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Parmi les cercueils, celui de Giulia, 9 ans, dont le corps a protégé celui de sa sœur Giorgia, 5 ans, l'une des dernières personnes sorties vivantes des décombres. Le séisme qui a ravagé mercredi dernier plusieurs villages dans le centre de l'Italie, a fait 290 morts, selon un nouveau bilan communiqué hier par les services de secours italiens. À Amatrice, dont l'artère principale a été réduite en un tas de décombres après le tremblement de terre de magnitude 6, les secouristes ont continué à extraire de nouveaux corps dans la nuit de vendredi et hier matin, portant à 290 le nombre de décès constatés, même si d'autres victimes sont probablement encore bloquées, a annoncé la Protection civile. Au moins 16 étrangers, touristes ou installés de longue date en Italie, figurent parmi les tués, selon les autorités de leur pays : dix Roumains, trois Britanniques, une Espagnole, un Salvadorien et une Canadienne. Un précédent bilan avait fait état de 267 morts. Le travail des secouristes était cependant compliqué par les multiples répliques : plus de 1300 ont été enregistrées depuis mercredi, en particulier une secousse de magnitude 4 hier à l'aube, alors que le sol s'est affaissé d'une vingtaine de centimètres sur 10 km de long. À chaque réplique, un nouveau mur s'écroule, un autre se fissure, et les petites routes deviennent de moins en moins praticables, au risque de laisser des villages et des hameaux complètement isolés, a-t-on indiqué. La Protection civile a recensé près de 2 500 personnes désormais privées de toit, qui ont passé la nuit de vendredi à hier dans l'un des 42 camps de tentes aménagées. Dans un va-et-vient incessant de secouristes et maîtres-chiens et les volutes de poussière soulevées par les engins de chantier, les secouristes ont commencé à déblayer les décombres avec des pelleteuses, signe que l'espoir de retrouver des survivants s'amenuise. Les décombres offrent “très peu de caches de survie”, a expliqué à l'AFP Bastien Bizieux, responsable d'une brigade française d'intervention spéciale. Journée de “deuil national” Au milieu de ce chaos, l’Italie a rendu hommage hier à toutes ces victimes pour une journée de deuil national, durant laquelle les drapeaux ont été mis en berne. En signe de deuil, les chaînes de télévision publique arboraient un bandeau noir et ne diffusaient pas de publicité, tandis que les cloches de la basilique d'Assise, elle-même frappée en 1997 par un violent séisme, ont sonné en l'honneur des victimes. Dans un gymnase d'Ascoli Piceno, au pied des montagnes meurtries, le président de la République, Sergio Mattarella, le chef du gouvernement, Matteo Renzi, et des centaines d'habitants et de secouristes ont participé à une messe de funérailles pour 35 victimes d'Arquata et Pescara del Tronto. Les cercueils recouverts d'une gerbe de fleurs blanches étaient alignés en face de l'autel. Autour, des proches parfois eux-mêmes blessés, souvent en larmes, se serrant dans les bras ou agitant un éventail dans la chaleur étouffante. “N'ayez pas peur de crier votre souffrance, mais ne perdez pas courage”, a lancé pendant le sermon l'évêque d'Ascoli, Mgr Giovanni D'Ercole : “Ensemble, nous reconstruirons nos maisons et nos églises. Ensemble surtout, nous rendrons vie à nos communautés, en repartant de nos traditions et des décombres de la mort.” Visiblement ému, M. Renzi ne s'est pas exprimé mais a pris le temps, comme les autres responsables politiques, de saluer les proches des victimes et les élus locaux à la fin de la cérémonie. Parmi les cercueils, celui de Giulia, 9 ans, dont le corps a protégé celui de sa sœur Giorgia, 5 ans, l'une des dernières personnes sorties vivantes des décombres. “Désolé si nous sommes arrivés trop tard (...) mais je veux que tu saches de là-haut que nous avons fait notre possible pour te sortir de là”, a écrit un secouriste sur un papier scotché au petit cercueil blanc. Une autre cérémonie, sans les corps, est prévue la semaine prochaine pour les victimes d'Accumoli et surtout d'Amatrice, une localité de 2 500 habitants qui pleure au moins 230 morts, sur l'autre versant de la montagne. L’aide s’organise Depuis le séisme, des initiatives ont éclos aux quatre coins de la péninsule pour venir en aide aux sinistrés. Les centres de collecte débordent, et la Protection civile a annoncé avoir reçu plus de 6 millions d'euros de dons. “En ce qui concerne l'urgence, rien ne manque (...) mais quand la dépression accompagne le désespoir, envoyez des cigarettes, envoyez du vin”, a cependant écrit un correspondant du quotidien La Stampa. Et quand l'urgence sera passée, la reconstruction se chiffrera en milliards d'euros, même si l'évaluation des dégâts n'a pas encore pu commencer, alors que le pays s'interroge sur les raisons du lourd bilan humain dans une zone clairement identifiée comme à risque. En 2009, un autre séisme avait fait plus de 300 morts à l’Aquila, à une cinquantaine de kilomètres. Mais il s'agissait alors d'une ville de plusieurs dizaines de milliers d'habitants. R. I./Agences

Séisme en Italie : le bilan avoisine les 300 morts

Parmi les cercueils, celui de Giulia, 9 ans, dont le corps a protégé celui de sa sœur Giorgia, 5 ans, l'une des dernières personnes sorties vivantes des décombres.

