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La Bibliothèque nationale d’Algérie, à El- Hamma (Alger), a abrité les 5 et 6 novembre un colloque international sur tamazight, organisé par le Centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement de tamazight (CNPLET/MEN). Consacrée à la “réception sociale” de cette langue, la rencontre, la huitième du genre, prévue initialement à Tamanrasset, fait suite à la journée d’étude de décembre 2014 relative à l’écriture de la langue amazighe et à la “normalisation” linguistique. Une normalisation qui, de l’avis des organisateurs, ne saurait faire abstraction des “concepts de base mis en avant à chaque fois”. Pendant les deux jours, les participants se sont penchés sur le système orthographique et la notation de tamazight qui, rappelons-le, a été introduite depuis une vingtaine d’années (année scolaire 1995-1996) dans le système éducatif, puis promue au statut de langue nationale en 2002, avant d’être officialisée dans la dernière Constitution (2016). À l’ouverture des travaux, le directeur du CNPLET, Abderrezak Dourari, a annoncé que son organisme “s’est approché de l’utilisation des TIC (technologies de l'information et de la communication) pour le traitement du langage”, en indiquant que pendant le colloque il traitera de “la simplification” de l’écriture de tamazight en caractères latins. Le Dr Dourari a également abordé “la question financière”, notant que sans l’aide d’un ensemble de sponsors (Bibliothèque nationale d’Algérie, éditions Anep, BDL, Onat, partenaires médias et autres entreprises), il aurait été “impossible” d’organiser le VIIIe colloque. Tout en applaudissant l’union de “l’avoir et (du) savoir”, le professeur des sciences du langage et de traductologie a affirmé qu’il s’agit d’un “geste de citoyenneté, de mécénat” qui dénote d’une civilité toute nouvelle en Algérie. Plus loin, l’expert en linguistique a aussi rappelé qu’“on n’est plus dans la revendication (de tamazight) à caractère politique”, tout en appuyant le travail pour “l’algérianité citoyenne” du centre qu’il dirige. De son côté, Imad Saleh, le directeur du laboratoire Paragraphe (université Paris 8 et Cergy-Pontoise) et co-organisateur du colloque, est revenu sur les risques de “perdre notre culture et notre langue”, rappelant que la langue anglaise est “en train de dominer le monde et d’agresser les langues locales”. “La langue a besoin d’être enrichie tout le temps, sinon, elle va mourir et c’est alors la mort d’une culture”, a-t-il déclaré, en insistant sur le rôle des chercheurs dans le domaine de la sauvegarde et de la transcription d’une langue. Le colloque sur tamazight d’El-Hamma a accueilli des universitaires et des chercheurs, dont des spécialistes marocains et français, venus parler de leurs expériences linguistiques respectives. En marge de la rencontre, M. Dourari nous a révélé que la rencontre s’adresse “essentiellement à un public de connaisseurs, c’est-à-dire des spécialistes” et, d’une façon générale, à “un public averti sur ces questions”. Il a en outre annoncé que les actes du colloque, qui seront publiés en 2017 aux éditions du Centre et financés par l’Anep, seront dédiés aux “grands absents” : Boudjema Benhabirèche, membre de l’APW de Tamanrasset, et le chercheur australien André Savage, spécialiste des Touaregs, tous deux décédés cette année. Hafida Ameyar

Réflexion autour de la simplification de l’écriture

La Bibliothèque nationale d’Algérie, à El- Hamma (Alger), a abrité les 5 et 6 novembre un colloque international sur tamazight, organisé par le Centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement de tamazight (CNPLET/MEN). Consacrée à la “réception sociale” de cette langue, la rencontre, la huitième du genre, prévue initialement à Tamanrasset, fait suite à la journée d’étude de décembre 2014 relative à l’écriture de la langue amazighe et à la “normalisation” linguistique. Une normalisation qui, de l’avis des organisateurs, ne saurait faire abstraction des “concepts de base mis en avant à chaque fois”. Pendant les deux jours, les participants se sont penchés sur le système orthographique et la notation de tamazight qui, rappelons-le, a été introduite depuis une vingtaine d’années (année scolaire 1995-1996) dans le système éducatif, puis promue au statut de langue nationale en 2002, avant d’être officialisée dans la dernière Constitution (2016). À l’ouverture des travaux, le directeur du CNPLET, Abderrezak Dourari, a annoncé que son organisme “s’est approché de l’utilisation des TIC (technologies de l'information et de la communication) pour le traitement du langage”, en indiquant que pendant le colloque il traitera de “la simplification” de l’écriture de tamazight en caractères latins. Le Dr Dourari a également abordé “la question financière”, notant que sans l’aide d’un ensemble de sponsors (Bibliothèque nationale d’Algérie, éditions Anep, BDL, Onat, partenaires médias et autres entreprises), il aurait été “impossible” d’organiser le VIIIe colloque. Tout en applaudissant l’union de “l’avoir et (du) savoir”, le professeur des sciences du langage et de traductologie a affirmé qu’il s’agit d’un “geste de citoyenneté, de mécénat” qui dénote d’une civilité toute nouvelle en Algérie. Plus loin, l’expert en linguistique a aussi rappelé qu’“on n’est plus dans la revendication (de tamazight) à caractère politique”, tout en appuyant le travail pour “l’algérianité citoyenne” du centre qu’il dirige. De son côté, Imad Saleh, le directeur du laboratoire Paragraphe (université Paris 8 et Cergy-Pontoise) et co-organisateur du colloque, est revenu sur les risques de “perdre notre culture et notre langue”, rappelant que la langue anglaise est “en train de dominer le monde et d’agresser les langues locales”. “La langue a besoin d’être enrichie tout le temps, sinon, elle va mourir et c’est alors la mort d’une culture”, a-t-il déclaré, en insistant sur le rôle des chercheurs dans le domaine de la sauvegarde et de la transcription d’une langue. Le colloque sur tamazight d’El-Hamma a accueilli des universitaires et des chercheurs, dont des spécialistes marocains et français, venus parler de leurs expériences linguistiques respectives. En marge de la rencontre, M. Dourari nous a révélé que la rencontre s’adresse “essentiellement à un public de connaisseurs, c’est-à-dire des spécialistes” et, d’une façon générale, à “un public averti sur ces questions”. Il a en outre annoncé que les actes du colloque, qui seront publiés en 2017 aux éditions du Centre et financés par l’Anep, seront dédiés aux “grands absents” : Boudjema Benhabirèche, membre de l’APW de Tamanrasset, et le chercheur australien André Savage, spécialiste des Touaregs, tous deux décédés cette année.

Hafida Ameyar

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Réflexion autour de la simplification de l’écriture

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