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Droukdel voit désormais grand avec le retour dans son giron de Belmokhtar qui entend s’allier avec les groupuscules activant dans les pays

Sombres perspectives sécuritaires au Sahel

Droukdel voit désormais grand avec le retour dans son giron de Belmokhtar qui entend s’allier avec les groupuscules activant dans les pays voisins du Mali, notamment le Niger et la Libye, où il a certainement pu recruter de nouveaux éléments.

Retour à la maison mère pour Mokhtar Belmokhtar, chef du groupe terroriste Al-Mourabitoune qui rallie le groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans un message diffusé sur des sites “terroristes” vendredi, portant également la revendication conjointe de la prise d’otages de l’hôtel Radisson Blu, dans la capitale malienne, Bamako, le vendredi 20 novembre, qui a fait 20 morts. Dans un message sonore, le chef d’Aqmi, Abdelmalek Droukdel, annonce la nouvelle au monde musulman et son objectif qui est de combattre “la France croisée”.
Au-delà de l’annonce que confirme la double revendication de l’attaque du Radisson Blu, le message se veut un acte de forte présence et de force de Droukdel qui voit ses rangs renforcés par l’insaisissable et sanguinaire terroriste du Sahel ; celui qui a surtout refusé de rallier l’État islamique qui gagne des marges dans la mouvance au Maghreb et au Sahel. Réfugié au sud de la Libye depuis 2013, Mokhtar Belmokhtar est revenu sur la scène dans une tentative de reconquête de ses anciens territoires du Nord-Mali où il a revendiqué, au moins, sa participation aux attentats commis exclusivement au Mali. Sa retraite libyenne a été perçue, à la fois, comme une planque sûre et un repli stratégique pour reconstituer son groupe décimé lors de l’intervention française et l’assaut du site d’In Amenas, où il a perdu la majorité de ses lieutenants. Il revient dans son fief où il dispose de réseaux et d’alliances qui lui permettent d’être aussi à l’abri, et de rejoindre la logique d’Iyad Ag Ghali de torpiller l’accord de paix et de réconciliation signé entre les groupes rebelles du Nord et le gouvernement de Bamako : un objectif commun en somme. Les deux chefs terroristes ne nourrissent d’ailleurs d’aucune animosité ou rivalité entre eux, chacun opérant dans son territoire et activant dans son créneau “criminel”, contrebande, trafic d’armes et de drogue, distinct. Droukdel voit désormais grand avec le retour dans son giron de Belmokhtar qui entend s’allier avec les groupuscules activant dans les pays voisins du Mali, notamment le Niger et la Libye où il a certainement pu recruter de nouveaux éléments. Un apport important pour Aqmi, en perte de vitesse et d’aura dans la sphère islamo-terroriste dominée par le bruit et le sang de l’EI ; ce qui va permettre à la “succursale régionale” d’Al-Qaïda de revenir et à Droukdel à l’autorité ouvertement contestée comme le prouvent les multiples dissidences que son groupe a enregistrées rien que cette année 2015, dans la région nord du pays
(Algérie). Et la présence, même parcellaire de l’EI, à travers Jund El-Khilafa, qui le bouscule dans son propre territoire.
Ce retour à la maison avec laquelle il avait pris une certaine distance avec la création des Enturbannés puis des Signataires par le sang et par la suite d’Al-Mourabitoune, tout en refusant l’allégeance à l’EI, Mokhtar Belmokhtar et tout Aqmi vont se mettre à dos les légions locales de l’EI et tous les groupuscules qui s’en revendiquent. Une guerre entre Aqmi et l’EI n’est pas à écarter dans le Sahel. D’autant plus que l’EI n’hésitera pas à mettre à prix la tête de celui que tous les services du monde n’ont pas neutralisé.

D B.

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Par philhadj Temps de lecture: 3 min
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