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Les titulaires de magister dénoncent des docteurs “cocotte-minute”

Le mouvement de protestation des titulaires de magister n’est pas prêt de s’arrêter. À Béjaïa, il a pris de l’ampleur et a touché les huit facultés. En cause : le nouvel arrêté ministériel n°547/2007, qui fixe les modalités de la formation doctorale et les conditions de la soutenance du doctorat 3e cycle. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a pris cet arrêté en vue d’uniformiser le doctorat algérien. Mais dans l’esprit des titulaires de magister, on veut surtout faire du “doctorat LMD, un doctorat unique au sein du système universitaire algérien, et se débarrasser définitivement du doctorat es sciences, mettant ainsi les titulaires de magister sur le même pied d’égalité que leurs étudiants de master, qu’ils ont eux-mêmes formés et encadrés”.
Occasion pour les rédacteurs d’une déclaration, transmise à la presse, d’énumérer les anomalies relevées dans l’arrêté. On a insisté sur l’article 6 relatif au concours d’entrée en première année de doctorat. Il est demandé aux titulaires du magister de participer à un concours sur titre (étude de dossier). Pour les concernés, cet article “contredit gravement le fondement original du doctorat tel qu’explicité par le décret exécutif n°254-98 du 17 octobre 1998”. Pour eux, c’est une remise en cause du système classique alors que le doctorant a eu accès aux études de magister par voie de concours.
Plus encore, le doctorant, issu du deuxième cycle classique, a poursuivi des études approfondies dans sa spécialité ; le décret n°98-254 du 17 août 1998, relatif à la formation doctorale, à la postgraduation spécialisée et à l’habilitation universitaire, est très clair à ce sujet. Un doctorant en biologie à la faculté des sciences de la vie à Béjaïa témoignera que “les années de magister durent trois années et plus. Études ponctuées de cours et d’examens et d’un travail de terrain. On ne peut pas dire autant des doctorants, issus du LMD, qui sont nos étudiants”.
Il s’agit en l’occurrence de deux années d’études de magister (une année d’études théorique et pratique, et une année pour l’élaboration d’un mémoire) et quatre autres pour la préparation de la thèse de doctorat. Ce qui signifie que la durée totale est de six années (voir le décret n°98-254 du 17 août 1998, cité ci-dessus). Par contre, le doctorat troisième cycle (LMD) est organisé d’une manière identique au magister avec une année théorique et deux années de thèse (trois années au total).
“Les doctorants, issus du magister, ont été initiés à la recherche. Et on n’entre pas en magister n’importe comment : il y a une sélection. Comment ils ont été évalués et sur quelle base ?”, s’est interrogé le doctorant en
biologie.
Ils doivent publier dans des revues de renommée mondiale, indexées à Thomson Reuters. Le hic, a déclaré avec regret un doctorant en sciences humaines, “les diplômés du LMD sont prioritaires et ne subissent pas les contraintes que continuent de subir les titulaires de magister ; les conditions n’ont pas changé pour nous”. Et on aura inévitablement des “docteurs cocotte-minute”.
D’où l’inquiétude de la communauté universitaire. On explique que c’est cette équivalence entre un doctorat acquis après 11 années d’études et de recherches (au minimum) avec un autre acquis en 8 années seulement après le bac et avec des communications et publications nationales qui pose problème.

M. Ouyougoute

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Les titulaires de magister dénoncent des docteurs “cocotte-minute”

Par philhadj Temps de lecture: 3 min
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