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Liberté : Que vous inspire le gel du rachat d’actions du groupe El Khabar par la société Ness-Prod ? Chérif Rezki : Nous sommes devant une situation inédite. L’Algérie n’a jamais connu une situation où une transaction déjà conclue est annulée. La transaction s’est faite chez un notaire qui, d’ailleurs, représente la loi, et elle a été enregistrée conformément à la réglementation en vigueur. Si la transaction n’était pas légale, elle n’aurait pas franchi toutes ces étapes administratives et juridiques. C’est la preuve que le verdict d’aujourd’hui (hier, ndlr) relève du fait du prince. Vous attendiez-vous à cette décision ? Nous sommes face à un pouvoir totalitaire. Un pouvoir qui ne respecte pas ses propres lois. Ce n’est pas nous qui avons décrété l’autorité de régulation de la presse écrite. C’est le président de la République qui a décrété cette autorité à laquelle le ministre de la Communication s’est aujourd’hui substitué. Dans cette affaire, il y a une grave atteinte aux libertés individuelles. L’article 43 de la Constitution reconnaît pourtant la liberté d’investissement et de commerce. Il y a donc atteinte à la liberté de propriété. Qu’implique maintenant le gel de la transaction et de ses effets sur le plan de la gestion et de l’organisation au niveau d’El Khabar ? Les anciens actionnaires ont cédé leurs parts et ne peuvent pas les reprendre. Avec cette décision de geler la transaction, El Khabar se retrouve dans une situation de vide. Le gel de la transaction rend-il caduques les récentes décisions prises au niveau du groupe, notamment votre nomination en tant que directeur de publication du quotidien “El Khabar” ? Les décisions dans les sociétés par actions (SPA) sont prises par le conseil d’administration. L’ancien conseil s’est retiré et les anciens actionnaires ont préféré céder leurs parts à une personne qui veillerait à garder la même ligne éditoriale du journal, plutôt que de voir El Khabar sombrer entre les mains du pouvoir. Je suis donc encore là et j’attends que Hamid Grine vienne me dire de partir, mais pour cela, il faudrait d’abord qu’il me dise comment et pourquoi. Les travailleurs d’“El Khabar” s’inquiètent justement de cette situation de vide… Dans un pays qui se respecte, c’est l’État qui s’inquiète de l’avenir d’une entreprise et de ses travailleurs. De toutes les manières, ce gel ne va pas influer sur nous. Nous allons continuer à travailler dans la même dynamique. Le combat continue. Entretien réalisé par : M. Mehenni

“Nous sommes face à une situation inédite”

Liberté : Que vous inspire le gel du rachat d’actions du groupe El Khabar par la société Ness-Prod ?
Chérif Rezki :
Nous sommes devant une situation inédite. L’Algérie n’a jamais connu une situation où une transaction déjà conclue est annulée. La transaction s’est faite chez un notaire qui, d’ailleurs, représente la loi, et elle a été enregistrée conformément à la réglementation en vigueur. Si la transaction n’était pas légale, elle n’aurait pas franchi toutes ces étapes administratives et juridiques. C’est la preuve que le verdict d’aujourd’hui (hier, ndlr) relève du fait du prince.

Vous attendiez-vous à cette décision ?
Nous sommes face à un pouvoir totalitaire. Un pouvoir qui ne respecte pas ses propres lois. Ce n’est pas nous qui avons décrété l’autorité de régulation de la presse écrite. C’est le président de la République qui a décrété cette autorité à laquelle le ministre de la Communication s’est aujourd’hui substitué. Dans cette affaire, il y a une grave atteinte aux libertés individuelles.
L’article 43 de la Constitution reconnaît pourtant la liberté d’investissement et de commerce. Il y a donc atteinte à la liberté de propriété.

Qu’implique maintenant le gel de la transaction et de ses effets sur le plan de la gestion et de l’organisation au niveau d’El Khabar ?
Les anciens actionnaires ont cédé leurs parts et ne peuvent pas les reprendre. Avec cette décision de geler la transaction, El Khabar se retrouve dans une situation de vide.

Le gel de la transaction rend-il caduques les récentes décisions prises au niveau du groupe, notamment votre nomination en tant que directeur de publication du quotidien “El Khabar” ?
Les décisions dans les sociétés par actions (SPA) sont prises par le conseil d’administration.
L’ancien conseil s’est retiré et les anciens actionnaires ont préféré céder leurs parts à une personne qui veillerait à garder la même ligne éditoriale du journal, plutôt que de voir El Khabar sombrer entre les mains du pouvoir. Je suis donc encore là et j’attends que Hamid Grine vienne me dire de partir, mais pour cela, il faudrait d’abord qu’il me dise comment et pourquoi.

Les travailleurs d’“El Khabar” s’inquiètent justement de cette situation de vide…
Dans un pays qui se respecte, c’est l’État qui s’inquiète de l’avenir d’une entreprise et de ses travailleurs.
De toutes les manières, ce gel ne va pas influer sur nous. Nous allons continuer à travailler dans la même dynamique.
Le combat continue.

Entretien réalisé par : M. Mehenni

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Par philhadj Temps de lecture: 2 min
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