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Plus 1 400 logements sociaux locatifs (OPGI) ont été vendus illégalement et 915 autres ont été sous-loués à des tiers alors que 1 051 autres logements sont inoccupés, ce qui donne un total de 3 366 logements “inexploités” par leurs vrais bénéficiaires, a révélé avant-hier, jeudi, le directeur de l’OPGI de la wilaya de Boumerdès, Moulhi Omar, lors de la session de l’APW consacrée à l’examen du budget supplémentaire et au dossier social. “Nous avons enrôlé plusieurs affaires dans les tribunaux et pour certains cas au pénal pour récupérer ces logements qui tombent sous de nombreuses infractions et manquements à la loi”, a-t-il expliqué, précisant que cette enquête a été demandée par le ministère de l’Habitat. Il a ajouté que ses services ont réussi à restituer “pas mal de logements à l’issue de ces investigations” alors que les autres logements ont fait l’objet d’un rapport transmis au ministère de l’Intérieur et au gouvernement. Dans la majorité des cas, cette vente a été concrétisée à travers les formules “pas-de-porte” où l’hypothèque n’obéit à aucune réglementation. Le drame est que la plupart des acquéreurs sont vraiment dans le besoin, notamment ceux n’ayant pas pu obtenir des logements dans le cadre des commissions de daïra. “Ces derniers ne demandent qu’à être régularisés et sont prêts à s’acquitter des arriérés de loyers qui se chiffrent à des milliards de dinars”, a-t-il souligné. Cette enquête, qui a été menée dans toutes les wilayas du pays, a été circonscrite uniquement au logement social locatif. Il se peut, toutefois, que les autres formules telles que l’AADL, LSP… connaissent les mêmes forfaitures. L’on sait qu’en 2014, une étude élaborée par le Centre national d’études et de recherches appliquées en urbanisme (Cneru), se rapportant au plan d’aménagement du territoire de la wilaya de Boumerdès, a révélé que plus de 34 237 logements, sur les 159 557 recensés, sont inoccupés. Le ministère de l’Habitat a estimé, l’année dernière, que 250 000 logements sociaux locatifs inoccupés par leurs vrais acquéreurs sur tout le territoire national, soit près de 20% du parc national de l’OPGI. La plupart étaient vendus ou sous-loués en dehors de toute réglementation. Les chiffres d’un tel trafic sont tellement importants qu’on se demande comment les responsables à l’origine de cette situation n’aient jamais été inquiétés. L’on sait que ces logements ont été distribués par les chefs de daïra, les walis et les élus à des personnes qui ne sont nullement dans le besoin pendant que d’autres, plus nécessiteux, sont éjectés des listes d’attribution. Ce qui a souvent donné lieu à des mouvements de contestation et des émeutes. Pour d’autres responsables interrogés, le favoritisme et le népotisme ne sont pas la seule explication. Ce sont les critères d’attribution qui sont également pointés du doigt. Et il est temps de les revoir, disent-il. “Un chômeur célibataire a plus de chances d’obtenir un logement social qu’un ouvrier de la SNVI qui a trois enfants à charge et qui perçoit un salaire de 20 000 DA, soit 2 000 DA de plus que le SMIG, tel qu’exigé par le décret relatif au logement social”, affirme un responsable local. M. T.

Plus 1 400 logements sociaux vendus illégalement et 915 autres sous-loués

Plus 1 400 logements sociaux locatifs (OPGI) ont été vendus illégalement et 915 autres ont été sous-loués à des tiers alors que 1 051 autres logements sont inoccupés, ce qui donne un total de 3 366 logements “inexploités” par leurs vrais bénéficiaires, a révélé avant-hier, jeudi, le directeur de l’OPGI de la wilaya de Boumerdès, Moulhi Omar, lors de la session de l’APW consacrée à l’examen du budget supplémentaire et au dossier social. “Nous avons enrôlé plusieurs affaires dans les tribunaux et pour certains cas au pénal pour récupérer ces logements qui tombent sous de nombreuses infractions et manquements à la loi”, a-t-il expliqué, précisant que cette enquête a été demandée par le ministère de l’Habitat. Il a ajouté que ses services ont réussi à restituer “pas mal de logements à l’issue de ces investigations” alors que les autres logements ont fait l’objet d’un rapport transmis au ministère de l’Intérieur et au gouvernement.
Dans la majorité des cas, cette vente a été concrétisée à travers les formules “pas-de-porte” où l’hypothèque n’obéit à aucune réglementation.
Le drame est que la plupart des acquéreurs sont vraiment dans le besoin, notamment ceux n’ayant pas pu obtenir des logements dans le cadre des commissions de daïra. “Ces derniers ne demandent qu’à être régularisés et sont prêts à s’acquitter des arriérés de loyers qui se chiffrent à des milliards de dinars”, a-t-il souligné.
Cette enquête, qui a été menée dans toutes les wilayas du pays, a été circonscrite uniquement au logement social locatif.
Il se peut, toutefois, que les autres formules telles que l’AADL, LSP… connaissent les mêmes forfaitures. L’on sait qu’en 2014, une étude élaborée par le Centre national d’études et de recherches appliquées en urbanisme (Cneru), se rapportant au plan d’aménagement du territoire de la wilaya de Boumerdès, a révélé que plus de 34 237 logements, sur les 159 557 recensés, sont inoccupés. Le ministère de l’Habitat a estimé, l’année dernière, que 250 000 logements sociaux locatifs inoccupés par leurs vrais acquéreurs sur tout le territoire national, soit près de 20% du parc national de l’OPGI.
La plupart étaient vendus ou sous-loués en dehors de toute réglementation. Les chiffres d’un tel trafic sont tellement importants qu’on se demande comment les responsables à l’origine de cette situation n’aient jamais été inquiétés.
L’on sait que ces logements ont été distribués par les chefs de daïra, les walis et les élus à des personnes qui ne sont nullement dans le besoin pendant que d’autres, plus nécessiteux, sont éjectés des listes d’attribution. Ce qui a souvent donné lieu à des mouvements de contestation et des émeutes. Pour d’autres responsables interrogés, le favoritisme et le népotisme ne sont pas la seule explication.
Ce sont les critères d’attribution qui sont également pointés du doigt. Et il est temps de les revoir, disent-il. “Un chômeur célibataire a plus de chances d’obtenir un logement social qu’un ouvrier de la SNVI qui a trois enfants à charge et qui perçoit un salaire de 20 000 DA, soit 2 000 DA de plus que le SMIG, tel qu’exigé par le décret relatif au logement social”, affirme un responsable local.

M. T.

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Plus 1 400 logements sociaux vendus illégalement et 915 autres sous-loués

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