Le séisme qui a ravagé mercredi dernier plusieurs villages dans le centre de l'Italie, a fait 290 morts, selon un nouveau bilan communiqué hier par les services de secours italiens. À Amatrice, dont l'artère principale a été réduite en un tas de décombres après le tremblement de terre de magnitude 6, les secouristes ont continué à extraire de nouveaux corps dans la nuit de vendredi et hier matin, portant à 290 le nombre de décès constatés, même si d'autres victimes sont probablement encore bloquées, a annoncé la Protection civile. Au moins 16 étrangers, touristes ou installés de longue date en Italie, figurent parmi les tués, selon les autorités de leur pays : dix Roumains, trois Britanniques, une Espagnole, un Salvadorien et une Canadienne. Un précédent bilan avait fait état de 267 morts. Le travail des secouristes était cependant compliqué par les multiples répliques : plus de 1300 ont été enregistrées depuis mercredi, en particulier une secousse de magnitude 4 hier à l'aube, alors que le sol s'est affaissé d'une vingtaine de centimètres sur 10 km de long. À chaque réplique, un nouveau mur s'écroule, un autre se fissure, et les petites routes deviennent de moins en moins praticables, au risque de laisser des villages et des hameaux complètement isolés, a-t-on indiqué. La Protection civile a recensé près de 2 500 personnes désormais privées de toit, qui ont passé la nuit de vendredi à hier dans l'un des 42 camps de tentes aménagées. Dans un va-et-vient incessant de secouristes et maîtres-chiens et les volutes de poussière soulevées par les engins de chantier, les secouristes ont commencé à déblayer les décombres avec des pelleteuses, signe que l'espoir de retrouver des survivants s'amenuise. Les décombres offrent “très peu de caches de survie”, a expliqué à l'AFP Bastien Bizieux, responsable d'une brigade française d'intervention spéciale.
Journée de “deuil national”
Au milieu de ce chaos, l’Italie a rendu hommage hier à toutes ces victimes pour une journée de deuil national, durant laquelle les drapeaux ont été mis en berne. En signe de deuil, les chaînes de télévision publique arboraient un bandeau noir et ne diffusaient pas de publicité, tandis que les cloches de la basilique d'Assise, elle-même frappée en 1997 par un violent séisme, ont sonné en l'honneur des victimes. Dans un gymnase d'Ascoli Piceno, au pied des montagnes meurtries, le président de la République, Sergio Mattarella, le chef du gouvernement, Matteo Renzi, et des centaines d'habitants et de secouristes ont participé à une messe de funérailles pour 35 victimes d'Arquata et Pescara del Tronto. Les cercueils recouverts d'une gerbe de fleurs blanches étaient alignés en face de l'autel. Autour, des proches parfois eux-mêmes blessés, souvent en larmes, se serrant dans les bras ou agitant un éventail dans la chaleur étouffante. “N'ayez pas peur de crier votre souffrance, mais ne perdez pas courage”, a lancé pendant le sermon l'évêque d'Ascoli, Mgr Giovanni D'Ercole : “Ensemble, nous reconstruirons nos maisons et nos églises. Ensemble surtout, nous rendrons vie à nos communautés, en repartant de nos traditions et des décombres de la mort.” Visiblement ému, M. Renzi ne s'est pas exprimé mais a pris le temps, comme les autres responsables politiques, de saluer les proches des victimes et les élus locaux à la fin de la cérémonie. Parmi les cercueils, celui de Giulia, 9 ans, dont le corps a protégé celui de sa sœur Giorgia, 5 ans, l'une des dernières personnes sorties vivantes des décombres. “Désolé si nous sommes arrivés trop tard (…) mais je veux que tu saches de là-haut que nous avons fait notre possible pour te sortir de là”, a écrit un secouriste sur un papier scotché au petit cercueil blanc.
Une autre cérémonie, sans les corps, est prévue la semaine prochaine pour les victimes d'Accumoli et surtout d'Amatrice, une localité de 2 500 habitants qui pleure au moins 230 morts, sur l'autre versant de la montagne.

L’aide s’organise
Depuis le séisme, des initiatives ont éclos aux quatre coins de la péninsule pour venir en aide aux sinistrés. Les centres de collecte débordent, et la Protection civile a annoncé avoir reçu plus de 6 millions d'euros de dons. “En ce qui concerne l'urgence, rien ne manque (…) mais quand la dépression accompagne le désespoir, envoyez des cigarettes, envoyez du vin”, a cependant écrit un correspondant du quotidien La Stampa. Et quand l'urgence sera passée, la reconstruction se chiffrera en milliards d'euros, même si l'évaluation des dégâts n'a pas encore pu commencer, alors que le pays s'interroge sur les raisons du lourd bilan humain dans une zone clairement identifiée comme à risque. En 2009, un autre séisme avait fait plus de 300 morts à l’Aquila, à une cinquantaine de kilomètres. Mais il s'agissait alors d'une ville de plusieurs dizaines de milliers d'habitants.

R. I./Agences

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Séisme en Italie : le bilan avoisine les 300 morts

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