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Le vice-ministre de la Défense nationale, chef d'état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah met de nouveau les pieds dans le plat.

Nouvelle intrusion politique de Gaïd Salah

Le vice-ministre de la Défense nationale, chef d'état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah met de nouveau les pieds dans le plat.
Alors que la classe politique attendait de l’armée une position de neutralité par rapport au champ politique, M. Gaïd Salah rompt, une nouvelle fois, cette ligne de conduite pour s’étaler longuement sur la question de la révision constitutionnelle dont le projet, le moins que l’on puisse dire, est l’objet d’une controverse et d’un débat au sein de la société.
Le général a, en effet, saisi l’occasion d’une réunion des cadres chargés de la formation de l’ANP, pour distiller de nombreux messages à forte connotation politique, à commencer par un soutien sans ambages à la révision engagée de la Constitution par l’Exécutif.
“Nous saluons, en premier lieu, la démarche de Son Excellence, M. le président de la République, à travers la révision de la Constitution, que nous considérons, à juste titre, comme le pivot dans le renforcement du processus démocratique de notre pays et de la vision d’avenir visant à consolider les fondements de l’unité nationale”, a-t-il affirmé, dans un laïus qui ne souffre aucune équivoque quant à l’appui renforcé à tous les projets du président Bouteflika. Comme pour renvoyer l’ascenseur au chef de l’État, qui a intégré quelques passages concernant le rôle de l’armée dans le paysage national découlant de la nouvelle Constitution, le chef d'état-major prend note de ces “signes de considération, d’appréciation et de reconnaissance, qu’a réservés le projet de révision de la Constitution à l’ANP”, tout en exprimant, à ce sujet, sa “profonde gratitude”. Ce sentiment de gratitude est formulé, si l’on se réfère aux propos du chef d’état-major, par tous “les militaires”. Une manière, sans aucun doute, pour l’orateur, d’insinuer qu’il exprime, ainsi, l’avis de tous les militaires et pas seulement celui de l’état-major sur cette question sensible. Autrement dit, il n’y a pas de place pour une autre opinion sur la révision constitutionnelle dans l’armée que celle exprimée par lui-même. Mais, pourquoi une telle insistance ?
Pourtant, il n’hésite pas, dans le même temps, à réitérer ce qu’il considère comme “l’engagement de l'Armée à mener amplement ses missions constitutionnelles et nationales”. Ce qui constitue, de prime abord, une tentative de semer la confusion par rapport aux véritables missions constitutionnelles de l’armée. Mais, ce qui surprend le plus dans la nouvelle sortie du chef d’état-major, c’est le ton employé. “Nous nous considérons, en tant que militaires, des boucliers de l’Algérie, des remparts de son indépendance, des défenseurs de son indépendance nationale et de son unité territoriale et populaire. Tout en étant fiers de ces missions nationales et constitutionnelles qui sont assignées à nos Forces armées, nous veillons continuellement, sans répit, à les accomplir en toutes circonstances”, martèle, en effet, le général. Le langage emprunté tend-il à démontrer, une nouvelle fois, à l’opinion publique que l’armée a bien choisi son camp dans cette polémique qui traverse la société algérienne à propos du projet de révision constitutionnelle ? M. Gaïd Salah va même jusqu’à se présenter comme l’avocat du bilan de Bouteflika, estimant que “les intérêts personnels ne peuvent, en aucun cas, être un prétexte pour omettre ce qui a été réalisé dans notre pays comme acquis durant les dernières années”. Quels messages voudrait-il faire passer ? À qui s’adressent ses propos ? Pourquoi maintenant ? Autant de questions qui s’imposent, surtout que la sortie du chef d’état-major intervient dans une phase délicate, sur le double plan politique et économique, pour l’avenir de la nation. Si la classe politique n’a de cesse de réclamer la neutralité de l’appareil sécuritaire par rapport au champ politique, ce n’est, visiblement, pas demain la veille que cette revendication sera satisfaite.

Hamid Saïdani

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Par philhadj Temps de lecture: 3 min
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