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C’est le citoyen qui subit de plein fouet ces augmentations anarchiques puisqu’aucune mesure coercitive n’est entreprise jusque-là.

Tarifs des transports : c’est l’anarchie

C’est le citoyen qui subit de plein fouet ces augmentations anarchiques puisqu’aucune mesure coercitive n’est entreprise jusque-là.

Alors qu’une réunion est prévue lundi prochain au ministère des Transports pour trancher la question, des augmentations anarchiques sont déjà opérées. Aussi, c’est un indescriptible cafouillage qui règne actuellement au secteur des transports, suite à ces augmentations appliquées par les transporteurs privés de voyageurs sans aucune assise officielle. Le problème a découlé du fait que la hausse des prix du carburant induite par l’entrée en vigueur de la LF 2016 est intervenue sans une étude d’impacts préalable et, donc, sans que des dispositifs accompagnateurs soient élaborés et mis en place. “Ils auraient pu nous réunir et discuter avec nous des mesures à prendre et des augmentations à opérer, à plus forte raison que des doléances ont déjà été formulées du temps où Amar Ghoul était à la tête du secteur. Mais visiblement, ce n’était qu’une perte de temps”, nous a déclaré, hier, un membre de la Fédération des transporteurs. Cette même fédération ainsi que celle des chauffeurs de taxi ont été reçues par Boudjema Talaï, actuel ministre des Transports, à deux reprises, la dernière vers fin de l’année 2015 coïncidant avec l’adoption de la LF 2016. Les deux parties devaient explorer toutes les pistes à même “d’atténuer l’impact de l’augmentation des tarifs des carburants”. Le ministre a rassuré récemment que “l’incidence de cette hausse des prix du carburant est de l’ordre de 3 à 8% sur le secteur” tout en assurant qu’“il n’y aura pas d’augmentation pour le transport public des voyageurs”. Pour ce qui est du privé, un groupe de travail a été mis en place mardi dernier, selon un communiqué du ministère, pour “étudier la question des tarifs et les mesures à même de protéger le pouvoir d'achat du citoyen et de préserver les droits des transporteurs. Les résultats de cette étude seront soumis aux autorités publiques dans un délai d'un mois”. Une autre réunion s’en est suivie jeudi pour l’installation d’une commission mixte et la présentation des premiers éléments de travail qui seront tranchés lundi prochain. Mais la cadence avec laquelle est géré ce dossier brûlant ne semble pas convenir aux transporteurs privés dont la réaction ne s’est pas fait attendre. “Ils auraient pu y penser au moment même où ils ont décidé l’augmentation des prix du carburant qui impacte à hauteur de 42% sur l’activité de transport”, soutient un transporteur qui opère sur la ligne Alger-Blida, tout en rappelant que “le prix de la vignette a augmenté aussi. En fait, tout a augmenté, alors pourquoi pas nos prix ?” Les chauffeurs de taxi, du moins pour un grand nombre de ceux opérant sur les lignes interwilayas, n’ont pas hésité, à leur tour, de revoir leurs prix à la hausse.

“N’est pas chauffeur de taxi qui veut”
“Tant que le chauffeur de taxi est instable et se retrouve dans l’incapacité de s’assurer un avenir professionnel et social, il est impossible de faire avancer le secteur’, nous a déclaré, hier, M. Benzineb, président de la Fédération des chauffeurs de taxi soutenant que “n’est pas chauffeur de taxi qui veut”. Il expliquera : “Nous avons fait part de nos problèmes au ministre lors de nos rencontres et également par écrit pour alerter sur la précarité de notre situation tout en formulant une série de propositions à même de constituer une sortie honorable à toutes les parties.” Le document de la fédération, dont nous détenons une copie, révèle en effet une situation des plus difficiles et une certaine désorganisation, voire une injustice.
La licence d’exploitation peut être retirée à tout moment au chauffeur de taxi par son titulaire qui, par ailleurs, fixe le prix de la location à sa guise. Pour cela, la fédération propose que ce soit le ministère des Transports qui se charge des licences d’exploitation et que l’ancien moudjahid, le détenteur exclusif, bénéficie de ses privilèges via le Trésor public. Pour ce qui est du tarif du compteur au kilomètre, la fédération soutient qu’“il doit être fixé selon la prestation en prenant en considération le prix élevé des véhicules et des pièces de rechange, des impôts, de la licence d’exploitation, de la Cnas, de l’assurance et du pouvoir d’achat”. La fédération dénonce d’ailleurs que “pour le moment n’importe qui peut se prévaloir d’être chauffeur de taxi” et plaide pour “une meilleure organisation des lignes, des stations et interdire le cumul d’activités pour professionnaliser le métier”. Les responsables de la fédération réclament aussi “d’être consultés en tant qu’organisation syndicale avant la promulgation de la loi les concernant”. Pas moins de 19 points ont été, en ce sens, présentés au ministère des Transports en faisant remarquer, entre autres, que “70% des chauffeurs de taxi dépassent 50 ans et n’ouvrent pas droit à la carte Chifa, leurs enfants n’ont pas accès à la bourse d’étudiants, etc.”.
Le représentant de cette corporation assure que “ce sont tous ces paramètres qui font que les prix augmentent et se répercutent sur le citoyen comme ils minent l’activité et entravent la professionnalisation du métier”.

Nabila Saïdoun

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Par philhadj Temps de lecture: 4 min
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