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Dans une déclaration rendue publique avant-hier, mais datée du 2 janvier, donc antérieure à la publication de l’avant-projet de révision de la Constitution

“L’État doit reconnaître la dimension multiculturelle de l’Algérie”

Dans une déclaration rendue publique avant-hier, mais datée du 2 janvier, donc antérieure à la publication de l’avant-projet de révision de la Constitution, le Manifeste kabyle a appelé à la reconnaissance “du droit pour toute communauté de la nation algérienne de se constituer comme communauté autonome, avec son parlement et gouvernement régionaux dans le respect des prérogatives régaliennes exclusives de l’État algérien”. Traitant de la révision constitutionnelle annoncée depuis 2011, les animateurs du Manifeste kabyle estiment que “toute une mandature a été focalisée sur le seul objectif de maintenir l’autoritarisme et d’organiser les meilleures conditions d’une succession clanique, en tournant le dos aux demandes pressantes d’un changement profond”, soulignant, dans ce contexte que “le système politique algérien est hégémonique, exclusiviste et répressif”. Le Manifeste considère qu’“un État construit sur des rapports de domination et sur l’idéologie de la discrimination identitaire, cultuelle et culturelle est un État qui installe son avenir dans l’affrontement et le risque d’éclatement”, d’où la nécessité, plaide-t-il, “de reconnaître constitutionnellement un statut politique particulier de la Kabylie”. Pour “faire face au risque réel du démembrement”, le Manifeste préconise “une approche de règlement des conflits dans un cadre institutionnel en accordant aux communautés des droits collectifs, à l’exemple de toutes les nations qui ont opté pour le modèle multiculturel”. Cette reconnaissance doit dériver, précise-t-il, “du droit pour toute communauté de la nation algérienne de se constituer comme communauté autonome, avec son parlement et gouvernement régionaux dans le respect des prérogatives régaliennes exclusives de l’État algérien.
Cette revendication ne passera pas, analyse le Manifeste qui souligne que “la nation algérienne n'est pas uniforme”, qu’elle elle est “multiculturelle” et que, de ce fait, “l’État doit reconnaître toutes les communautés qui la constituent. L'union de la nation se fera sur la base du respect des différences de ses composantes, dans un désir de destin commun et le respect de l’intégrité territoriale de l’Algérie”. Les animateurs du Manifeste estiment aussi qu’une Constitution doit “supprimer la définition exclusive de l'Algérie en tant que pays arabe, inscrite dans le préambule de la Constitution”. “Ce sera la réparation d'une aberration totalitaire envers des millions d'Algériens (…).” Concernant l’officialisation de tamazight, le texte explique que si ce statut d’officialité n’accorde pas aux amazighophones le droit de la développer, de manière souveraine dans leurs régions, “elle sera un leurre constitutionnel et engendrera encore plus de frustration et pérennisera le sentiment d'exclusion”. Le Manifeste plaide, enfin, pour la modification de l'article 42 portant sur la création de partis politiques “en ouvrant le champ politique aux organisations politiques régionales, les intégrant ainsi dans la vie politique nationale”.

R. N.

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“L’État doit reconnaître la dimension multiculturelle de l’Algérie”

Par philhadj Temps de lecture: 2 min
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