Kurdes se défendent contre les chars turcs

Les parties impliquées dans la guerre en Syrie ont échoué, jusque-là, à trouver une issue politique à cette crise qui dure depuis mars 2011. Certaines puissances préfèrent ainsi se livrer une guerre par procuration et en terrain neutre : la Syrie.

La guerre en Syrie a pris un nouveau tournant, plus que dangereux, avec l’entrée dans l’arène des chars turcs dans le nord du pays pour, officiellement, lutter contre l’organisation terroriste autoproclamée État islamique (Daech). Hier, Ankara a envoyé six nouveaux chars dans le nord de la Syrie, provoquant de meurtriers combats avec des combattants locaux et les Kurdes. “Les chars turcs ont avancé aujourd'hui aux abords de la localité d'al-Amarné dans la province d'Alep, au sud de la frontière et des combats ont alors éclaté entre eux et des combattants appuyés par les forces kurdes”, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), précisant que “c’est une première depuis l’entrée des chars turcs en territoire syrien mercredi”, action soutenue par les États-Unis et leurs alliés. Les combattants locaux, des Arabes et des Turcomans, “sont engagés en ce moment dans des combats aux abord d'al-Amarné contre des chars turcs” que le régime de Bachar al-Assad à Damas a violemment dénoncés, les qualifiant de violation de la souveraineté de son pays. Selon le quotidien Hurriyet, la Turquie maintient désormais 50 chars et 380 soldats en Syrie après trois jours d'opération. Tout en soutenant l’entrée de la Turquie dans le bourbier syrien, la France a toutefois averti Ankara contre “une éventuelle tentation” de jouer avec le feu en ciblant les Kurdes syriens pour les empêcher de concrétiser un projet d’un politique dans leur province semi-autonome. “C'est une bonne chose que la Turquie s'implique franchement dans la lutte contre Daech qui la frappe durement”, a déclaré, hier, à Paris, le ministre français des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Jean-Marc Ayrault dans un entretien accordé au quotidien Le Monde. “Il est aussi légitime que la Turquie assure la sécurité de sa frontière. Mais attention à l'engrenage de la violence et à une éventuelle tentation de vouloir traiter en Syrie une partie de la question kurde”, a-t-il toutefois averti. “Nous condamnons le PKK et les attentats qu'il commet en Turquie”, a déclaré M. Ayrault. Mais “en Syrie, des forces militaires kurdes combattent Daech efficacement”, a-t-il encore insisté. L’opération turque en Syrie, appelée “Bouclier de l’Euphrate” est destinée, selon Ankara, à mettre fin à l’existence de Daech qui a perpétré plusieurs attentats sur le sol turc ces derniers mois. Mais de nombreux observateurs et chefs kurdes en Syrie sont d’accord pour penser que le régime d’Ankara a peur que les Kurdes créent leur propre État en Syrie, ce qui risque de provoquer une contagion chez lui et à Bagdad.

Lyès Menacer

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Les Kurdes se défendent contre les chars turcs

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