Accueil / Une / Les œuvres de Sansal regroupées dans “Romans 1999-2011”
Cet ouvrage de 1248 pages contient 41 documents qui nous permettent de découvrir son parcours et de mieux faire connaissance avec l’auteur et les romans qu’il a publiés entre 1999 et 2011, on peut citer Le serment des barbares, L’enfant fou de l’arbre creux et Rue Darwin. Les œuvres de Boualem Sansal viennent d’être publiées dans la collection quarto des éditions Gallimard (à l’exception de 2084 qui est sorti en 2015). Cet ouvrage de 1248 pages contient 41 documents qui nous permettent de découvrir son parcours et de mieux faire connaissance avec l’auteur et les romans qu’il a publiés entre 1999 et 2011, nous retrouvons Le serment des barbares, L’enfant fou de l’arbre creux, Dis-moi le Paradis, Harraga, Le village de l’Allemand ou le journal des frères Schiller et Rue Darwin. En quatrième de couverture de cet ouvrage, son éditeur Jean-Marie Laclavetine dit son admiration : “Dès son premier roman, Boualem Sansal a imposé la puissance d’une littérature écrite à ‘la lumière des lumières’ portée par le miracle d’une langue réinventée.” Ancien haut fonctionnaire au ministère de l’Industrie, mais depuis toujours passionné de littérature, Boualem Sansal a envoyé son premier livre Le serment des barbares par la poste aux éditions Gallimard. À ce propos, Jean-Marie Laclavetine raconte : “Je me souviens précisément du jour où j’ai lu les premières pages du Serment des barbares, paquet de feuilles confié en 1999 à la poste par un inconnu. Je n’ai pas oublié la surprise grandissante au fil des pages, ni l’enthousiasme qui m’a envahi au fur et à mesure que je me laissais emporter par le torrent de cette prose animée de remous vertigineux, de pétillements soudains, de grands ressacs de rage noire. Recevoir un tel manuscrit est dans la vie d’un éditeur un cadeau inoubliable.” Polytechnicien de formation, Boualem Sansal aurait pu rester un haut fonctionnaire consciencieux et austère, aussi discret que courageux ; pendant les années chaudes du terrorisme, où le gouvernement proposait de fournir une arme personnelle aux cadres de la fonction publique, il a refusé, ne voulant pas céder au snobisme de ceux qui étaient fiers de jouir de ce privilège. Personne ne parlait encore du Serment des barbares en Algérie, mais en France les journaux lui consacraient des pages entières que le ministre avait lues. En 2003, il est démis de ses fonctions. “Ma formation et le contexte historique, dit-il, ont donné à mon travail sa forme particulière. Durant les années de jeunesse, lorsque nous discutions entre étudiants, nous ne parlions que de l’Algérie et du choix d’un modèle. Mais tous les choix ont été faits par le pouvoir et nous voilà étrangers dans notre propre pays.” Boualem Sansal sait ce dont il parle. Marqué par des pertes douloureuses, la première étant l’éviction de sa mère, devenue veuve très tôt, au profit d’une mère d’emprunt dont il n’a longtemps pas su quel était le lien exact de parenté avec lui (c’est le sujet de son roman Rue Darwin), il écrit : “J’ai toujours su et j’ai respecté jusqu’au bout le pacte qu’elles avaient passé. Dieu que c’est difficile de vivre en même temps deux vies qui ne doivent jamais ni se croiser ni se regarder… Il est une chose que je regrette amèrement, je n’ai jamais dit ni à l’une ni à l’autre ‘Maman, je t’aime’. Je ne les ai jamais prises dans mes bras. J’ai toujours eu peur de me trahir, de les trahir. Je devais jouer le rôle qu’elles avaient écrit pour moi et je l’ai joué jusqu’au bout… Il est trop tard, je leur dirai tout un jour, dans une autre vie, celle-ci nous a pas mal échappé, elle est passé sans nous.” Consultant et enseignant à l’Institut de la productivité et du développement industriel de Boumerdès, il y rencontre Rachid Mimouni qu’il encourage à publier son premier roman, Le fleuve détourné. Cet ouvrage connaîtra un succès foudroyant, et les deux hommes vont rester liés d’une vive amitié. À son tour, Boualem Sansal, au fil de ses romans, va nous livrer un inventaire sans concession de la société post-coloniale et s’imposer comme l’un des meilleurs écrivains maghrébins capable d’aborder sans langue de bois les thèmes politiques et socioculturels les plus brûlants. Après avoir commencé par publier des ouvrages aussi techniques que confidentiels tels la “post-combustion dans les turboréacteurs”, il est devenu l’auteur à succès de 7 romans couronnés de prix prestigieux (dont le prix de la paix 2011 des libraires allemands et le prix du roman arabe) qui sont traduits dans différentes langues. Il est aussi l’auteur de nombreuses nouvelles et un conférencier et éditorialiste très connu. En France, sa maîtrise de la langue et l’originalité de son écriture viennent de lui valoir le prix de l’Académie française 2015. Ali Ghanem, cinéaste

Les œuvres de Sansal regroupées dans “Romans 1999-2011”

Cet ouvrage de 1248 pages contient 41 documents qui nous permettent de découvrir son parcours et de mieux faire connaissance avec l’auteur et les romans qu’il a publiés entre 1999 et 2011, on peut citer Le serment des barbares, L’enfant fou de l’arbre creux et Rue Darwin.

