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Le (Vali) gouverneur de cette province Irfan Balkanlioglu a assuré que des dispositions sur le plan administratif sont prises pour faciliter l’investissement, notamment dans le secteur du tourisme.

Turquie : le gouvernorat d’Ordu courtise les investisseurs arabes

Le (Vali) gouverneur de cette province Irfan Balkanlioglu a assuré que des dispositions sur le plan administratif sont prises pour faciliter l’investissement, notamment dans le secteur du tourisme.

Si les principales villes côtières de la Turquie, telles qu’Istanbul, Antalya ou encore Izmir ne sont plus à présenter aux touristes du monde qui s’y rendent par milliers chaque été, peu sont ceux qui osent s’aventurer du côté de la mer Noire qui regorgent pourtant de sites splendides et souvent encore vierges. Mais également de villes aux histoires aussi passionnantes que mystérieuses. Ordu, l’une des 81 provinces que compte le pays du légendaire Mustafa Kemal Atatürk, divisée en 19 districts, (c’est en turc, l’équivalent de circonscription administrative), en est une.
Paradis de la mer, des montagnes, des lacs et de plaines fertiles, Ordu est aussi la capitale turque de la noisette qui fait la fierté de ce pays classé premier producteur et exportateur au monde avec une récolte avoisinant les
500 000 tonnes par an. Soit quelque 75% de la production mondiale.
La province reste néanmoins encore relativement pauvre en matière d’investissements dans le secteur du tourisme.
Ce secteur étant aussi important pour l’économie du pays que l’industrie et l’agriculture.
Les autorités locales, à leur tête le préfet ou gouverneur, (vali, en turc), en sont conscientes et ne comptent surtout pas rester immobiles face à cette situation.
Pour y remédier, plusieurs projets ont été lancés ces dernières années. Ils concernent l’infrastructure de base.
Certains projets sont déjà livrés tels que l’aéroport et la route express reliant Ordu à Samsun, (environ 150 km). Dans sa quête d’investissements directs étrangers (IDE), la préfecture d’Ordu courtise désormais les opérateurs des pays arabes, aussi bien richissimes hommes d’affaires des pays du Golfe que ceux du Maghreb. C’est dans cette optique que la préfecture d’Ordu a invité une délégation de journalistes de quasiment tous les pays arabes à un séjour d’une semaine, du 5 au 11 novembre dernier. Ce séjour promotionnel, chargé de visites guidées dans l’essentiel des sites, encore vierges, que recèle cette province qui longe la mer Noire sur des dizaines de kilomètres, a été rendu possible grâce au concours également d’opérateurs locaux. “Effectivement, il y a encore un manque en matière de certaines infrastructures notamment les hôtels et les complexes touristiques”, reconnaît le préfet d’Ordu, İrfan Balkanlioğlu, mais qui promet de “remédier à cette situation d’ici au plus tard une année”. Il indique, à ce titre, qu’“il y a des investisseurs arabes qui s’engagent d’ores et déjà à réaliser un certain nombre de projets”.
Dans son appel lancé à la direction des opérateurs des pays arabes, il rassure que le gouvernement de son pays a pris des dispositions pour faciliter la tâche aux investisseurs étrangers. Il en veut pour preuve l’abolition récente de l’ancienne loi qui interdisait l’achat du foncier aux investisseurs étrangers. “Avant, les hommes d’affaires étrangers n’étaient pas très intéressés car il y avait une loi qui leur interdisait d’acheter des terrains, mais celle-ci vient d’être abolie”, a-t-il confirmé.
Se réjouissant de la réalisation d’un nouveau réseau routier et de l’aéroport ultramoderne de sa ville, une infrastructure flottante sur les eaux de la mer Noire, le préfet d’Ordu mise, par ailleurs, sur l’ouverture prochainement de nouvelles lignes directes vers plusieurs pays arabes.
Un premier vol direct d’Ordu vers l’Arabie saoudite est déjà programmé, assure-t-il.
La préfecture d’Ordu compte également sur la venue des chaînes hôtelières internationales telles que Sheraton et Hilton dont l’ouverture des premiers établissements est attendue dans les prochains mois. L’enthousiasme du préfet est partagé par les collectivités locales, mais aussi par les opérateurs locaux à l’instar de Zekai Gül, qui, avec sa collaboratrice Nimet Çobanoğlu, s’est démené, tout au long du séjour, pour “vendre” l’image de sa région aux investisseurs étrangers notamment à ceux des pays arabes. “Notre région est encore quasiment vierge en matière d’investissements dans le secteur du tourisme. Et la volonté des autorités pour développer ce secteur est plus que jamais affirmée. La diversité et la beauté des sites que recèle notre région sont davantage encourageantes. Et comme le marché turc est ouvert aux investisseurs étrangers, nous comptons beaucoup notamment sur nos frères arabes, de quelque pays qu’ils soient, du Maghreb au Moyen-Orient, pour venir profiter de cette opportunité. Ils auront toutes les facilités pour s’y installer”, a-t-il promis.
Il faut dire que le gouvernement d’Erdogan a pris la mesure, il y a déjà quelques années, d’encourager la venue des IDE pour consolider davantage l’économie nationale, et ce, à travers notamment la mise en place de l’agence gouvernementale de soutien et de promotion des investissements.
Un organisme lié directement au Premier ministère.
Le rôle de cette agence, explique son premier responsable, Mustafa Göksu, est “l’accompagnement de tout investisseur étranger tout au long du processus que peuvent durer les démarches nécessaires pour son installation”. L’intérêt que porte la Turquie aux investisseurs arabes, notamment ceux des pays du Golfe, ne serait pas motivé uniquement par le volet économique.
Depuis l’arrivée au pouvoir, en 2002, du Parti islamiste de la justice et du développement (AKP), de Recep Tayyip Erdoğan, le rapprochement avec les pays arabes semble aussi être idéologique. Cela fait déjà quelque temps que ce pays aux “mille minarets” est tourné vers la Qibla…

F. A.

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Par philhadj Temps de lecture: 4 min
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