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La majeure partie des cinéastes algériens ont la fâcheuse tendance à se prendre pour des Jonathan Demme

Un long-métrage au réalisme “surréaliste’’

La majeure partie des cinéastes algériens ont la fâcheuse tendance à se prendre pour des Jonathan Demme, Spike Lee ou encore Tony Kaye, des réalisateurs qui excellent dans l’art de dénoncer les dérives de la société contemporaine. Cet état de fait joue à nos réalisateurs bien des tours et le plus souvent ils tombent dans la facilité, ou pis encore dans la démagogie, tout en versant dans la moralisation.
C’est justement dans ce piège qu’est tombé le réalisateur Mohamed Rahel, en projetant samedi, au niveau de maison de la culture Ali-Zaamoum de Bouira, son dernier long-métrage en kabyle, intitulé Le combat du cœur. Qu’on se le dise, ce n’est pas la meilleure œuvre de Mohamed Rahel, qui avait habitué son public à des réalisations bien mieux ficelées et un scénario accrocheur. Le speech de ce long-métrage, est somme toute “basic’’, à savoir une amourette qui commence sur les bancs de la fac, entre Wassim et Sarah, deux jeunes issus d’un milieu social opposé, la haute bourgeoisie pour le garçon et une famille démunie pour la fille. Au fil des éventements, ils vont se lier d’amitié, puis d’amour et vivent la “Dolce Vita’’, jusqu’au jour où Wassim décide de demander la main de sa bien-aimée auprès de ses parents. Et là, c’est le clash ! Le père de la jeune fille refuse cette alliance et les deux amoureux décident de fuguer et s‘ensuivront de multiples péripéties, dont le réalisme peut laisser perplexe. Et c’est là que le bât blesse, à dire vrai. Le scénario du réalisateur manque cruellement de réalisme et les spectateurs l’ont bien remarqué. “Un film prétendument osé qui n’ose rien au final !”, lâchera un spectateur visiblement déçu. Tout d’abord, l’intrigue a eu du mal à se mettre en place. Il a fallu plus de 45 minutes pour qu’on sache où le réalisateur veut nous emmener. Ensuite, il y a l’aspect “niais” du scénario. Une sorte de “Coup de foudre à Notting Hill”, les performances de Julia Roberts et Hugh Grant en moins. Enfin et c’est le plus décevant dans l’histoire, et ce, de l’avis de bon nombre de spectateurs, le cheminement des scènes ne correspond pas vraiment à la réalité. Un simple exemple suffit : à un moment donné et après leur fuite, le garçon appelle son père au téléphone pour le rassurer. Dans la réalité et comme tout “bon’’ père algérien et kabyle de surcroît, il passera un savon à son fils, tout en lui intimant l’ordre de rentrer à la maison manu militari, sinon, il sera rayé du livret de famille. Dans ce film, l’acteur qui interprète le père de Wassim, donne l’impression de souhaiter “bon vent” à son fils en toute quiétude… Cette scène, résume à elle seule, le scénario décousu de ce long-métrage, lequel faut-il le souligner a été tourné à Bouira et à Béjaïa.

R.B.

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Un long-métrage au réalisme “surréaliste’’

Par philhadj Temps de lecture: 2 min
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