Accueil / Une / Libye : Faïz Serradj annonce un nouvel Exécutif d’ici à dix jours
Le président du Conseil présidentiel, Faïz Serradj, formera un nouveau gouvernement dans un délai de dix jours, après le rejet lundi, par le Parlement reconnu de Tobrouk, de l’exécutif qu’il a annoncé une semaine auparavant. “À la demande du Parlement, (le Premier ministre désigné) Faïz Serradj proposera une formation plus restreinte du gouvernement d'union nationale”, a déclaré, à l'AFP, Fathi Ben-Issa, conseiller de ce gouvernement. “Des 104 députés présents (...), 89 ont dit non”, avait indiqué l'un d'eux, Ali al-Gaydi, à l'issue du vote qui s’est déroulé lundi après-midi à Tobrouk, où s’est exilé le Parlement reconnu, en raison de l’insécurité dans la capitale Tripoli. Dans une déclaration à l’APS, un autre député el-Salhine Abdelnabi avait expliqué que les élus de Tobrouk ont “rejeté ce gouvernement à cause du nombre des ministres”, qualifié de “pléthorique”. Confrontés à une crise politique aiguë et à la menace terroriste, beaucoup de Libyens estiment qu’un gouvernement de transition de 32 ministres est une aberration, bien que ce nombre ait été atteint dans le strict souci d’assurer une meilleure représentativité de tous les acteurs politiques et tribaux dans le pays. Mais l’effectif pléthorique est loin d’être le seul argument opposé par les élus de Tobrouk pour justifier leur vote. L’article 8 de l’Accord de paix onusien, signé à Skhirat (Maroc) le 17 décembre dernier, a motivé le choix des élus de Tobrouk qui voyait en son contenu une manière de la communauté internationale d’imposer une sorte de “tutorat” sur les Libyens. Pour rappel, l’article 8 de l’accord parrainé par l’Onu, dans le cadre du processus de dialogue interlibyen lancé à Genève en janvier 2015, prévoit exactement de “transférer tous les pouvoirs de l’armée, des postes de responsabilité civile et de sécurité, prévus à ce sujet dans les lois et règlements inscrits, au Premier ministre, immédiatement après la signature de l’accord. Le Conseil décide des personnalités à nommer à ces postes dans un délai ne dépassant pas les 20 jours. En l’absence d’une décision, après ce délai, le Conseil procédera à la désignation d’autres personnes dans un délai ne dépassant par les 30 jours, en tenant compte des lois et règlements figurant dans la législation libyenne”. Cet article est considéré comme une manière d’exclure certains dirigeants politiques et militaires, tels que le général à la retraite Khalifa Haftar, commandant en chef de l’opération Al-Karama (La dignité), à Benghazi, et d’autres localités de l’Est libyen. Cette figure controversée sur la scène libyenne est l’ennemie n°1 des dirigeants du gouvernement parallèle de Tripoli, sous l’autorité des islamistes de Fajr Libya. Bénéficiant du soutien d’une partie des politiques et des chefs tribaux de l’Est libyen, ainsi que de celui de certains pays comme l’Égypte, la Jordanie et les Émirats arabes unis, Khalifa Haftar constitue la pomme de discorde dans le processus onusien. Ce qui explique les difficultés de faire avancer le dialogue et de mettre en place ce gouvernement d’union qui n’est qu’une étape dans ce processus de sortie de crise. La bataille pour la paix est loin d’être gagnée en Libye, où l’organisation autoproclamée État islamique essaie d’embraser le pays et de prendre le contrôle des champs pétroliers. Lyès Menacer

Libye : Faïz Serradj annonce un nouvel Exécutif d’ici à dix jours

Le président du Conseil présidentiel, Faïz Serradj, formera un nouveau gouvernement dans un délai de dix jours, après le rejet lundi, par le Parlement reconnu de Tobrouk, de l’exécutif qu’il a annoncé une semaine auparavant. “À la demande du Parlement, (le Premier ministre désigné) Faïz Serradj proposera une formation plus restreinte du gouvernement d'union nationale”, a déclaré, à l'AFP, Fathi Ben-Issa, conseiller de ce gouvernement. “Des 104 députés présents (…),
89 ont dit non”, avait indiqué l'un d'eux, Ali al-Gaydi, à l'issue du vote qui s’est déroulé lundi après-midi à Tobrouk, où s’est exilé le Parlement reconnu, en raison de l’insécurité dans la capitale Tripoli.
Dans une déclaration à l’APS, un autre député el-Salhine Abdelnabi avait expliqué que les élus de Tobrouk ont “rejeté ce gouvernement à cause du nombre des ministres”, qualifié de “pléthorique”. Confrontés à une crise politique aiguë et à la menace terroriste, beaucoup de Libyens estiment qu’un gouvernement de transition de 32 ministres est une aberration, bien que ce nombre ait été atteint dans le strict souci d’assurer une meilleure représentativité de tous les acteurs politiques et tribaux dans le pays. Mais l’effectif pléthorique est loin d’être le seul argument opposé par les élus de Tobrouk pour justifier leur vote.
L’article 8 de l’Accord de paix onusien, signé à Skhirat (Maroc) le 17 décembre dernier, a motivé le choix des élus de Tobrouk qui voyait en son contenu une manière de la communauté internationale d’imposer une sorte de “tutorat” sur les Libyens. Pour rappel, l’article 8 de l’accord parrainé par l’Onu, dans le cadre du processus de dialogue interlibyen lancé à Genève en janvier 2015, prévoit exactement de “transférer tous les pouvoirs de l’armée, des postes de responsabilité civile et de sécurité, prévus à ce sujet dans les lois et règlements inscrits, au Premier ministre, immédiatement après la signature de l’accord. Le Conseil décide des personnalités à nommer à ces postes dans un délai ne dépassant pas les 20 jours. En l’absence d’une décision, après ce délai, le Conseil procédera à la désignation d’autres personnes dans un délai ne dépassant par les 30 jours, en tenant compte des lois et règlements figurant dans la législation libyenne”. Cet article est considéré comme une manière d’exclure certains dirigeants politiques et militaires, tels que le général à la retraite Khalifa Haftar, commandant en chef de l’opération Al-Karama (La dignité), à Benghazi, et d’autres localités de l’Est libyen.
Cette figure controversée sur la scène libyenne est l’ennemie n°1 des dirigeants du gouvernement parallèle de Tripoli, sous l’autorité des islamistes de Fajr Libya.
Bénéficiant du soutien d’une partie des politiques et des chefs tribaux de l’Est libyen, ainsi que de celui de certains pays comme l’Égypte, la Jordanie et les Émirats arabes unis, Khalifa Haftar constitue la pomme de discorde dans le processus onusien. Ce qui explique les difficultés de faire avancer le dialogue et de mettre en place ce gouvernement d’union qui n’est qu’une étape dans ce processus de sortie de crise. La bataille pour la paix est loin d’être gagnée en Libye, où l’organisation autoproclamée État islamique essaie d’embraser le pays et de prendre le contrôle des champs pétroliers.

Lyès Menacer

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Libye : Faïz Serradj annonce un nouvel Exécutif d’ici à dix jours

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