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La jeune auteure (née en 1989) signe là son second livre qui, sans être nécessairement un chef d’œuvre, promet tout de même un bel avenir à une plume qui déborde d’imagination. Junon Lys, de son vrai nom Hanane Bouraï, vient de sortir aux éditions Apic son deuxième roman, Aussi loin iras-tu, après un premier opus intitulé L’arbre infortuné publié aux éditions El-Amel en 2014. Originaire de Boudjima, un petit village aux environs de Tizi Ouzou, et enseignante de langue anglaise dans un lycée de Tigzirt, la jeune auteure (née en 1989) signe là son second livre qui, sans être nécessairement un chef-d’œuvre, promet tout de même un bel avenir à une plume qui déborde d’imagination. Une imagination qui semble côtoyer la réalité tant la description des lieux, leurs noms réels, les personnages choisis, les histoires confuses et imbriquées les unes aux autres rappellent notre quotidien de tous les jours. Un quotidien dur et cruel que vit Brenda, le personnage principal du roman, qui ira de péripétie en péripétie entre la France et l’Algérie, entre Lorient et la Kabylie. La jeune Brenda naît en Algérie, puis est contrainte de partir en France avec son père. Mais voilà que le père ne veut plus d’elle car elle gêne ses projets futurs ; il la contraint donc à retourner à son village natal sous prétexte qu’elle devait “connaître davantage ton pays natal, changer d’air, faire connaissance avec ses ancêtres et leur culture et pratiquer la langue maternelle”. La voilà donc déposée comme un vulgaire fardeau à Tigzirt, chez sa grand-mère qui ne l’apprécie guère. Elle le sent, elle le voit mais n’y comprend rien. Elle s’interroge, elle pose des questions à son entourage et veut tout savoir ; son passé semble louche, et le mystère qui entoure le souvenir de sa mère la laisse perplexe… On la disait morte, mais où se trouve sa tombe ? Pourquoi aucun portrait d’elle ne se trouve dans la maison ? Pourquoi ne connaît-elle personne de sa famille maternelle ? Pourquoi… Pourquoi ? Que d’interrogations tout au long de ce récit qui frise parfois la confusion tant l’histoire est enchevêtrée, le style déroutant et les personnages complexes. En somme, Aussi loin iras-tu est un roman juvénile qui semble être une quête d’identité perdue ou du moins la recherche d’une histoire égarée dans les pages de la vie ; un écrit modeste né de la main inexpérimentée d’une jeunesse avide de tout dire, soucieuse de tout dénoncer, notamment une société dure et intransigeante, des conflits de générations, des malaises individuels qui drainent un mal-être général, des silences et des mensonges qui détruisent le moral, des comportements archaïques et des non-dits dévastateurs… Samira Bendris Aussi loin iras-tu, aux éditions Apic, 2016. 500 DA

L’histoire d’une jeune fille en quête d’identité

La jeune auteure (née en 1989) signe là son second livre qui, sans être nécessairement un chef d’œuvre, promet tout de même un bel avenir à une plume qui déborde d’imagination.

Junon Lys, de son vrai nom Hanane Bouraï, vient de sortir aux éditions Apic son deuxième roman, Aussi loin iras-tu, après un premier opus intitulé L’arbre infortuné publié aux éditions El-Amel en 2014. Originaire de Boudjima, un petit village aux environs de Tizi Ouzou, et enseignante de langue anglaise dans un lycée de Tigzirt, la jeune auteure (née en 1989) signe là son second livre qui, sans être nécessairement un chef-d’œuvre, promet tout de même un bel avenir à une plume qui déborde d’imagination. Une imagination qui semble côtoyer la réalité tant la description des lieux, leurs noms réels, les personnages choisis, les histoires confuses et imbriquées les unes aux autres rappellent notre quotidien de tous les jours. Un quotidien dur et cruel que vit Brenda, le personnage principal du roman, qui ira de péripétie en péripétie entre la France et l’Algérie, entre Lorient et la Kabylie. La jeune Brenda naît en Algérie, puis est contrainte de partir en France avec son père. Mais voilà que le père ne veut plus d’elle car elle gêne ses projets futurs ; il la contraint donc à retourner à son village natal sous prétexte qu’elle devait “connaître davantage ton pays natal, changer d’air, faire connaissance avec ses ancêtres et leur culture et pratiquer la langue maternelle”. La voilà donc déposée comme un vulgaire fardeau à Tigzirt, chez sa grand-mère qui ne l’apprécie guère. Elle le sent, elle le voit mais n’y comprend rien. Elle s’interroge, elle pose des questions à son entourage et veut tout savoir ; son passé semble louche, et le mystère qui entoure le souvenir de sa mère la laisse perplexe… On la disait morte, mais où se trouve sa tombe ? Pourquoi aucun portrait d’elle ne se trouve dans la maison ? Pourquoi ne connaît-elle personne de sa famille maternelle ? Pourquoi… Pourquoi ? Que d’interrogations tout au long de ce récit qui frise parfois la confusion tant l’histoire est enchevêtrée, le style déroutant et les personnages complexes. En somme, Aussi loin iras-tu est un roman juvénile qui semble être une quête d’identité perdue ou du moins la recherche d’une histoire égarée dans les pages de la vie ; un écrit modeste né de la main inexpérimentée d’une jeunesse avide de tout dire, soucieuse de tout dénoncer, notamment une société dure et intransigeante, des conflits de générations, des malaises individuels qui drainent un mal-être général, des silences et des mensonges qui détruisent le moral, des comportements archaïques et des non-dits dévastateurs…

Samira Bendris
Aussi loin iras-tu, aux éditions Apic, 2016. 500 DA

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L’histoire d’une jeune fille en quête d’identité

Par philhadj Temps de lecture: 2 min
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