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Les prix des fruits et légumes seront stables durant le mois de Ramadhan

Contrairement aux précédentes années, l’on ne s’attend pas à une pénurie des fruits et légumes durant ce mois sacré, selon le président de l’Association des commerçants Anca, Hadj Tahar Boulanouar, qui met en évidence “une production nationale abondante”.

Cette prédiction du président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (Anca) est le fruit d’une longue observation des fluctuations du marché. Selon lui, les commerçants grossites, distributeurs de gros ou détaillants des produits de large consommation, fruits et légumes et viandes ont, des semaines auparavant, pris toutes leurs dispositions pour approvisionner le marché.
Notre interlocuteur a expliqué que ces dispositions sont destinées à juguler une éventuelle hausse de 20% de la demande sur ces produits tel que constaté durant le mois de Ramadhan des années précédentes. M. Boulanaouar écarte toute hausse vertigineuse liée à une quelconque pénurie des fruits et légumes durant ce mois sacré. Et ce pour plusieurs raisons. D’abord, la production agricole est abondante. Le mois de Ramadhan coincide avec le mois juin, où il y a une récolte suffisante des produits nécessaires, à l’instar de la pomme de terre qui a commencé en mai, surtout celle de Mostaganem, de la Mitidja et de Aïn Defla, a-t-il indiqué.
Preuve en est, d’après lui, son prix avait commencé à chuter durant la période d’avant le mois de Ramadhan, oscillant entre 30 et 40 DA, alors qu’il y a un peu plus d’un mois, elle se vendait jusqu'à 90 DA. C’est le cas aussi de la tomate, des oignons, poivrons et du poivron piquant, sans compter les haricots et les laitues qui font leur entrée. Idem pour les fruits de saison, notamment les pastèques et melons, qui seront disponibles non seulement durant ce mois, mais même au-delà, jusqu'à la fin de l’été. Pour les produits alimentaires de large consommation, notamment les légumes secs, il existe aussi une quantité au sein du réseau de stockage des commerçants et distributeurs, y compris des institutions étatiques. Soit une quantité abondante pour satisfaire largement les besoins des consommateurs durant le mois de Ramadhan.
Quant aux viandes, malgré une production nationale insuffisante par rapport à la demande, l’on ne s’attend pas à une augmentation des prix de la viande rouge, mais à une légère hausse pour les viandes blanches, a estimé le président de l’Anca. Ce dernier explique que l’Algérie produit moins de 800 000 tonnes de viandes blanches et rouges, alors que la demande nationale en la matière dépasse 1 million de tonnes. Soit un déficit de 200 000 tonnes de viandes annuellement qui est couvert grâce à l’importation. “Si durant ces dernières semaines, son prix a connu une baisse atteignant 180 à 200 DA/le kg, il n’était pas pour encourager le producteur”, a affirmé notre interlocuteur.
Pis encore, “beaucoup d’éleveurs ont même subi des pertes. Cela a bien fait le bonheur des citoyens, bien sûr. Mais il a eu pour effet de décourager les éleveurs, dont certains ont même menacé de ne plus élever les poussins, ce qui se répercutera sur le prix de la viande blanche qui oscillera entre 800 et 1 000 da à la prochaine rentrée sociale”, a déclaré Hadj Tahar Boulanouar. Cependant, avec la demande, il est attendu que ces produits connaîtront une légère hausse durant ce mois-ci, pour atteindre un prix moyen de 260 à 300 DA.
Un prix qui prend en considération les intérêts des consommateurs et des éleveurs. La tendance haussière n’épargnera pas aussi et surtout les fruits secs qui sont susceptibles de connaître une augmentation de 3 à 5%.
Car non seulement ils n’en sont pas produits localement, mais aussi pour la forte demande sur certains produits comme les raisins secs, les pruneaux, etc. En revanche, “le lait cru ne relève pas de notre responsabilité s’il y a un manque, mais de la production qui ne suffit plus durant le mois, où il y a une forte demande. Si vous livrez 5 000 sacs au vendeur, il les écoulera”. Pour y remédier, le président de l’association a appelé les transformateurs du lait privé ou publics en sachet à augmenter la production pour qu’il soit disponible.
L’inquiétant retour des marchés informels
Le plus inquiétant est le risque du retour des points de vente déjà éradiqués. Notre interlocuteur, qui a fait état de nombreux appels de commerçants qui craignent cette situation durant le mois de Ramadhan, rappelle les efforts qui ont été consentis par quelques wilayas, à l’instar d’Alger, d’Oran, pour éradiquer les points de vente informels, mais on craint leur retour durant ce mois. Aussi, il a lancé un appel aux autorités locales, notamment les APC, pour assumer leurs responsabilités face à ce problème de marchés informels, dont ils sont responsables. Sinon, à quoi auront servi tous ces efforts. De plus, cela nuit gravement aussi à l’économie nationale et au consommateur lui-même, eu égard au fait que 80% des produits périmés ou contrefaits (jus) sont vendus par les commerçants de l’informel. Hadj Tahar Boulanouar avertit, toutefois, qu’une augmentation sera constatée durant les premiers jours du Ramadhan, en expliquant qu’elle est liée beaucoup plus à la demande exagérée et anarchique, en déplorant les mauvais comportements des citoyens. Et de lancer un ultime appel aux citoyens pour ne pas stocker, puisque tous les produits dont ils ont besoin sont disponibles en quantités suffisantes et à des prix acceptables.
Pour sa part, un membre du secrétariat national de l’Ugcaa, en l’occurrence Abdelkader Boucherit, a fait état d’une stabilité des prix, contrairement aux précédentes années, où en pareille période est constatée une flambée considérable des prix des fruits et légumes. En dépit d’une légère hausse des prix et des légumes et fruits, il y a quand même une stabilité à ce niveau, et encore une large disponibilité des produits, surtout les fruits et légumes de saison, et de large consommation durant le mois sacré.
Selon lui, il n’y a aucune augmentation en 2016 des produits d’importation à la suite de la dévaluation du dinar. S’agissant de la frénésie des achats qui devance le mois, notre interlocuteur a déploré l’absence de la culture d’approvisionnement chez le consommateur algérien, qui cède à la tentation de stockage, alors que les produits sont disponibles sur les étalages des marchés. C’est d’ailleurs un comportement contre lequel les associations de commerçants et des consommateurs n’ont pas cessé de sensibiliser à travers leurs sorties. M. Boucherit déclare que, la veille de notre entretien, il a, en compagnie du représentant d’une autre association, interpellé et sensibilisé les consommateurs contre l’excès des achats et du gaspillage.
Car les gens gaspillent beaucoup durant le mois de carême ; l’Algérien doit avoir une autre culture de consommation. Comme à chaque fois, à l’approche du Ramadhan, le commerçant essaie toujours de s’approvisionner et de constituer le stock suffisant, de façon à pouvoir faire face à la forte demande des consommateurs, déclare, dans ce sens, notre interlocuteur.
Et pour lutter efficacement contre l’informel, ce secrétaire national de l’UGCAA propose la création d’un maximum de structures plus proches du consommateur, à l’instar des marchés de proximité car c’est le seul moyen de réguler le marché national, estime-t-il.

AMAR RAFA

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Par philhadj Temps de lecture: 5 min
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