Les œuvres de Boualem Sansal viennent d’être publiées dans la collection quarto des éditions Gallimard (à l’exception de 2084 qui est sorti en 2015). Cet ouvrage de 1248 pages contient 41 documents qui nous permettent de découvrir son parcours et de mieux faire connaissance avec l’auteur et les romans qu’il a publiés entre 1999 et 2011, nous retrouvons Le serment des barbares, L’enfant fou de l’arbre creux, Dis-moi le Paradis, Harraga, Le village de l’Allemand ou le journal des frères Schiller et Rue Darwin. En quatrième de couverture de cet ouvrage, son éditeur Jean-Marie Laclavetine dit son admiration : “Dès son premier roman, Boualem Sansal a imposé la puissance d’une littérature écrite à ‘la lumière des lumières’ portée par le miracle d’une langue réinventée.” Ancien haut fonctionnaire au ministère de l’Industrie, mais depuis toujours passionné de littérature, Boualem Sansal a envoyé son premier livre Le serment des barbares par la poste aux éditions Gallimard. À ce propos, Jean-Marie Laclavetine raconte : “Je me souviens précisément du jour où j’ai lu les premières pages du Serment des barbares, paquet de feuilles confié en 1999 à la poste par un inconnu. Je n’ai pas oublié la surprise grandissante au fil des pages, ni l’enthousiasme qui m’a envahi au fur et à mesure que je me laissais emporter par le torrent de cette prose animée de remous vertigineux, de pétillements soudains, de grands ressacs de rage noire. Recevoir un tel manuscrit est dans la vie d’un éditeur un cadeau inoubliable.” Polytechnicien de formation, Boualem Sansal aurait pu rester un haut fonctionnaire consciencieux et austère, aussi discret que courageux ; pendant les années chaudes du terrorisme, où le gouvernement proposait de fournir une arme personnelle aux cadres de la fonction publique, il a refusé, ne voulant pas céder au snobisme de ceux qui étaient fiers de jouir de ce privilège. Personne ne parlait encore du Serment des barbares en Algérie, mais en France les journaux lui consacraient des pages entières que le ministre avait lues. En 2003, il est démis de ses fonctions. “Ma formation et le contexte historique, dit-il, ont donné à mon travail sa forme particulière. Durant les années de jeunesse, lorsque nous discutions entre étudiants, nous ne parlions que de l’Algérie et du choix d’un modèle. Mais tous les choix ont été faits par le pouvoir et nous voilà étrangers dans notre propre pays.” Boualem Sansal sait ce dont il parle. Marqué par des pertes douloureuses, la première étant l’éviction de sa mère, devenue veuve très tôt, au profit d’une mère d’emprunt dont il n’a longtemps pas su quel était le lien exact de parenté avec lui (c’est le sujet de son roman Rue Darwin), il écrit : “J’ai toujours su et j’ai respecté jusqu’au bout le pacte qu’elles avaient passé. Dieu que c’est difficile de vivre en même temps deux vies qui ne doivent jamais ni se croiser ni se regarder… Il est une chose que je regrette amèrement, je n’ai jamais dit ni à l’une ni à l’autre ‘Maman, je t’aime’. Je ne les ai jamais prises dans mes bras. J’ai toujours eu peur de me trahir, de les trahir. Je devais jouer le rôle qu’elles avaient écrit pour moi et je l’ai joué jusqu’au bout… Il est trop tard, je leur dirai tout un jour, dans une autre vie, celle-ci nous a pas mal échappé, elle est passé sans nous.” Consultant et enseignant à l’Institut de la productivité et du développement industriel de Boumerdès, il y rencontre Rachid Mimouni qu’il encourage à publier son premier roman, Le fleuve détourné. Cet ouvrage connaîtra un succès foudroyant, et les deux hommes vont rester liés d’une vive amitié. À son tour, Boualem Sansal, au fil de ses romans, va nous livrer un inventaire sans concession de la société post-coloniale et s’imposer comme l’un des meilleurs écrivains maghrébins capable d’aborder sans langue de bois les thèmes politiques et socioculturels les plus brûlants. Après avoir commencé par publier des ouvrages aussi techniques que confidentiels tels la “post-combustion dans les turboréacteurs”, il est devenu l’auteur à succès de 7 romans couronnés de prix prestigieux (dont le prix de la paix 2011 des libraires allemands et le prix du roman arabe) qui sont traduits dans différentes langues. Il est aussi l’auteur de nombreuses nouvelles et un conférencier et éditorialiste très connu. En France, sa maîtrise de la langue et l’originalité de son écriture viennent de lui valoir le prix de l’Académie française 2015.

Ali Ghanem, cinéaste

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Les œuvres de Sansal regroupées dans “Romans 1999-2011”

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