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Le parti au pouvoir en Tunisie, Nidaa Tounès, tient son congrès au lendemain de la démission de seize de ses députés, rejoints hier par un dix-septième, Wallid Jallad.

Nidaa Tounès à la croisée des chemins

Le parti au pouvoir en Tunisie, Nidaa Tounès, tient son congrès au lendemain de la démission de seize de ses députés, rejoints hier par un dix-septième, Wallid Jallad.

C’est hier que se sont ouverts à Sousse les travaux du congrès national de Nidaa Tounès, dans un contexte de crise aiguë qui secoue ce parti depuis des semaines et qui risque de provoquer son éclatement. Et pour cause, vendredi, 16 députés de ce mouvement ont annoncé leur défection, ils ont été rejoints hier par un 17e élu à l’Assemblée nationale, privant ainsi le parti du président tunisien Béji Caïd Essebsi de la majorité au Parlement. En effet, avec ces nouvelles démissions, qui s’ajoutent aux 32 autres, dont celle de l’ancien secrétaire général du parti, Mohsen Marzouk, Nidaa Tounes dispose d’un même nombre d’élus que le mouvement islamiste Ennahdha de Rached Ghannouchi, soit 69 députés chacun. Et ce n’est pas encore fini.
Trois ou quatre autres députés pourraient quitter le parti d’Essebsi, accusé par ses anciens amis de mettre son fils à la tête de son parti pour en faire une dynastie familiale. Ce groupe de députés démissionnaires devient la troisième force au Parlement tunisien, recomposant de fait l’équilibre politique au sein de cette assemblée.
Le règlement intérieur de l’Assemblée prévoit qu’un nombre de sept membres ou plus peuvent former un groupe parlementaire, ce qui compliquera ainsi la tâche à Nidaa Tounès lors du vote d’éventuels projets de loi, dont certains sont d’une sensiblité extrême, car le contexte politico-sécuritaire dans le pays est des plus fragiles. Arrivé au pouvoir fin décembre 2014, après trois longues années d’un processus de transition qui a mis le pays à rude épreuve face à la tentation islamiste, Nidaa Tounès a été contraint de composer avec Ennahdha.
Parallèlement, des conflits de personnes ont commencé à naître en son sein, plongeant le parti dans une grave crise qui a atteint son paroxysme ces deux derniers mois avec la démission de Mohsen Marzouk, son ex-secrétaire général et ambitieux homme politique, qui compte lancer son nouveau parti dès aujourd’hui.
Dans son allocution d’ouverture, l’actuel président de Nidaa Tounès, Mohamed Ennaceur, a tenté de minimiser l’ampleur de la crise que vit son parti, alors qu’elle risque d’y laisser des plumes et de lui faire perdre son poids au Parlement, aussi bien qu’au sein d’une population tunisienne que la situation socio-économique commence sérieusement à exaspérer.
Pour M. Ennaceur, la tenue de ce congrès est la preuve de la bonne santé de son parti, estimant que c’est grâce au charisme de Béji Caïd Essebsi et ses jeunes militants qu’il se maintient comme la première force politique dans le pays. Et d’accuser ses détracteurs qui ont démissionné des instances du parti d’avoir privilégié leurs intérêts personnels à ceux du mouvement et du peuple tunisien.

Lyès Menacer

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Nidaa Tounès à la croisée des chemins

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